un monde défait en 6 jours

Le 30/11/2011 18:09, nouage a écrit :

> Bonsoir,  Je viens de trouver ce lien.

> Géraldine.

> Envoyé de mon iPad

Le 01/12/2011 04:31, Dominique Chauvin a écrit :

> Je m’y suis tout de suite précipitée ! Il est vrai qu’on peut concevoir que Béla Tarr n’ait plus rien à dire après ce film. Il est vrai qu’il est superbe mais tout à fait désespéré.

> « Le film illustre la mortalité à laquelle nous sommes condamnés, avec cette profonde douleur que nous ressentons tous  » (B. Tarr).

> Ma première impression était que « Le cheval de Turin » raconte comment le monde se défait en six jours, jusqu’à ce que la lumière elle-même ne soit plus… Ce qui n’est pas incompatible ! Et puis, il y a le cheval, ah, le cheval, que l’on voit marcher interminablement, au début, et puis qui s’arrête, qui ne veut plus ni bouger ni manger…

Le 01/12/2011 09:44, Malik Berkati a écrit :

> C’est exact, alors que Dieu fait le monde en 6 jours, Béla Tarr le défait dans le même laps de temps. Mais quand je suis sorti du film, je n’ai pas senti de désespoir au contraire, car cette litanie du vent, cette immensité désolée, cette obscurité qui laisse saillir quelques ombres n’appelle à mon avis qu’une chose: un renouveau au 7ème jour…

> La dernière image est un tableau, une nature morte fait d’être humain: ils sont figés et leur monde avec. Mais comme la nature a horreur du vide…

> Bon à ma décharge de cette vision optimiste: je l’ai vu à la fin de la Berlinale avec déjà plus de 60 films dans les yeux, à la fin d’une journée avec 5 films derrière moi: j’étais à la fois épuisé et désespéré des 3/4 des films déjà vus et ce film m’a redonné une énergie et un coup d’adrénaline improbable dans l’état ou j’étais…cela a peut-être influé! Faudrait que le revois avec cette idée de désespoir pour confronté mon impression à celle qui semble se dégager si j’en crois également l’article envoyé par Géraldine.

> Malik

Si une semaine s’écoulait sans escapade, on le voyait s’ennuyer, dépérir et fureter dans le logis pour trouver une issue

Edward Munch, Galopperende hest [Cheval au galop], 1910-1912 Huile sur toile, 148 x 120 cm

De la part de  Mariana

J’adore cette partie : « Si une semaine s’écoulait sans escapade, on le voyait s’ennuyer, dépérir et fureter dans le logis pour trouver une issue”. — (Francis Carco, L’Homme de Minuit, 1938)

C’est à faire figurer sur le haut du Blog !! Caramba !!!

olé !

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De la part de Alain

Je suis d’accord avec Mariana, mettons cette phrase comme emblème de notre Blog !

le désir qui sauve de l’hémorragie de libido!

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De la part de Catherine Decaudin

Oui, « échapper », c’est une façon d’être « Pas-tout », et « Pas-toute » dans la jouissance de l’Autre, en bref, un peu moins bête .

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De la part de géraldine

Oui!!!! Tout à fait d’accord avec vous, sublime cette phrase!

Le blog Escapade a trouvé sa formule d’invitation!  Je vais voir de plus près de quoi parle ce livre (1938?).

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De la part de véronique m

j’aime assez aussi l’action du cheval qui s’emporte

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De la part de mariana

Géniale !!! Arre, arre caballo !!! 

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De la part de véronique m

«  le désir qui sauve de l’hémorragie de libido! »mais… comment tu définiras la libido, toi ? alain ? que je comprenne bien…

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De la part de Catherine Decaudin

C’est plutôt la libido qui va au galop!

Elle emmène son cavalier où elle veut aller, comme l’image freudienne du ça et du moi (P 237 Essais); 

mais, à ce train là, galoper vers des escapades, je veux bien, d’autant que, c’est vrai, il s’agit de s’échapper , d’échapper à toute forme de Tout…

Alors à bientôt, pour nos « escapades pas-toutes » .

Cath

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De la part de véronique m.

… et aussi à “pas-toutes nos escapades pas-toutes” Clignement d'œil

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De la part de Gentes

[Le 26 janv. 2012 à 19:30, Véronique a écrit : mais… comment tu définiras la libido, toi ? alain ? que je comprenne bien…]

Ah ! Ah!  Je veux faire le malin avec mes formules Un, plus rapides que mon ombre, tel un Lucky Luke sans cheval, eh bien, bien fait pour moi, encore une femme qui ne me laisse pas roupiller !

Libido? Libido? J’ai dit libido, moi? Est-ce que j’ai une tête de libido? Bon, alors, c’est quoi ce machin truc qui s’empare de notre tas de carne pour ne plus le quitter, sauf dans la mort ou la mélancolie? C’est une chose à Freud, présente dès sa correspondance à Fliess, chose sexuelle que s’empressera de désexualiser Jung. Voilà ce que j’ai trouvé en furetant mes livres, au lieu de dormir, ce qui serait évidemment plus raisonnable que de répondre à la fée du logis:  » manifestation dynamique dans la vie psychique de la pulsion sexuelle. »

Inutile de me demander où j’ai trouvé cela chez Freud, je vais vous le dire:  » Pschoanalyse und Libidotheorie », 1922, G.W, XIII, 220: SE, XVIII,244.

Dans le film  » A Dangerous Method  » on voit Freud s’intéresser à l’intuition de Sabina Spielrein sur une possible connexion entre amour et mort, à partir de sa propre expérience. Ce qui annonce la pulsion de mort, pas sans lien avec la libido chez Freud ( cf Au-delà du principe de plaisir , Malaise dans la civilisation ), lien que n’hésitera pas d’établir Lacan:

jouissance = libido + pulsion de mort,
donc
libido = Jouissance – pulsion de mort ! Et vogue le navire.

Je me frotte les yeux de sommeil.

Et là, Chaire Vé, tucon pr’en bi ain? Jes père queue non.

À l’un.

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De : véronique m

En tous cas, je me suis bien amusée à te lire… merci!
Heu, et “libido = jouissance – pulsion de mort” , c’est dans lacan ça aussi?

Enfin, à vous lire, maintenant, chers Catherine et Alain, je me dis qu’éventuellement s’K’Al1  veut dire avec son « hémorragie de libido », c’est que “si libido (p)fuit,  transfusion de désir sauve?”

Bonjour!

Illu: Edward Munch, Cheval au galop, 1910-1912, Huile sur toile, 148 x 120 cm (photo @alintes)