VIII. – 23 mars 2011

J’ai eu depuis la dernière fois quelques témoignages trop nombreux pour que je puisse y répondre (jam s’excuse) témoignant de ce que un pas semble-t-il a été franchi la dernière fois dans – pour ne pas dire « la compréhension » – ce dont il s’agit dans l’enseignement de Lacan en tant qu’il nous oriente dans la pratique et spécialement donc à partir de ce que je vous ai manifesté comme la dénivellation de l’être et de l’existence. J’ai pris appui sur des références qui ne sont pas familières à la plupart de ceux qui sont ici et qui ressortissent à la tradition philosophique. Je crois m’être retenu d’en abuser afin que vous puissiez percevoir que j’entendais ici vous donner l’appareil qui vous permette de cadrer ce qu’on peut appeler votre écoute dans la mesure où cette plupart d’entre vous est praticienne.

C’est un appareil qui complémente l’appareil néo-saussurien qui vous a appris à distinguer le signifiant et le signifié.

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Lacan, Encore, « Le savoir et la vérité » (10 avril 1973), Extrait, p. 85, 86

En passant

Cet extrait de Encore vient ici en complément de mes notes du 6° cours de Miller , « quand Lacan baisse les bras s’agissant de l’objet a » :

« Autre chose encore nous ligote quant à ce qu’il en est de la vérité, c’est que la jouissance est une limite. Cela tient à la structure même qu’évoquaient au temps où je les ai construits pour vous mes quadripodes – la jouissance ne s’interpelle, ne s’évoque, ne se traque, ne s’élabore qu’à partir d’un semblant.

L’amour lui-même, ai-je souligné la dernière fois, s’adresse au semblant. Et, s’il est vrai que l’Autre ne s’atteint qu’à s’accoler, comme je l’ai dit la dernière fois, au a, cause du désir, c’est aussi bien au semblant d’être qu’il s’adresse. Cet être-là n’est pas rien. Il est supposé à c’est objet qu’est le a.

Ne devons-nous pas retrouver ici cette trace, qu’en tant que tel il répond à quelque imaginaire? Cet imaginaire, je l’ai désigné expressément de l »I, ici isolé du terme imaginaire. Ce n’est que de l’habillement de l’image de soi qui vient envelopper l’objet cause du désir, que se soutint le plus souvent – c’est l’articulation même de l’analyse – le rapport objectal.

L’affinité du a à son enveloppe est un de ces joints majeurs à avoir été avancé par la psychanalyse. C’est pour nous le point de suspicion qu’elle introduit essentiellement.

C’est là que le réel se distingue. Le réel ne saurait s’inscrire que d’une impasse de la formalisation. C’est en quoi j’ai cru pouvoir en dessiner le modèle à partir de la formalisation mathématique en tant qu’elle est l’élaboration la plus poussée qu’il nous ait été donné de produire de la signifiance. Cette formalisation mathématique de la signifiance se fait au contraire du sens, j’allais presque dire à contre-sens. Le ça ne veut rien dire concernant les mathématiques, c’est ce que disent, de notre temps, les philosophes des mathématiques, fussent-ils mathématiciens eux-mêmes, comme Russell.

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I. l’enseigneur, son traducteur et le vide central – 19 janvier

[mardi 13 septembre – je viens de retrouver mes notes du premier cours de Jacques-Alain Miller en 2011, reste à voir si elles s’avèreront lisibles, encore. je vais les jeter ici, et on verra bien. véronique müller]

Après « Vie de Lacan » l’année dernière, ce cours s’intitulera-t-il « Œuvre de Lacan« ? Mais y a-t-il l’œuvre de Lacan ? S’il y a un mot ni prononcé ni écrit par Lacan pour désigner son travail, c’est bien celui d’œuvre. Plutôt s’est-il attaché à ne jamais présenter ce qu’il donnait au public que comme « hors d’œuvre« . Les plats de résistance sont indéfiniment annoncés. La suite au prochain numéro! Lacan n’a jamais présenté des menus que sous la forme de feuilletons. Son séminaire évoque les séries TV américaines d’aujourd’hui. Le séminaire de Lacan est une série de cette façon. L’œuvre de Lacan, s’il y en a une, c’est le séminaire qui en donne l’axe –  son grand œuvre de Lacan, interminable work in progress.

Le grand œuvre du séminaire

Son corps est fait de 25 livres, des Écrits techniques de Freud au « Moment de conclure ».

Ce massif se trouve débordé à ses extrêmes.

D’abord deux séminaires donnés dans l’intimité de sa maison, sur l’Homme aux rats et sur l’Homme aux loups. Après  le « Moment de conclure », encore 3 séminaires. Deux voués à la topologie des nœuds, « La Topologie et le temps », « Objets et représentations »  (il n’en reste que peu dans la sténographie dont j’ai pu sauver quelques articulations). Et enfin le séminaire ultime, contemporain de la Dissolution de l’EFP, avec la tentative de créer une nouvelle École, et dont les leçons écrites à l’avance subsistent intégralement

30 ans donc, de 1951 à 1981. Comme s’il avait fallu 30 de plus pour trouver une forme achevée. Nous y sommes, la somme est là, reste à la publier.

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