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	<title>Le Journal des Journées &#187; Vivre à l&#8217;Ecole de la Cause freudienne</title>
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	<description>Novembre 2009 - l´Ecole de la Cause freudienne étrennait  un nouveau concept de ses Journées...</description>
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		<title>Anne Marie Le Mercier : Ce qui ne passe pas</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 21:43:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>véronique müller</dc:creator>
				<category><![CDATA[#57]]></category>
		<category><![CDATA[Varia sur la Passe]]></category>
		<category><![CDATA[Vivre à l'Ecole de la Cause freudienne]]></category>

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		<description><![CDATA[Réveillée par le début des journées j’ai failli m’endormir à l’AG… Je suis partie alors que le décompte des comptes poursuivait son travail d’effacement de la question qui s’était à peine ouverte. J’ai eu tort d’être fatiguée, ou du moins de ne pas saisir ce symptôme pour en faire un instant de réveil. Sans doute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine">Réveillée par le début des journées j’ai failli m’endormir à l’AG… Je suis partie alors que le décompte des comptes poursuivait son travail d’effacement de la question qui s’était à peine ouverte. J’ai eu tort d’être fatiguée, ou du moins de ne pas saisir ce symptôme pour en faire un instant de réveil. Sans doute n’est-ce pas pour rien, et il me faut bien tenter enfin d’interroger ce qui m’a fait sortir…</p>
<p>C’est au fond assez simple : la passe m’a plutôt fait taire, alors même que j’ai tenté de m’y expliquer comment j’étais sortie d’un fort penchant à être tue par l’Autre, un Autre que je voulais sans cesse réveiller et séduire en lui causant. Comment est-ce possible ? Sans doute me sera -t-il répondu que si elle a eu un tel effet, c’est que je me suis trompée en m’y présentant et qu’il fallait bien plutôt poursuivre l’analyse… Je ne crois pas qu’il faille pour autant faire l’économie d’un autre repérage possible.</p>
<p>Je suis allée à la passe sur un « fiat !» soit une confiance dans la procédure et dans l’Ecole, soit aussi bien la hâte d’un enthousiasme qui soutenait le pari…Il y avait l’idée de transmettre une fin d’analyse en pariant sur la possibilité de faire entendre le singulier de la chose. Ce ne fut pas ce qui fut entendu. Malentendu donc. J’en prends ma part de responsabilité au sens ou je n’ai sans doute pas su faire passer la chose.</p>
<p>Mais après tout il n’y a pas de quoi en faire une inhibition ! Or je ne suis pas allée plus loin. Pourquoi ?</p>
<p>Le secrétariat de la passe m’a transmis une réponse du cartel : <em>Le long parcours analytique de la passante a été retracé de manière convaincante par les deux passeurs, mettant en évidence tous les bénéfices de la cure. L’engagement d’AM L M dans la pratique analytique comme le souci professionnel qui l’anime dans son désir de transmission s’articulent logiquement sur une expérience subjective approfondie. Reste un point non élucidé concernant la fin de l’analyse, insaisissable à l’audition des passeurs, qui n’a pas permis la nomination. </em></p>
<p>Une expression ne passe pas : « le souci professionnel qui l’anime dans son désir de<em> </em>transmission »… Ceci est aux antipodes du désir de transmission qui pousse à la passe… J’ai supposé qu’allusion était faite là à mes engagements dans le CPCT de Rennes et au CEREDA… mais est-ce si sûr puisqu’il est parlé de souci professionnel et pas même de psychanalyse appliquée ? !</p>
<p>Rencontrant un membre du cartel entre deux portes après une matinée de la passe, je lui indique que la réponse me transmettait que mon analyse n’était pas finie… « Ah mais si, elle est finie votre analyse, ce n’est pas le problème »… Eh bien, je n’ai pas pu donner suite, à quoi bon remettre ça ? ! J’ai trouvé trop difficile de faire de nouveau une démarche ! ça n’a pas fait ouverture, je suis donc restée avec ces quelques lignes…</p>
<p>J’en ai bien sûr parlé avec mon analyste qui m’a dit que sans doute je n’étais pas parvenue à faire entendre quelque chose et que rédiger des réponses est très difficile pour le cartel.</p>
<p>Le cartel a fait son travail, il a entendu les passeurs, analysé la passe et tranché : il n’y a pas de nomination.</p>
<p>Mais qu’est-ce qui fait que quelque chose s’arrête ensuite pour la passante ?</p>
<p>Je me suis dit que l’Ecole trouvera des AE, que c’est cela qui compte pour elle et pour la psychanalyse, et que cela ne passera pas par mon témoignage, c’est ainsi, soit ! L’expérience a tout de même eu son intérêt, j’y ai rencontré une surprise que je n’oublierai pas. Je peux dire aussi que j’ai rencontré des passeurs très attentifs. Reste à ma charge la nécessité de repérer ce qui n’a pu se faire entendre.<strong> La reprise d’analyse après la passe ne va pas de soi car la passe produit une séparation d’avec ce qui s’est déployé dans l’analyse. </strong>Remettre la chose sur le métier ne peut se faire qu’à nouveau frais, sur une autre base. C’est, entre autres, une question de temps logique.</p>
<p>Ce qui est difficile, c’est qu’après cela le lien à l’Ecole n’est pas relancé… L’Ecole veut des AE, pour cela il faut que des passants se décident à lui demander de faire la passe, que les passeurs les entendent et que les cartels travaillent sur les transmissions. Mais au-delà du travail effectué par le cartel de la passe, <strong>comment l’Ecole prend-elle en compte la libido qui s’est mobilisée chez les passants et l’expérience qui s’est déposée ? </strong>Tout ceci reste sous la chape d’un silence, d’un secret qui risque de tuer le désir d’Ecole chez ceux qui songent à demander d’y entrer ou à se présenter à la passe.</p>
<p>Après la passe, j’ai pu assurer les diverses ou fonctions qui m’étaient jusque-là imparties, et cela m’a beaucoup aidée. J’ai aimé continuer à travailler les textes et la clinique, pour la section clinique par exemple, mais le désir de me porter partante pour d’autres aventures s’en est tout de même trouvé freiné. Une petite intervention à Nantes lors de la journée préparatoire aux journées que nous venons de vivre m’a fait renouer avec le désir de transmettre en nouant les textes la clinique et ma propre expérience d’analysante. La proposition m’en avait été faite bien avant que nous connaissions la tournure que prendraient les journées de novembre, et j’ai trouvé cela assez vivifiant.. même si dans l’après-coup de nos journées je dirais les choses autrement.</p>
<p>Hormis cela, tout ce qui a été investi dans la passe se referme, tombe, se trouve annulé dans un silence de l’Ecole qui bien évidemment ne peut pas susciter beaucoup d’enthousiasme chez de nouveaux impétrants éventuels…</p>
<p>Il y a là un point concernant le <strong><em>pas de rapport</em> entre l’Ecole et ses membres entre l’Ecole et ses passants, </strong>ce qui est en consonance avec l’objet même de la passe où se traite la solitude du rapport à la cause. A chacun donc d’assumer son désir de passe, avant et après la passe, seul avec sa cause. Nous avons affaire à un point de structure que chacun doit traiter à sa façon, certes.</p>
<p>Mais, tout de même, comment l’Ecole, elle, traite t-elle la chose ? Si elle laisse se perdre, dans le silence, le désir qui s’est animé pour la passe, en attendant de pouvoir faire briller « la pierre précieuse » dont parlait Hugo Freda, ne risque t’elle pas de perdre son âme d’Ecole…</p>
<p><strong>C’est formidable d’hystériser tous nos jeunes collègues autour de leur analyse et des moments de franchissement… </strong>mais qu’adviendra t-il de leur enthousiasme, de leur énergie, de leur pertinence, si, eux qui constituent le vivier de l’ECF, faisant ce pari de la passe se retrouvent ensuite seuls dans leur rapport, leur désir d’Ecole, sous prétexte du rapport solitaire à la cause…</p>
<p>La passe est un dispositif très bien structuré, mais il semble fonctionner comme un isolat dans l’Ecole, et les membres de l’Ecole, comme les membres des satellites de l’Ecole, renvoient à leur Ecole le silence qu’elle-même entretient sur ce qui la préoccupe.</p>
<p>On se lamente sur le fait qu’il n’y a pas de demandes de passe… Il y en a eu quelques-unes tout de même, et sans doute plus que les deux des AE. Dire que la boîte recueillant les demandes était « vide » oublie, voire annule les quelques passes qui ont eu lieu, hormis celles qui ont donné lieu à nomination.</p>
<p>Mais n’en restons pas là.<strong> Pourrions nous déjà savoir parmi les membres actuels de l’ECF combien se sont un jour présentés à la passe ? </strong>J’ose penser qu’il y en a certainement beaucoup, mais peu se sont risqués à en parler dès lors qu’il n’y a pas eu nomination. Quelques rares textes seulement… Pourquoi donc ? Serait-ce un péché au regard du culte de l’excellence, que de n’avoir pas répondu à ce que Catherine Lazarus Matet appelait samedi « le profil de l’AE » ?</p>
<p><strong>Qu’est-il advenu du désir mis en jeu par chacun dans la passe,</strong> comment s’est-il déplacé dans le lien à l’Ecole, à la faveur de quelles rencontres, de quelles contingences, de quelles sollicitations, et dans quel travail pour la psychanalyse, pour que vive la psychanalyse lacanienne ? Comment chacun(e) a t-il négocié son désir de transmettre, d’enseigner ? Et comment l’analyse s’en est ou non trouvée relancée ?…</p>
<p>On peut toujours renvoyer le passant retoqué à son analyse, à ce qui de l’inconscient ne cesse de travailler le sujet, cela a certainement sa pertinence, à chacun d’en faire son profit le moment venu. <strong>Mais pour autant l’Ecole est-elle dispensée de s’interroger quant au sort qu’elle réserve à ce qui lui est adressé en réponse au désir qu’elle a suscité… </strong>Elle intéresse, cette Ecole de psychanalyse, les journées de novembre en témoignent… Dégeler le secret n’exclut pas la discrétion, trouver la juste mesure serait salutaire. Évidemment, le seul désir ne suffit pas à donner un contenu qui fasse enseignement de psychanalyse. Mais faut-il croire que des passes entendues qui n’ont pas donné lieu à nomination rien ne puisse faire enseignement pour l’Ecole ? Il y a l’enseignement des cartels (plutôt discrets pour l’instant), peut-il y avoir une autre voie qui vivifie le lien à la passe dans l’ECF ? « La passe a son rythme », disait Hugo Freda. Pour que cette petite phrase ne résonne pas comme une langue de bois, peut-être pourrions-nous nous demander qui lui donne son rythme et comment…</p>
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		<title>Pierre-Gilles Guéguen : Le grand air de la subversion</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 21:37:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>véronique müller</dc:creator>
				<category><![CDATA[#57]]></category>
		<category><![CDATA[Evénement de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Vivre à l'Ecole de la Cause freudienne]]></category>
		<category><![CDATA[désir de l'analyste]]></category>

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		<description><![CDATA[Journées mémorables cet Automne. J&#8217;aime beaucoup le papier que Natalie Wulfing a écrit sur NLS-Messager pour en rendre compte. J&#8217;en partage tous les termes, et j&#8217;en aime le style analogue à celui des Journées, décoiffant et rigoureux comme notre funambule. Sur la corde raide, l&#8217;Ecole a montré ce qu&#8217;elle pouvait produire. Pour Rennes, du coup, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine">Journées mémorables cet Automne. J&#8217;aime beaucoup le papier que Natalie Wulfing a écrit sur NLS-Messager pour en rendre compte. J&#8217;en partage tous les termes, et j&#8217;en aime le style analogue à celui des Journées, décoiffant et rigoureux comme notre funambule. Sur la corde raide, l&#8217;Ecole a montré ce qu&#8217;elle pouvait produire. Pour Rennes, du coup, c&#8217;est difficile, car il faut reproduire l&#8217;effet, mais ne rien faire pareil. L&#8217;aphorisme célèbre,&nbsp;&raquo;Faites comme moi, ne m&#8217;imitez pas&nbsp;&raquo;, sera notre devise.</p>
<p>Quel était donc le ressort secret de ces journées qui a boosté notre désir? Quels précipices avions-nous frôlé? sur quel filin étroit avons-nous à nous tenir?</p>
<p>Ce qui m&#8217;a profondément touché dans ces journées, je l&#8217;appellerai <strong>&laquo;&nbsp;le retour en force de l&#8217;énonciation&nbsp;&raquo;</strong>. Les exposés que j&#8217;ai entendus étaient habités. Pas un qui soit comme l&#8217;autre, pas un qui soit convenu, chacun comme une <strong>perle rare</strong>. Nous avons eu la démonstration en acte que les analysants se forment à partir de leur analyse d&#8217;abord. Pour moi, l&#8217;Ecole idéale serait celle dans laquelle chaque exposé, chaque texte, <strong>chaque prise de parole serait un moyen de s&#8217;analyser</strong>, c&#8217;est-à-dire de continuer son analyse par d&#8217;autres moyens.</p>
<p>C&#8217;est un exercice difficile. <strong>L&#8217;âge ne fait rien à l&#8217;affaire pas plus que l&#8217;expérience: Ça s&#8217;appelle le désir de l&#8217;analyste</strong> (articulé, mais non articulable, et pour autant pas ineffable). Lacan en donnait l&#8217;exemple disant qu&#8217;il était en position d&#8217;analysant dans son séminaire. Jacques-Alain Miller le suit sur cette voie, dont ces journées ont montré qu&#8217;elle n&#8217;était fermée à personne. Il y a bien longtemps, JAM avait trouvé les mots pour dire cela dans son cours intitulé &laquo;&nbsp;Le banquet des analystes&nbsp;&raquo; :<strong> passer du savoir supposé de l&#8217;Inconscient au savoir exposé (et payer sa dîme au passage, payer de soi-même)</strong>. C&#8217;était exactement il y a 20 ans. La formule a eu tellement de succès qu&#8217;elle s&#8217;est usée, mais 20 ans après, comme les trois mousquetaires, on peut la ressortir sans qu&#8217;elle soit ritournelle.</p>
<p>Eric Laurent disait à l&#8217;Assemblée de l&#8217;Ecole qu&#8217;il avait lu ou qu&#8217;il avait entendu dans les salles qu&#8217;ils présidait, des travaux qui &#8211; s&#8217;ils étaient développés dans la même veine &#8211; pourraient être reçus par les Cartels de la passe. Je partage cette appréciation dans le cas de ceux que j&#8217;ai entendus ou lus. Ils m&#8217;ont touché, non pas par le senti qui ment, même si l&#8217;émotion était présente, mais par la <strong>justesse du bien dire</strong>.</p>
<p>Je disais à Pauline Prost qu&#8217;elle était une petite sœur de Joan Rivière, celle même qui a accolé à son nom pour l&#8217;éternité le concept de &laquo;&nbsp;mascarade&nbsp;&raquo; antécédent de notre semblant (mais je reviendrai sur ce que j&#8217;ai appris).</p>
<p>Nous étions exposés au risque de devenir ce que l&#8217;IPA est devenu: des thérapeutes pris dans le système de santé, des gestionnaires bureaucratiques de l&#8217;inconscient, des fabricants de cas nickels mais formatés, bref les psychologues, les médecins ou les thérapeutes que le maître moderne veut faire de nous. On a entendu dans ces journées que nous étions des psychanalystes, tous un par un en devenir. L&#8217;armée des psychanalystes s&#8217;est levée: un vent de subversion a soufflé.</p>
<p>(<em>A suivre</em>).</p>
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		<title>Pierre Naveau : Échos d’une soirée à l’École</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 21:13:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>véronique müller</dc:creator>
				<category><![CDATA[#57]]></category>
		<category><![CDATA[Vivre à l'Ecole de la Cause freudienne]]></category>
		<category><![CDATA[chaussure]]></category>
		<category><![CDATA[gnomon]]></category>

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		<description><![CDATA[Mardi soir, à l’École. Éric Laurent, actuel président de l’AMP, anime les débats. L’invité : Leonardo Gorostiza, futur président de l’AMP. Il a proposé comme titre de son exposé : « Le gnomon du psychanalyste ». Voilà un homme qui ose poser le problème de ce que c’est que devenir un analyste quand on est un homme ! Comment faire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine">Mardi soir, à l’École. Éric Laurent, actuel président de l’AMP, anime les débats. L’invité : Leonardo Gorostiza, futur président de l’AMP. Il a proposé comme titre de son exposé : <strong>« Le gnomon du psychanalyste »</strong>.</p>
<p>Voilà un homme qui ose poser le problème de ce que c’est que devenir un analyste quand on est un homme ! Comment faire, quand on est un homme, pour devenir une femme, puisque l’analyste a une position de femme ?</p>
<p>Lacan utilise le terme de <em>gnomon</em> p. 877 des <em>Écrits</em>. Je rappelle dans quel contexte. La division du sujet est un point-nœud, dit Lacan. Elle se noue à un manque – le manque du pénis de la mère. D’où le mathème que Lacan propose : (-φ) / $.<strong> Le <em>pas-de-savoir</em> $ est articulé au <em>pas-de-pénis </em>(-φ)</strong>. Pas-de, Leonardo l’a fait remarquer, c’est <strong>non seulement le manque, mais aussi le pas que l’on fait</strong>. Ainsi le sujet, poursuit Lacan, érige-t-il la barre de la division qui désigne le point de manque que le phallus négativé indique. Exemple : le sujet, fait remarquer Lacan, se divise entre l’objet de la phobie et le fétiche. La barre de la division est l’axe du gnomon, représentable sous la forme de la diagonale le long de laquelle glisse, par exemple, une série de carrés de différentes tailles. De ce point de vue, le gnomon est le support de la mesure, de la proportion, de l’homothétie. J’ai appris de Leonardo que la chaussure, qui habille le pied, est un vecteur de la commune mesure et que le chausse-pied est ainsi mis au service de cette mesure partagée par les êtres (bien ou mal) chaussés.</p>
<p>(<a href="http://disparates.org/JJ/wp-content/uploads/2009-robin-wright-penn.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2024" title="2009-robin-wright-penn" src="http://disparates.org/JJ/wp-content/uploads/2009-robin-wright-penn-240x300.jpg" alt="" width="240" height="300" /></a>L’actrice américaine Robin Wright Penn, qui vient de se séparer de Sean, a confié à un journaliste que le point d’appui (le gnomon, pourrait-on dire) dont elle se sert pour composer les personnages variés qu’elle joue, ce sont les chaussures. Qu’ils soient bien ou mal chaussés est quelque chose de très important pour elle. <strong>« Faire chaussure »</strong>, selon l’expression de Lacan, elle s’y emploie, donc, car c’est ce qu’elle prend particulièrement à cœur.)</p>
<p>Dire, comme le fait Leonardo, « le gnomon du psychanalyste », c’est, me semble-t-il, un mot d’esprit. Il y a là, en effet, une contradiction dans les termes. Car, dès lors qu’il y a de l’analyste, chaque analyste, c’est le principe de la position féminine, est à nul autre pareil. Chacun d’entre eux désigne l’incommensurable de la faille entre (a) et (-φ). Si l’on reprend la métaphore géométrique, le gnomon du psychanalyste serait alors l’axe le long duquel s’articulerait une série de points qui seraient autant de points de discontinuité, de faille, de rupture. En ce sens, le gnomon est, en même temps, un non-gnomon. Une femme, dans l’auditoire, l’a souligné : <strong>« Trouver chaussure à son pied, c’est impossible. Il n’y a pas d’accord possible entre la chaussure et le pied. »</strong> Une faille, de lui, la sépare, elle. Le chausse-pied, aussi habile soit-il, n’en peut mais.</p>
<p><strong>Leonardo</strong>, cependant, l’a précisé -<strong> c’est une femme qui lui a permis de faire le saut par dessus la faille</strong>, c’est-à-dire de<strong> quitter le fantasme de continuité de la commune mesure</strong>, dans lequel le chausse-pied est captif.</p>
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		<title>Philippe La Sagna : Mettre l’Ecole et son A.G. à l’heur du printemps</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 21:10:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>véronique müller</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Vivre à l'Ecole de la Cause freudienne]]></category>
		<category><![CDATA[AG]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la rubrique « réveiller les assemblées générales », soyons en effet pragmatiques en séparant nos AG de l’ECF des Journées d’études, comme le propose Marie-Hélène. Nous avions déjà choisi de faire exister à côté des AG des Séminaires de réflexions, préparés sur ECF Débats. Ces séminaires, soigneusement organisés en 2006 et 2007, se voulaient des espaces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine">Dans la rubrique « réveiller les assemblées générales », soyons en effet pragmatiques en séparant nos AG de l’ECF des Journées d’études, comme le propose Marie-Hélène.</p>
<p>Nous avions déjà choisi de faire exister à côté des AG des Séminaires de réflexions, préparés sur ECF Débats. Ces séminaires, soigneusement organisés en 2006 et 2007, se voulaient des espaces de réflexion et de préparation des décisions dégagés des pesanteurs inévitables de l’administration de l’association. Le Conseil sortant a préféré ne pas les maintenir. Il ne s’agit pas d’être nostalgique mais de regarder l’avenir !</p>
<p>Des AG printanières, en avril ou en mai permettraient de retrouver de la dynamique. Ce ne serait pas du seulement à la montée de sève, mais aussi au fait que les choses discutées et votées ne seraient plus si loin, puisque l’AG traite surtout de ce qui a eut lieu l’année passée. Les rectifications, les réorientations prendraient leur sens si elles avaient lieu avant juin pour l’année en cours. En octobre il est déjà trop tard, on perd presque une année !</p>
<p>Cela supposerait donc d’organiser une journée entière consacrée à la vie de l’Ecole au printemps. Une matinée de discussion préparée et argumentée un mois avant sur les listes, et une AG qui décide à la suite. La matinée pourrait être ouverte au-delà des membres à des personnes intéressées à l’avenir de l’Ecole et à celui du discours analytique. Rien n’empêche le Conseil élu de nous organiser une soirée agalmatique surprise la veille au soir de cette journée qui participe elle aussi du réveil.</p>
<p>Pour les Journées d’études, une soirée libre le samedi à l’automne permettrait de donner de la souplesse à l’animation et à l’organisation des journées qui doivent coller maintenant à l’exception et non à la routine. Cette soirée inédite pourrait être l’occasion, d’un spectacle, d’une rencontre de l’Ecole avec sportifs, artistes, scientifiques, voire plus simplement d’un moment convivial ou d’une Twitter party ? Là encore elle serait ouverte au plus grand nombre.</p>
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		<title>H. S. : Comment vivre Pas-psy dans la chapelle Psy?</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 21:07:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>véronique müller</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vivre à l'Ecole de la Cause freudienne]]></category>

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		<description><![CDATA[Participer aux Journées? S&#8217;inscrire aux Séminaires ? Ces évidences qui font partie des impératifs catégoriques de la grande Communauté Psy me rebutent encore, et me donnent parfois envie de me rendre à mes séances à reculons. Je suis en analyse depuis peu, et je me sens dans une étrangeté et un malaise persistants face à ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Participer aux Journées? S&#8217;inscrire aux Séminaires ? Ces évidences qui font partie des impératifs catégoriques de la grande Communauté Psy me rebutent encore, et me donnent parfois envie de me rendre à mes séances à reculons. Je suis en analyse depuis peu, et je me sens dans une étrangeté et un malaise persistants face à ces appels.</p>
<p>Comment et combien faut-il adhérer au Grand Tout de la Psy? Tous les psy tu aimeras &#8211; des Cartels tu feras &#8211; chaque année au moins un Séminaire tu liras &#8211; les grandes fêtes lacaniennes tu célèbreras &#8211; et le Sujet-Supposé-Désirer-La Jouissance tu prieras&#8230;</p>
<p>Oui, tout est dit, et ma réticence n&#8217;est pas un mystère; je suis tombée dans le milieu religieux et pratiquant quand j&#8217;étais petite, et depuis, je n&#8217;ai plus droit à la &laquo;&nbsp;potion magique&nbsp;&raquo; pour en avoir déjà abusé, et souvent été abusée&#8230;</p>
<p>Je ne déteste pas autant les psy que les curés et les rabbins, mais je n&#8217;ai pas non plus de grande estime pour eux&#8230; Leur religion les restreint et les enferme de manière similaire: ils ont un terrible besoin de se prendre au sérieux, parce que (non) officiellement détenteurs de la seule vérité qui vaille la peine d&#8217;être cherchée et vécue. Contrairement à ce qu&#8217;on pourrait en attendre, car ils sont censés être les spécialistes du second degré, les psy ont peu d&#8217;humour; c&#8217;est à dire peu d&#8217;humour sur eux-mêmes, et surtout très peu d&#8217;humour critique sur la part de vacuité inhérente et irréductible de leur activité (quand bien même elle serait pratiquée avec beaucoup de sérieux et de talent &#8211; ce qui est déjà assez rare pour être souligné &#8211; et qu&#8217;elle serait de ce fait source de <em>plus-être</em>, de mieux-être).</p>
<p>Ce manque d&#8217;humour est plus que décevant, il est fondamentalement accusateur, voire révélateur de cette incapacité au second degré. La vérité du sujet n&#8217;est pas celle du Ciel des Idées; il serait peut-être temps de s&#8217;y élever autrement que par le ridicule du dogmatisme, et de quelques jargons fossilisés par le mimétisme ambiant du milieu.</p>
<p>Alors, je me rappelle que j&#8217;ai aussi du mal à participer de leurs grandes messes parce qu&#8217;ils ont soif de communauté et de gourous pour se sentir exister, et légitimer la validité de leur investissement un peu aveugle (car souvent exclusif) dans la pensée lacanienne, qu&#8217;ils sont en définitive le plus souvent incapables de valoriser.</p>
<p>Il semblerait qu&#8217;il y ait à l&#8217;origine de toutes ces failles une prétention contradictoire, celle de se penser comme des acteurs très singuliers de l&#8217;activité mondaine, doublée de l&#8217;envie de convertir tout le monde. C&#8217;est probablement ce qui explique l&#8217;inégalité de la qualité des partisans, et qui donne aux moins intéressants des fidèles l&#8217;occasion de se masquer derrière des prétentions injustifiées. Ils imaginent ainsi pallier à leur médiocrité intrinsèque qu&#8217;aucune religion ne saurait abolir, bien au contraire.</p>
<p>Ces failles inhérentes à tout système qui se veut à la fois théorique et pratique, mode de pensée et mode de vie, je ne les connais que trop et y suis exagérément allergique&#8230; J&#8217;ai payé trop cher pour les apprendre et les comprendre.</p>
<p>Il y a des collections entières de psy, et au moins autant de gens en analyse dans mon entourage : ni les uns ni les autres ne sont exemplaires pour la maison lacanienne et ses cousines. J&#8217;aurais envie de dire encore beaucoup de choses sur ce parallèle peu glorieux entre les aspects les moins amènes de la communauté religieuse et le Psy-Club. Mon conditionnement à la socialité du peuple des croyants m&#8217;aura au moins donné l&#8217;occasion d&#8217;un regard critique sur le monde dans lequel j&#8217;atterris par ma démarche.</p>
<p>Et j&#8217;attends au minimum de mon analyse qu&#8217;elle puisse un jour me permettre d&#8217;exercer cette mise à distance dans un esprit plus serein et plus constructif&#8230;</p>
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		<title>ANALYSTE MALGRÉ MOI</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 14:51:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>véronique müller</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Evénement de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Vivre à l'Ecole de la Cause freudienne]]></category>

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		<description><![CDATA[par Daphné Raynaud La psychanalyse pour moi, c’est un truc dans lequel je me suis plongée pour une question de survie, comme beaucoup d’écorchés, on en sort comme on peut. J’en suis ressortie analyste. D’où ? comment ? pourquoi ? « l’analyste ne s’autorise que de lui-même », ben voilà, comme ça. Je suis analyste, pour moi-même. Je cherche même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>par Daphné Raynaud</strong></p>
<p><strong>L</strong>a psychanalyse pour moi, c’est un truc dans lequel je me suis plongée pour une question de survie, comme beaucoup d’écorchés, on en sort comme on peut. J’en suis ressortie analyste. D’où ? comment ? pourquoi ? « l’analyste ne s’autorise que de lui-même », ben voilà, comme ça. Je suis analyste, pour moi-même. Je cherche même pas une preuve, une passe, un truc pour valider la chose. Je suis analyste malgré moi. Je le sais, je le vis un point c’est tout.</p>
<p>J’ai fait une analyse qui a duré 17 ans , avec 3 séances par semaine, aucune manquée. Mon analyste, Agnés Aflalo. Pas facile, pas du tout doux. Technique l’analyse, je vous le confirme. Je peux démonter le moteur d’une F1 et la remonter les yeux fermés. De temps en temps, je fais un contrôle technique.</p>
<p>Une analyse difficile, terriblement dure oui…… Le record de ma vie. Alain Prost a ses performances, moi c’est la mienne. Je ne sais pas si ce que je dis est vrai, je sais que je le vis ainsi, malgré moi. Et je sens que c’est une voie nouvelle pour parler de la psychanalyse d’aujourd’hui.</p>
<p>Mais voilà, à l’Ecole de la Cause Freudienne, l’Ecole de Jacques Lacan, la vôtre, il y a un langage que je ne parle pas. Je l’entends, le vis, mais ne le parle pas. Je n’ai jamais été douée en langue Monsieur Miller, et pour moi, c’est une langue lacanienne. Je n’ai jamais voulu parler ainsi. J’aime m’exprimer comme je suis, c’est-à-dire avec mes maladresses et mes fautes, à être ce que j’écris, ce que je dis. J’ai fait une analyse avec une grande experte lacanienne de votre Ecole, et je ne parle pas la langue. Cette barrière de la langue a fait que je ne me suis jamais sentie faire partie de l’Ecole et pourtant je me sens rattachée à elle. Cette barrière a fait que je n’ai jamais songé un instant à être psychanalyste de l’Ecole, passer la passe.</p>
<p>J’ai arrêté le lycée à 16 ans, trop révoltée. Et pourtant dés l’âge de 8 ans, j’avais avec moi Françoise Dolto, ça me parlait. Plus tard, j’ai passé une équivalence du bac, et j’ai fait mes études de psycho à Paris 7, une des dernières universités où l’on peut prononcer les noms de Freud et Lacan. Je travaille en tant que psychologue titulaire de la fonction publique. Je me bats tous les jours contre la bêtise humaine, contre le DSM, contre toute cette machine de guerre contre l’humain. C’est épuisant, on se sent isolée là bas. Les gens se suicident comme jamais. C’est terrible ce qu’il se passe, à grande échelle. Je sauve des vies comme je peux, c’est le travail que je fais, je sauve des vies avec mon savoir, avec ce qui m’a forgé, avec ce que je suis, avec mon cœur aussi. Il faut savoir aimer pour faire ce métier.</p>
<p>Pour les Journées de l’Ecole, je me suis inscrite comme Ange, parce que je n’avais que ce moyen pour y participer, et je vous remercie d’avoir donné la place aux Anges. J’ai aimé rencontrer l’équipe des Anges et Judith Miller avec qui j’ai parlé un peu d’Art. J’ai aimé la présence des œuvres chez vous étant femme d’artiste, l’Art est pour moi ma meilleure respiration, inspiration.</p>
<p>La journée du Samedi était difficile pour les Anges. Je me disais même que j’étais un Ange-pigeon (ayant payée mes Journées, et n’arrivant pas à suivre mon programme, tant nous étions sollicités ! ) Mais bon, pour la bonne Cause…</p>
<p>Je me suis rappelée mes courses dans Paris pour distribuer <em>Le Nouvel Âne</em> dans les librairies parisiennes…</p>
<p>J’ai été Ange une journée, et vraiment j’ai plané dans la fonction ! Je n’ai jamais autant fait de sourires à des inconnus, aider à ne pas perdre son badge, trouver sa salle, aller chercher de l’eau pour l’accueil, guider les perdus, gérer la folie de certains… bref, j’ai été Ange pour l’Ecole.</p>
<p>Vous allez créer l’Université Jacques Lacan. Je pense que je ne suis pas seule à ne pas savoir comment franchir le seuil. J’aimerais que vous pensiez à tous ces psy comme moi qui tournent autour de l’ECF depuis des années, et qui n’y trouvent pas de place. Et je regrette, car, même si pour vous être analyste demande beaucoup de culture, de richesses intellectuelles etc, je me suis culpabilisée des années durant à ne pas réussir à avoir ce savoir là, je ne m’en sens pas moins psychanalyste, malgré moi.</p>
<p>Je fais la propagande de la psychanalyse à mon niveau, en envoyant beaucoup de personnes chez le psy ! J’ai ce truc là. J’ai toujours pensé que la psychanalyse était une espèce menacée de disparition donc à protéger et à cultiver.</p>
<p>Depuis ces Journées, des personnes comme moi, lèvent la tête et se mettent à parler, à twitter, à s’agiter, à vivre Monsieur Miller, à vivre la psychanalyse ensemble. Parce qu’il ne peut plus être question de querelles des psy dans ce monde là, on en a assez. On veut un grand rassemblement. Beaucoup veulent ce rassemblement. Rassembler comme Mitra Kadivar. Je me suis levée tout de suite pour l’applaudir, car c’est ainsi qu’il faut transmettre la psychanalyse, par la force des choses, et rassembler ces personnes qui ont ce pouvoir d’entendre, car c’est un pouvoir, un don, c’est pour moi la racine même de la psychanalyse. C’est ce truc que j’ai ressenti à l’âge de 8 ans en écoutant Françoise Dolto à la radio, je me suis dit qu’il existait un monde où des personnes entendaient comme j’entends. Ce monde là peut sauver l’humanité.</p>
<p>nom de code Twitter : dafpsy</p>
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