XII. un regard en arrière – 11 mai

Je ne veux pas aujourd’hui faire un pas en avant, mais plutôt regarder en arrière pour situer le point où j’en suis.

Le point où j’en suis dans ce que je pense, sans doute.

Ce que je pense aujourd’hui, au fond c’est ceci : que j’ai été formé par l’enseignement de Lacan à concevoir le sujet comme un manque-à-être, c’est-à-dire non-substantiel. Et, cette pensée, cette conception a des incidences radicales dans  la pratique de la psychanalyse. Et, ce que je pense, c’est que dans le dernier enseignement de Lacan, c’est-à-dire dans ses indications qui deviennent au cours du temps de plus  en plus parcellaires et énigmatiques, qui demandent à y mettre beaucoup du sien, le manque-à-être, la visée du sujet comme manque-à-être, s’évanouit, disparaît.

Et, à la place de cette catégorie ontologique à proprement parler – il y est question d’être -, vient celle du trou.

Qui n’est pas sans rapport avec le manque-à-être et qui pourtant est d’un autre registre que l’ontologie. Et donc, c’est comme ça que je me retrouve obligé à penser le rapport, la filiation et pourtant  la différence entre le manque-à-être et le trou – par quoi Lacan voulait dans son dernier enseignement définir le symbolique lui-même, le définir comme trou.

Et, le fait qu’il ait eu recours au nœud pour représenter ce que j’appellerais (pour m’amuser?) l’état de sa pensée n’a fait que rendre d’autant plus insistant cette catégorie du trou, puisque chacun des ronds de ficelle dont il s’emparait peut être dit, être filé autour d’un trou.

Voilà ce que j’entrevois, au point où j’en suis.

Le renoncement à l’ontologie l’a conduit du manque-à-être au trou.

Et que cela reste à penser.

Et, le point où j’en suis, c’est aussi le point où j’en suis dans ce que je pratique, dans mon exercice de la psychanalyse.

Et là, je vois bien que j’y ai évolué.

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VII. Aujourd’hui, on va s’amuser – 16 mars 2011 //

Bon. Aujourd’hui on va s’amuser.

Il s’agit, pour moi de vous faire comprendre quelque chose, comprendre là où on prend plaisir. Moi, ça m’amuse. J’espère qu’il en sera de même pour vous. Ça ne va de soi parce que cette année, plusieurs me font part du fait  qu’ils ne sont pas si à l’aise que ça dans les références que je peux faire à la littérature philosophique. Mais, ça n’est pas de nature à m’arrêter.  Aujourd’hui, je vais essayer de vous communiquer des choses après tout qui dans leur fond ne sont pas si simples, d’une façon qui porte suffisamment pour que ça vous serve comme repère et même comme capteur dans ce qui est la pratique ici de la plupart, à savoir écouter ce qui se dit au petit bonheur la chance quand on enlève au sujet les contraintes qui pèsent sur sa parole, déjà qu’on ne s’y retrouve pas suffisamment en temps ordinaire, mais alors quand on laisse associer librement, vraiment on pédale dans la semoule. On se met à la place de celui qui doit avec ça organiser quelque chose et au minimum une interprétation.

Eh bien, ça demande à être capté par un appareil, dont je vais essayer de vous donner les linéaments.

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