{"id":114,"date":"2011-02-08T14:07:56","date_gmt":"2011-02-08T12:07:56","guid":{"rendered":"http:\/\/empreintesdigitales.wordpress.com\/?p=114"},"modified":"2021-06-14T10:27:44","modified_gmt":"2021-06-14T08:27:44","slug":"le-scheme-kantien-selon-deleuze","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/le-scheme-kantien-selon-deleuze\/","title":{"rendered":"le sch\u00e8me kantien selon Deleuze"},"content":{"rendered":"<p>[ Compl\u00e9ment de lecture du\u00a0<a title=\"cours de jacques-alain miller du 2 f\u00e9vrier\u00a02011\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/cours-de-jacques-alain-miller-du-2-fevrier-2011\/\"> cours de jacques-alain miller du 2 f\u00e9vrier 2011]<\/a><\/p>\n<p><strong>Source <\/strong>:<a title=\"DELEUZE \/ KANT Cours Vincennes - 04\/04\/1978\" href=\"https:\/\/www.webdeleuze.com\/textes\/57\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <strong>Sur le site Webdeleuze : <\/strong><strong>DELEUZE \/ KANT<\/strong> <strong>&#8211; Cours \u00e0 Vincennes &#8211; 04\/04\/1978<\/strong><\/a><\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p>Le centre de tout ce que je voudrais dire aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est exactement ceci : si on s&rsquo;en tient \u00e0 la critique de la raison pure, livre c\u00e9l\u00e8bre de <span class=\"zem_slink\">Kant<\/span>, on voit bien, quant aux th\u00e8mes qui nous occupent concernant le <strong>temps<\/strong>, on voit bien qu&rsquo;il y a deux grandes op\u00e9rations. Ce qu&rsquo;il y a de commun entre ces<strong> deux grandes op\u00e9rations de la connaissance <\/strong>&#8211; puisque la raison pure s&rsquo;occupe de la connaissance -, ce qu&rsquo;il y a de commun entre ces deux grandes op\u00e9rations de la connaissance c&rsquo;est que dans les deux cas <strong>on fera correspondre, malgr\u00e9 leur h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, malgr\u00e9 leur diff\u00e9rence de nature, des d\u00e9terminations conceptuelles et des d\u00e9terminations spatio-temporelles. <\/strong><br \/>\n<strong>Ces deux grandes op\u00e9rations<\/strong> par lesquelles on fait correspondre &#8211; quelles que soient les difficult\u00e9s de cette correspondance, une fois dit leur h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 -, d\u00e9terminations spatio-temporelles et d\u00e9terminations conceptuelles, <strong>ce sont toutes les deux des op\u00e9rations synth\u00e9tiques.<\/strong><\/p>\n<p>Elles sont synth\u00e9tiques pour des raisons tr\u00e8s simples, elles sont n\u00e9cessairement synth\u00e9tiques puisque, on l&rsquo;a vu, d\u00e9terminations spatio-temporelles d&rsquo;une part et d\u00e9terminations conceptuelles d&rsquo;autre part, espace-temps et concept sont h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, <strong> donc l&rsquo;acte qui les met en correspondance ne peut \u00eatre qu&rsquo;une synth\u00e8se d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/strong> Ces deux op\u00e9rations synth\u00e9tiques ont un nom. Ces deux op\u00e9rations ont aussi en commun d&rsquo;\u00eatre des <strong>actes de l&rsquo;imagination. <\/strong> \u00c9videmment imagination ne veut plus dire se faire des id\u00e9es, ou imaginer quelque chose, puisque Kant donne un sens fondamentalement nouveau \u00e0<strong> l&rsquo;acte d&rsquo;imagination puisque c&rsquo;est l&rsquo;acte par lequel des d\u00e9terminations spatio-temporelles vont \u00eatre mises en correspondance avec des d\u00e9terminations conceptuelles. <\/strong><\/p>\n<p>Vous me demanderez pourquoi est-ce qu&rsquo;il appelle \u00e7a \u00ab\u00a0imagination\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p>Comprenez qu&rsquo;il en est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 un niveau o\u00f9 il saisit l&rsquo;imagination \u00e0 un niveau beaucoup plus profond que dans les philosophies pr\u00e9c\u00e9dentes; l&rsquo;imagination ce n&rsquo;est plus la facult\u00e9 par laquelle on produit des images, c&rsquo;est la facult\u00e9 par laquelle on d\u00e9termine un espace et un temps d&rsquo;une mani\u00e8re conforme \u00e0 un concept, mais qui ne d\u00e9coule pas du concept est d&rsquo;une autre nature que la d\u00e9termination de l&rsquo;espace et du temps. <strong>C&rsquo;est vraiment l&rsquo;imagination productrice par opposition \u00e0 l&rsquo;imagination reproductrice.<\/strong> Lorsque je dis : j&rsquo;imagine mon ami Pierre, c&rsquo;est de l&rsquo;imagination reproductrice. Pierre, je pourrais faire autre chose que de l&rsquo;imaginer, je pourrais lui dire bonjour, aller chez lui, je pourrais me le rappeler, ce qui n&rsquo;est pas la m\u00eame chose que l&rsquo;imaginer. Imaginer mon ami Pierre c&rsquo;est de l&rsquo;imagination reproductrice. En revanche, d\u00e9terminer un espace et un temps conform\u00e9ment \u00e0 un concept, mais de telle mani\u00e8re que cette d\u00e9termination ne peut pas d\u00e9couler du concept lui-m\u00eame, faire correspondre \u00e0 un concept un espace et un temps, \u00e7a c&rsquo;est l&rsquo;acte de l&rsquo;imagination productrice. Qu&rsquo;est-ce que fait un math\u00e9maticien ou un g\u00e9om\u00e8tre ? Ou d&rsquo;une autre mani\u00e8re que fait un artiste ? Ils vont faire des productions d&rsquo;espace-temps.<br \/>\n<strong>Les deux op\u00e9rations synth\u00e9tiques qui \u00e9tablissent des mises en correspondance d&rsquo;espace-temps \u00e0 des concepts.<\/strong> Je dis que Kant leur donne des noms tr\u00e8s stricts, et ce serait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s f\u00e2cheux de confondre ces deux op\u00e9rations.<strong> L&rsquo;une est d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de synth\u00e8se <\/strong>\u00e0 proprement parler, la synth\u00e8se comme acte d&rsquo;imagination productrice et l&rsquo;autre &#8211; qui n&rsquo;est pas moins synth\u00e9tique -, Kant lui r\u00e9serve un autre nom, celui de <strong>Sch\u00e8me<\/strong>. Un sch\u00e8me. C&rsquo;est aussi une op\u00e9ration de l&rsquo;imagination productrice.<!--more--><\/p>\n<p>Un des nos probl\u00e8mes c&rsquo;est quelle est la diff\u00e9rence entre une synth\u00e8se \u00e0 proprement parler et un sch\u00e8me. On avait vu ce qu&rsquo;il y a de commun : dans les deux cas il s&rsquo;agit de d\u00e9terminer un espace et un temps en correspondance avec un concept. Mais mon second probl\u00e8me c&rsquo;est que si on ne s&rsquo;en tient pas \u00e0 la <em>Critique de la raison pure,<\/em> si on pousse jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;une des derni\u00e8res \u0153uvres de Kant, o\u00f9 Kant approfondit de plus en plus, c&rsquo;est \u00e0 dire si op\u00e8re la confrontation de l\u2019\u0153uvre ultime,<em> Critique du jugement<\/em>, et si on voit sa r\u00e9action sur la <em>Critique de la raison pure<\/em>, on s&rsquo;aper\u00e7oit que dans la critique du jugement, Kant nous r\u00e9v\u00e8le une double aventure \u00e9tonnante :<strong> c&rsquo;est comment la synth\u00e8se, comme acte d&rsquo;imagination, peut \u00eatre d\u00e9bord\u00e9e par une exp\u00e9rience fondamentale qui est l&rsquo;exp\u00e9rience du sublime<\/strong>; donc que dans la synth\u00e8se il y a une op\u00e9ration d&rsquo;une fragilit\u00e9 extr\u00eame : quelque chose qui vient du fond risque \u00e0 chaque instant de ????? cette op\u00e9ration, de la noyer. De la noyer dans une simple destruction ? Non, sans doute au profit d&rsquo;une r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;un autre niveau qui est la r\u00e9v\u00e9lation du sublime et que donc la synth\u00e8se d&rsquo;imagination risque d&rsquo;\u00eatre d\u00e9bord\u00e9e par un autre acte, ou plut\u00f4t par une autre passion, par une esp\u00e8ce de passion de l&rsquo;imagination qui est la spectacle et l&rsquo;exp\u00e9rience du sublime, o\u00f9 l&rsquo;imagination vacille dans son propre fond.<\/p>\n<p>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, c&rsquo;est tr\u00e8s curieux comme \u00e0 la fois c&rsquo;est g\u00e9nial et comme \u00e7a marche en sym\u00e9trie; c&rsquo;est vraiment la charni\u00e8re classique-romantique. <em>La critique du jugement<\/em> c&rsquo;est vraiment le grand livre auquel tous les romantiques se raccrocheront. Ils l&rsquo;avaient tous lu, ce sera d\u00e9terminant pour tout le romantisme allemand. Mais de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 aussi on assiste \u00e0 la m\u00eame aventure, mais sous une autre forme. Le sch\u00e8me, qui est l&rsquo;autre acte de l&rsquo;imagination, de m\u00eame que la synth\u00e8se risque d&rsquo;\u00eatre d\u00e9bord\u00e9e par quelque chose qui vient du fond de l&rsquo;imagination, \u00e0 savoir l&rsquo;exp\u00e9rience du sublime, <strong>le sch\u00e8me &#8211; autre acte de l&rsquo;imagination du point de vue de la connaissance -, risque aussi d&rsquo;\u00eatre d\u00e9bord\u00e9 par quelque chose de prodigieux dont Kant, \u00e0 ma connaissance, est le premier \u00e0 faire l&rsquo;analyse<\/strong>. <strong>C&rsquo;est le symbolisme.<\/strong> De m\u00eame que le sublime risque \u00e0 chaque instant de d\u00e9border l&rsquo;acte de la synth\u00e8se de l&rsquo;imagination, l&rsquo;op\u00e9ration du symbolisme et de la symbolisation risque \u00e0 chaque instant de d\u00e9border cet autre acte de l&rsquo;imagination qu&rsquo;est le sch\u00e8me. Si bien que entre le symbolisme et le sublime, il y aura \u00e9videmment toutes sortes d&rsquo;\u00e9chos, comme si ils faisaient surgir une esp\u00e8ce de fond irr\u00e9ductible \u00e0 la connaissance, et qui va t\u00e9moigner pour autre chose en nous qu&rsquo;une simple facult\u00e9 de conna\u00eetre. Sentez comme c&rsquo;est beau.<br \/>\nAlors il faut passer par cette premi\u00e8re chose plus raisonnable, plus plate : quelle est la diff\u00e9rence entre sch\u00e8me et synth\u00e8se ?<\/p>\n<p>La derni\u00e8re fois j&rsquo;ai essay\u00e9 de montrer ce qu&rsquo;\u00e9tait la synth\u00e8se. La synth\u00e8se comme acte de l&rsquo;imagination consiste exactement en ceci &#8211; mais je voudrais que ce soit tr\u00e8s concret, ce qui est bien c&rsquo;est qu&rsquo;on est dans le monde et dans le monde il y a des ph\u00e9nom\u00e8nes qui sont kantiens; si dans le monde vous croisez un ph\u00e9nom\u00e8ne typiquement kantien, alors c&rsquo;est tr\u00e8s bien, \u00e0 ce moment-l\u00e0 il faut parler kantien; ce sont des ph\u00e9nom\u00e8nes qui ne peuvent \u00eatre saisis que \u00e0 travers des lunettes kantiennes, sinon vous passez \u00e0 c\u00f4t\u00e9. La synth\u00e8se et le sch\u00e8me c&rsquo;est toujours la mise en correspondance entre, d&rsquo;une part des d\u00e9terminations conceptuelles, et d&rsquo;autre part des d\u00e9terminations spatio-temporelles. Qu&rsquo;est-ce qui d\u00e9finit la synth\u00e8se par diff\u00e9rence avec le sch\u00e8me ?<\/p>\n<p><strong>La synth\u00e8se c&rsquo;est un acte de l&rsquo;imagination qui op\u00e8re ici et maintenant; il n&rsquo;y a pas de synth\u00e8se si ce n&rsquo;est pas une op\u00e9ration de votre imagination que vous faites ici et maintenant. <\/strong>Par exemple, ici et maintenant, vous voyez une diversit\u00e9; ou bien ici et maintenant vous voyez une organisation de l&rsquo;espace et du temps. Vous vous rappelez que cet espace et ce temps ne sont pas encore d\u00e9termin\u00e9s : il y a quelque chose dans l&rsquo;espace et le temps. Il faut encore op\u00e9rer une synth\u00e8se qui va vous donner un certain espace et un certain temps, de telle mani\u00e8re que vous fassiez une esp\u00e8ce d&rsquo;isolation : si vous dites \u00ab\u00a0\u00e7a c&rsquo;est une table\u00a0\u00bb, vous avez fait une synth\u00e8se d&rsquo;espace et de temps conform\u00e9ment \u00e0 un concept. Il y a le concept table, et puis vous avez synth\u00e9tis\u00e9, vous avez fait une synth\u00e8se d&rsquo;une certaine diversit\u00e9. <strong>Donc le principe de la synth\u00e8se c&rsquo;est la recognition<\/strong>, c&rsquo;est ceci. La synth\u00e8se a pour r\u00e8gle le processus de recognition. D\u00e8s lors c&rsquo;est forc\u00e9 que la synth\u00e8se op\u00e8re ici et maintenant : tiens, c&rsquo;est une maison. En quoi consiste la synth\u00e8se ? On l&rsquo;a vu la derni\u00e8re fois : appr\u00e9hension successive de parties, synth\u00e8se de l&rsquo;appr\u00e9hension, reproduction des parties pr\u00e9c\u00e9dentes dans les parties suivantes; donc les deux aspects de la synth\u00e8se, l&rsquo;appr\u00e9hension et la reproduction, sont ce par quoi je d\u00e9termine un espace et un temps finis. Le concept c&rsquo;est la forme d&rsquo;objet que je qualifie d&rsquo;apr\u00e8s le divers dont j&rsquo;ai fait la synth\u00e8se : c&rsquo;est une table, c&rsquo;est une maison, c&rsquo;est un petit chien.<\/p>\n<p>Donc, dans la synth\u00e8se, j&rsquo;ai bien fait correspondre une d\u00e9termination d&rsquo;espace et de temps et une d\u00e9termination conceptuelle, la d\u00e9termination de l&rsquo;espace et du temps \u00e9tant op\u00e9r\u00e9e par la synth\u00e8se d&rsquo;appr\u00e9hension et de reproduction, et la d\u00e9termination conceptuelle renvoyant \u00e0 la forme de l&rsquo;objet quelconque en tant que cette forme d&rsquo;objet va \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e par le divers sur lequel se fait la synth\u00e8se. Je dirais presque que dans la synth\u00e8se, je vais de la d\u00e9termination spatio-temporelle \u00e0 la d\u00e9termination conceptuelle et que mon point de d\u00e9part est ici et maintenant. Vous voyez que, au d\u00e9part, je n&rsquo;ai que un concept d&rsquo;objet quelconque; je n&rsquo;ai que la forme d&rsquo;un objet quelconque qui est la forme vide du concept, objet = x. <strong>Pourquoi est-ce un concept ? Parce que ce n&rsquo;est pas du tout contenu dans la diversit\u00e9 sensible.<\/strong> Donc comme forme de concept pur je n&rsquo;ai que la forme de l&rsquo;objet quelconque, et la synth\u00e8se de l&rsquo;imagination va faire correspondre une d\u00e9termination spatio-temporelle \u00e0 l&rsquo;objet quelconque de telle mani\u00e8re que l&rsquo;objet quelconque sera sp\u00e9cifi\u00e9 comme tel ou tel objet : ceci est une maison, ceci est une table.<br \/>\n<strong>C&rsquo;est tr\u00e8s curieux, chez Kant. Quand \u00e7a ne marche pas, il invente quelque chose qui n&rsquo;existe pas, mais \u00e7a fait rien. Le sch\u00e8me. <\/strong>Mettez vous dans la situation inverse.<\/p>\n<p><strong>Vous avez le concept, vous partez du concept. <\/strong>Donc le chemin du sch\u00e8me ce ne sera non plus ici-maintenant, non pas ce que votre imagination productrice fait ici et maintenant, \u00e0 savoir d\u00e9terminer l&rsquo;espace et le temps,<strong> le sch\u00e8me ce sera au contraire une op\u00e9ration que vous faites, quand vous la faites, comme valable en tout temps. <\/strong>\u00ab\u00a0Ceci est une maison\u00a0\u00bb, ce n&rsquo;est pas valable en tout temps. Vous vous rappelez de la r\u00e8gle de la synth\u00e8se, c&rsquo;est une r\u00e8gle de recognition. <strong>Le sch\u00e8me : vous disposez d&rsquo;un concept, et le probl\u00e8me c&rsquo;est d\u00e9terminer la relation spatio-temporelle qui correspond \u00e0 ce concept.<\/strong> La synth\u00e8se c&rsquo;est juste le contraire, c&rsquo;est : vous op\u00e9rez une op\u00e9ration spatio-temporelle et vous sp\u00e9cifiez le concept d&rsquo;apr\u00e8s cette d\u00e9termination. Donc \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration valable ici et maintenant de la synth\u00e8se, va correspondre dans l&rsquo;autre sens l<strong>a d\u00e9termination valable en tout temps <\/strong>du sch\u00e8me. L\u00e0 vous avez un concept et vous cherchez la d\u00e9termination spatio-temporelle qui est susceptible de lui correspondre. \u00c7a veut dire quoi ? Quand je dis : la ligne droite est <em>ex aequo<\/em> en tous ses points, d\u00e9finition d&rsquo;Euclide, j&rsquo;ai comme un concept de ligne droite. Vous me direz, oui, mais c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 de l&rsquo;espace. Oui c&rsquo;est de l&rsquo;espace, mais l&rsquo;espace, mais je peux me faire un concept de l&rsquo;espace. Ligne droite d\u00e9finie comme ligne<em> ex aequo <\/em>en tous ses points \u00e7a ne me donne encore aucune d\u00e9termination, alors que la synth\u00e8se qui allait de l&rsquo;intuition espace-temps au concept op\u00e9rait par une r\u00e8gle de recognition, <strong>le sch\u00e8me au contraire va op\u00e9rer par une r\u00e8gle de production. Un concept \u00e9tant donn\u00e9, comment est-ce que je peux produire dans l&rsquo;intuition ? C&rsquo;est \u00e0 dire dans l&rsquo;espace et dans le temps, un objet conforme au concept. Produire dans l&rsquo;espace et dans le temps, \u00e7a c&rsquo;est l&rsquo;op\u00e9ration du sch\u00e8me. En d&rsquo;autres termes, le sch\u00e8me ne renvoie pas \u00e0 une r\u00e8gle de recognition, mais il renvoie \u00e0 une r\u00e8gle de production. <\/strong><\/p>\n<p>La synth\u00e8se maison c&rsquo;est la r\u00e8gle de recognition en fonction de laquelle je dis \u00ab\u00a0c&rsquo;est une maison\u00a0\u00bb. Vous dites \u00ab\u00a0c&rsquo;est une maison\u00a0\u00bb devant des trucs tr\u00e8s diff\u00e9rents. Vous faites une synth\u00e8se du donn\u00e9 telle que vous le rapportez \u00e0 l&rsquo;objet quelconque \u00ab\u00a0c&rsquo;est une maison\u00a0\u00bb. Le sch\u00e8me de la maison c&rsquo;est tr\u00e8s diff\u00e9rent, ce n&rsquo;est pas une r\u00e8gle de recognition \u00e0 travers des diversit\u00e9s quelconques. Le sch\u00e8me de la maison c&rsquo;est une r\u00e8gle de production, \u00e0 savoir vous pouvez vous donner un concept de maison. Je prends par exemple une d\u00e9finition fonctionnelle : maison = ensemble fait pour abriter les hommes, \u00e7a ne nous donne pas encore une r\u00e8gle de production. <strong>Le sch\u00e8me de la maison c&rsquo;est ce qui vous permet de produire dans l&rsquo;exp\u00e9rience, dans l&rsquo;espace et dans le temps, quelque chose, des objets conformes au concept. Mais \u00e7a ne sort pas du concept; vous aurez beau retourner le concept dans tous les sens, l&rsquo;ensemble fait pour abriter les hommes, vous n&rsquo;en tirerez pas les r\u00e8gles de production, les r\u00e8gles de construction de la maison. Si vous avez la r\u00e8gle de production vous avez un sch\u00e8me. <\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est tr\u00e8s int\u00e9ressant du point de vue d&rsquo;une \u00e9tude du jugement. Consid\u00e9rez les deux jugements suivants : la ligne droite est une ligne ex aequo en tous ses points; vous avez l\u00e0 une d\u00e9finition logique ou conceptuelle, vous avez le concept de la droite. Si vous dites \u00ab\u00a0la ligne droite est noire\u00a0\u00bb, vous avez une rencontre dans l&rsquo;exp\u00e9rience, toute ligne droite n&rsquo;est pas noire. La ligne droite est le plus court chemin d&rsquo;un point \u00e0 un autre, c&rsquo;est un type de jugement, tout \u00e0 fait extraordinaire selon Kant, pourquoi ? Parce que \u00e7a ne se r\u00e9duit \u00e0 aucun des deux extr\u00eames qu&rsquo;on vient de voir. Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est le plus court chemin ? Kant nous dit que le plus court chemin c&rsquo;est la r\u00e8gle de production d&rsquo;une ligne comme droite. Si vous voulez obtenir une droite, vous prenez le plus court chemin. Ce n&rsquo;est pas du tout un pr\u00e9dicat. Quand vous dites :<strong> la ligne droite est le plus court chemin, <\/strong>vous avez l&rsquo;air de traiter le plus court chemin comme un attribut ou un pr\u00e9dicat, en fait ce n&rsquo;est pas du tout un pr\u00e9dicat, <strong>c&rsquo;est une r\u00e8gle de production. <\/strong>Le plus court chemin c&rsquo;est la r\u00e8gle de production d&rsquo;une ligne comme ligne droite dans l&rsquo;espace et dans le temps. Pourquoi dans le temps ? L\u00e0 vous devez comprendre pourquoi le temps est dans le coup, et m\u00eame toujours plus profond que l&rsquo;espace. Le plus court, vous ne pouvez pas le d\u00e9finir ind\u00e9pendamment du temps. En quoi c&rsquo;est une r\u00e8gle de production ? Si on vous dit : vous voulez tracer une droite, tr\u00e8s bien, prenez le plus court! On ne comprend plus le jugement; on dit tellement de choses en ignorant qu&rsquo;on les dit. Encore une fois c&rsquo;est vrai historiquement que le jugement \u00ab\u00a0la ligne droite est le chemin le plus court d&rsquo;un point \u00e0 un autre\u00a0\u00bb a des implications tr\u00e8s tr\u00e8s pr\u00e9cises du point de vue g\u00e9om\u00e9trique, \u00e0 savoir que alors que la d\u00e9finition euclidienne ou conceptuelle de la droite c&rsquo;est bien la ligne qui est ex aequo en tous ses points, la ligne droite comme plus court chemin d&rsquo;un point \u00e0 un autre, c&rsquo;est une notion archim\u00e9dienne, et la g\u00e9om\u00e9trie archim\u00e9dienne a de tous autres principes que la g\u00e9om\u00e9trie euclidienne. La notion \u00ab\u00a0la ligne droite est le plus court chemin\u00a0\u00bb est un pur non sens si vous la s\u00e9parez de tout un calcul qui est une comparaison des h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Vous retrouvez ici le th\u00e8me de la synth\u00e8se. Les h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes ce n&rsquo;est pas les diff\u00e9rentes sortes de lignes, droites ou pas droites, c&rsquo;est la confrontation de la courbe et de la droite. C&rsquo;est le th\u00e8me archim\u00e9dien de l&rsquo;angle minimal, du plus petit angle qui est form\u00e9 par la tangente et la courbe. Le plus court chemin est une notion ins\u00e9parable du calcul qu&rsquo;on appelait dans l&rsquo;antiquit\u00e9 calcul d&rsquo;exhaustion dans lequel la droite et la courbe sont trait\u00e9es dans une confrontation synth\u00e9tique. D\u00e8s lors tracer la tangente \u00e0 une courbe, \u00e7a c&rsquo;est bien une r\u00e8gle de production. Donc c&rsquo;est en ce sens que je peux dire, malgr\u00e9 les apparences, la ligne droite est le plus court chemin, il faut bien voir que le plus court chemin ce n&rsquo;est pas un attribut de ligne et ce n&rsquo;est pas \u00e9tonnant puisque \u00ab\u00a0le plus court\u00a0\u00bb c&rsquo;est une relation. Une relation ce n&rsquo;est pas un attribut. Si je dis Pierre est plus petit que Paul, \u00ab\u00a0plus petit\u00a0\u00bb ce n&rsquo;est pas un attribut de Pierre. M\u00eame Platon disait d\u00e9j\u00e0 que si Pierre est plus petit que Paul, il est plus grand que Jean. Une relation ce n&rsquo;est pas un attribut. \u00ab\u00a0Le plus court\u00a0\u00bb c&rsquo;est la r\u00e8gle \u00e0 partir de laquelle je produis dans l&rsquo;espace et dans le temps une ligne comme ligne droite. En d&rsquo;autres termes, je fais correspondre \u00e0 une d\u00e9termination conceptuelle, \u00e0 savoir la ligne droite d\u00e9finie comme ex aequo en tous ses points, une d\u00e9termination spatio-temporelle par laquelle je peux produire autant de droites que je veux dans l&rsquo;exp\u00e9rience.<br \/>\nChez un lointain successeur de Kant, \u00e0 savoir Husserl, il y a un truc comme \u00e7a qui m&rsquo;int\u00e9resse aussi beaucoup, mais Husserl, je crois qu&rsquo;il a laiss\u00e9 \u00e9chapp\u00e9 quelque chose. Husserl nous disait : prenez deux bouts, aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de la cha\u00eene, vous avez des essences pures. Par exemple le cercle, comme pure essence g\u00e9om\u00e9trique. Et puis, \u00e0 l&rsquo;autre bout, vous avez dans l&rsquo;exp\u00e9rience des choses qui correspondent au cercle. Je peux en faire une liste ouverte : une assiette, une roue de voiture, le soleil. Je dirais, en termes techniques, que toutes ces choses de l&rsquo;exp\u00e9rience, une roue, le soleil, une assiette, je les subsume sous le concept de cercle. Est-ce que vous ne voyez pas comme une s\u00e9rie d&rsquo;interm\u00e9diaires entre ces deux extr\u00eames qui auront beaucoup d&rsquo;importance \u00e0 partir de Kant jusque l\u00e0. Mais des notions, il faut vivre \u00e7a, l&rsquo;abstrait est v\u00e9cu, c&rsquo;est vraiment pareil. Au moment o\u00f9 \u00e7a devient tr\u00e8s tr\u00e8s abstrait, l\u00e0 vous pouvez vous dire que \u00e7a concerne quelque chose de v\u00e9cu. On sait d\u00e9j\u00e0 que cet \u00ab\u00a0entre les deux\u00a0\u00bb ce n&rsquo;est pas un m\u00e9lange, que \u00e7a va \u00eatre une zone d\u00e9couverte par Kant. Prenez un mot : \u00ab\u00a0le rond\u00a0\u00bb. Je peux toujours dire que le cercle est rond. La d\u00e9termination conceptuelle du cercle c&rsquo;est : le lieu des points situ\u00e9s \u00e0 \u00e9gale distance d&rsquo;un point commun nomm\u00e9 centre. Voil\u00e0 la d\u00e9termination conceptuelle, la d\u00e9termination ou les d\u00e9terminations empiriques du cercle c&rsquo;est l&rsquo;assiette, la roue et le soleil. Quand je dis : \u00ab\u00a0oh le beau rond!\u00a0\u00bb &#8211; je disais tout \u00e0 l&rsquo;heure que les deux extr\u00eames c&rsquo;est la ligne droite d\u00e9finie conceptuellement comme ex aequo en tous ses points, et puis la ligne droite est noire qui est une rencontre dans l&rsquo;exp\u00e9rience, un cas de ligne droite. Mais entre les deux, comme une r\u00e9gion parfaitement sp\u00e9cifique, il y a la ligne droite est le plus court chemin.<br \/>\nMaintenant entre le cercle et les illustrations du cercle dans l&rsquo;exp\u00e9rience, je dirais presque les images du cercle : l&rsquo;assiette est une image de cercle, la roue est une image de cercle, mais j&rsquo;ai ce truc tr\u00e8s bizarre : un rond! C&rsquo;est tr\u00e8s curieux de faire l&rsquo;analyse logique d&rsquo;un rond. Je dirais la m\u00eame chose : si on va assez loin dans l&rsquo;analyse du rond, on verra que c&rsquo;est une r\u00e8gle de production; un rond c&rsquo;est le tour, par exemple, non, le rond c&rsquo;est ce qui permet d&rsquo;en faire. Le tour c&rsquo;est ce qui permet de faire rondes certaines mati\u00e8res. Le rond, il faut \u00e9videmment le vivre dynamiquement, comme processus dynamique; de m\u00eame que la ligne droite est le plus court chemin implique une op\u00e9ration par laquelle la longueur d&rsquo;une courbe est compar\u00e9e \u00e0 celle d&rsquo;une droite, c&rsquo;est \u00e0 dire par laquelle il y a une lin\u00e9arisation de la courbe, le rond implique une op\u00e9ration par laquelle un quelque chose de l&rsquo;exp\u00e9rience est arrondi. C&rsquo;est le processus de production du type tour qui permet de produire dans l&rsquo;exp\u00e9rience des choses correspondants au concept de cercle.<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 Husserl a \u00e9videmment tort, c&rsquo;est lorsqu&rsquo;il d\u00e9couvre cette sph\u00e8re du rond &#8211; on vient de montrer comment rond c&rsquo;est tout \u00e0 fait dans le m\u00eame domaine que le plus court, c&rsquo;est le m\u00eame domaine d&rsquo;\u00eatre -, Husserl a tort parce qu&rsquo;il en fait des essences inexactes, comme des essences subordonn\u00e9es. \u00c7a me para\u00eet beaucoup plus fort la direction o\u00f9 allait Kant, en faire pr\u00e9cis\u00e9ment des actes de l&rsquo;imagination productrice. L\u00e0 vous voyez en quoi l&rsquo;imagination productrice est plus profonde que l&rsquo;imagination reproductrice. L&rsquo;imagination reproductrice c&rsquo;est lorsque vous pouvez imaginer des cercles, des cercles concrets; vous pouvez imaginer un cercle trac\u00e9 au tableau avec une craie rouge, vous pouvez imaginer une assiette &#8230; tout \u00e7a c&rsquo;est l&rsquo;imagination reproductrice. Mais le tour qui vous permet de faire des ronds, qui vous permet d&rsquo;arrondir, c&rsquo;est \u00e0 dire de produire dans l&rsquo;exp\u00e9rience quelque chose de conforme au concept de cercle, \u00e7a ne d\u00e9pend pas du concept de cercle, \u00e7a ne d\u00e9coule pas du concept de cercle, c&rsquo;est un sch\u00e8me, et \u00e7a c&rsquo;est l&rsquo;acte de l&rsquo;imagination productrice.<\/p>\n<p>Vous voyez pourquoi Kant \u00e9prouve le besoin de d\u00e9couvrir un terrain de l&rsquo;imagination productrice par diff\u00e9rence avec la simple imagination empirique ou reproductrice. Vous voyez la diff\u00e9rence avec un sch\u00e8me et une synth\u00e8se, si vous avez compris \u00e7a j&rsquo;en ai fini avec mon premier point : quelle \u00e9tait la diff\u00e9rence entre les deux actes fondamentaux, dans le cadre de la connaissance : le sch\u00e9matisme et la synth\u00e8se.<br \/>\n<strong>Le sch\u00e9matisme ce n&rsquo;est pas un cas du jugement r\u00e9fl\u00e9chissement, c&rsquo;est une dimension du jugement d\u00e9terminant. <\/strong>L&rsquo;histoire du jugement r\u00e9fl\u00e9chissant je le ferai \u00e0 la demande. <strong>L&rsquo;a posteriori c&rsquo;est ce qui est dans l&rsquo;espace et dans le temps. C&rsquo;est l&rsquo;assiette, la roue, le soleil.<\/strong> Une r\u00e8gle de production c&rsquo;est uniquement une d\u00e9termination d&rsquo;espace ou de temps conforme au concept. Prenez un autre cas. Vous vous faites un concept de lion; vous pouvez le d\u00e9finir par genre et diff\u00e9rence. Vous pouvez le d\u00e9finir comme \u00e7a, gros animal, mammif\u00e8re, avec une crini\u00e8re, rugissant. Vous faites un concept. Vous pouvez aussi vous faire des images de lion : un petit lion, un gros lion, un lion des sables, un lion des montagnes; vous avez vos images de lion. Qu&rsquo;est-ce que ce serait le sch\u00e8me de lion ? Je dirais dans ce cas, pas dans tous les cas, que le concept c&rsquo;est la d\u00e9termination de l&rsquo;esp\u00e8ce, ou c&rsquo;est la d\u00e9termination par genres et diff\u00e9rences sp\u00e9cifiques. L&rsquo;image dans l&rsquo;exp\u00e9rience c&rsquo;est tous les individus de cette esp\u00e8ce, le sch\u00e8me du lion c&rsquo;est quelque chose qui n&rsquo;est ni les exemplaires du lion &#8230; fin de la bande &#8230;<strong> il y a des rythmes spatio-temporels, il y a des allures spatio-temporelles. On parle \u00e0 la fois du territoire d&rsquo;un animal et du domaine d&rsquo;un animal, avec ses chemins, avec les traces qu&rsquo;il laisse dans son domaine, avec les heures o\u00f9 il fr\u00e9quente tel chemin, tout \u00e7a c&rsquo;est un dynamisme spatio-temporel que vous ne tirerez pas du concept.<\/strong> Je ne vais pas tirer du concept lion la mani\u00e8re dont il habite l&rsquo;espace et le temps. A partir d&rsquo;une dent vous pouvez tirer quelque chose du mode de vie : \u00e7a c&rsquo;est un carnassier. Mais vraiment le dynamisme spatio-temporel d&rsquo;une b\u00eate, \u00e7a c&rsquo;est v\u00e9ritablement &#8211; je ne peux pas dire sa r\u00e8gle de production -, mais c&rsquo;est quelque chose de productif, c&rsquo;est la mani\u00e8re dont il produit dans l&rsquo;exp\u00e9rience un domaine spatio-temporel conforme \u00e0 son propre concept. Le lion est kantien, tous les animaux sont kantiens. <strong>Quel est le sch\u00e8me de l&rsquo;araign\u00e9e ? Le sch\u00e8me de l&rsquo;araign\u00e9e c&rsquo;est sa toile, et sa toile c&rsquo;est la mani\u00e8re dont elle occupe l&rsquo;espace et le temps. <\/strong>A preuve que le concept de l&rsquo;araign\u00e9e, je ne sais pas comment, mais on peut se donner le concept de l&rsquo;araign\u00e9e; le concept de l&rsquo;araign\u00e9e comportera toutes les parties anatomiques et m\u00eame les fonctions physiologiques de l&rsquo;araign\u00e9e. Donc on rencontrera ce dr\u00f4le d&rsquo;organe avec quoi l&rsquo;araign\u00e9e fait sa toile. Mais est-ce que vous pouvez en d\u00e9duire ce qu&rsquo;on peut appeler maintenant l&rsquo;\u00eatre spatio-temporel de l&rsquo;araign\u00e9e, et la correspondance de la toile avec le concept d&rsquo;araign\u00e9e, c&rsquo;est \u00e0 dire avec l&rsquo;organisme de l&rsquo;araign\u00e9e. C&rsquo;est tr\u00e8s curieux parce que \u00e7a varie \u00e9norm\u00e9ment d&rsquo;apr\u00e8s les esp\u00e8ces d&rsquo;araign\u00e9es. Il y a des cas d&rsquo;araign\u00e9es tr\u00e8s extraordinaires o\u00f9 lorsque vous les mutilez d&rsquo;une patte qui ne sert pourtant pas \u00e0 la confection, elles font des toiles aberrantes par rapport \u00e0 leur propre esp\u00e8ce, elles font une toile pathologique. Qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 ? Comme si un trouble d&rsquo;espace et de temps correspondait \u00e0 la mutilation. Je dirais que le sch\u00e8me d&rsquo;un animal c&rsquo;est son dynamisme spatio-temporel.<br \/>\nL\u00e0 o\u00f9 Kant a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant, \u00e0 la suite de Husserl, il y a eu toutes sortes d&rsquo;exp\u00e9riences et je pense \u00e0 une dr\u00f4le d&rsquo;\u00e9cole qui, \u00e0 un moment, a eu du succ\u00e8s. <strong>C&rsquo;\u00e9tait des psychologues de l&rsquo;\u00e9cole de Wutzbur,<\/strong> ils \u00e9taient tr\u00e8s li\u00e9s \u00e0 une descendance kantienne. Ils faisaient des exp\u00e9riences psychologiques. Ils disaient qu&rsquo;il y a trois sortes de choses : il y a la pens\u00e9e qui op\u00e8re par concepts, et puis il y a la perception qui saisit des choses, et au besoin il y a l&rsquo;imagination qui reproduit des choses : mais ils disaient qu&rsquo;il y a aussi une autre dimension \u00e0 laquelle ils donnaient un nom tr\u00e8s curieux. <strong>Ils parlaient de direction de conscience, ou m\u00eame d&rsquo;intention de conscience, ou m\u00eame d&rsquo;intention vide. <\/strong>Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est une intention vide ? Je pense \u00e0 un lion et me vient l&rsquo;image d&rsquo;un lion; je pense \u00e0 un rhinoc\u00e9ros et je vois tr\u00e8s bien le rhinoc\u00e9ros dans l&rsquo;image qui me vient \u00e0 l&rsquo;esprit, \u00e7a c&rsquo;est une intention. J&rsquo;ai une intention de conscience et une image vient la remplir, l&rsquo;image du rhinoc\u00e9ros. Alors ils faisaient des exp\u00e9riences l\u00e0-dessus, c&rsquo;\u00e9tait de le psychologie de laboratoire. Ils donnaient la r\u00e8gle du jeu, on va bien rigoler : vous vous emp\u00eacher d&rsquo;avoir une image, on vous donne un mot et vous op\u00e9rez une vis\u00e9e qui exclut \u00e0 la fois toute image, et qui pourtant n&rsquo;est pas purement conceptuelle; \u00e7a donnait quoi ? Des esp\u00e8ces d&rsquo;orientations de conscience, i.e des directions spatio-temporelles. Plus c&rsquo;\u00e9tait abstrait et mieux c&rsquo;\u00e9tait. C&rsquo;\u00e9tait pour nous persuader qu&rsquo;il y avait trois attitudes de conscience possibles : la conscience abstraite pensante, par exemple prol\u00e9tariat, o\u00f9 il fallait travailler pour le prol\u00e9tariat. <strong>Premi\u00e8re r\u00e9action : prol\u00e9tariat = la classe d\u00e9finie par<\/strong> &#8230; etc &#8230; je dirais que c&rsquo;est la d\u00e9finition conceptuelle du prol\u00e9tariat; c&rsquo;est une certaine attitude de conscience vis \u00e0 vis d&rsquo;un mot : \u00e0 travers le mot je vise le concept. <strong>Deuxi\u00e8me attitude de conscience : \u00e0 travers le mot prol\u00e9tariat j&rsquo;\u00e9voque une, un prol\u00e9taire : \u00ab\u00a0ah, oui j&rsquo;en ai vu un!\u00a0\u00bb<\/strong>. \u00c7a c&rsquo;est vraiment l&rsquo;attitude empirique, une image. Sartre, dans son livre \u00ab\u00a0L&rsquo;imaginaire\u00a0\u00bb expose la <strong>troisi\u00e8me attitude<\/strong>, celle de l&rsquo;exp\u00e9rience des types de Wutzbur, et il donne des descriptions des r\u00e9ponses des gens; je vois <strong>une esp\u00e8ce de flot noir qui avance; il d\u00e9finissait une esp\u00e8ce de rythme<\/strong>. Arriver \u00e0 saisir une attitude de conscience, une esp\u00e8ce des mani\u00e8res d&rsquo;occuper l&rsquo;espace et le temps : <strong>le prol\u00e9tariat \u00e7a ne remplit pas l&rsquo;espace et le temps comme la bourgeoisie. A ce moment-l\u00e0 vous avez le sch\u00e8me.<\/strong> Ou bien une autre m\u00e9thode c&rsquo;\u00e9tait de prendre un mot vide pour vous, dont vous ne connaissez pas le sens : dans une po\u00e9sie pr\u00e9cieuse, et vous faites de la direction de conscience, vous ne faites pas une association, mais une vague direction de conscience, une esp\u00e8ce d&rsquo;ouverture purement v\u00e9cue spatio-temporelle. Comment une conscience s&rsquo;oriente-t-elle \u00e0 partir de la sonorit\u00e9 d&rsquo;un mot compris ? L\u00e0 vous avez toute une dimension des dynamismes spatio-temporels qui ont quelque chose de semblable aux sch\u00e8mes. Les sch\u00e8mes se subdivisent, mais alors que les concepts se subdivisent d&rsquo;apr\u00e8s genres et esp\u00e8ces, les sch\u00e8mes auraient un autre mode de division. En fait quand je disais que le vrai sch\u00e8me du cercle c&rsquo;est le tour, en fait c&rsquo;est un sous-sch\u00e8me parce que le tour implique d\u00e9j\u00e0 certaines mani\u00e8res, le tour c&rsquo;est la r\u00e8gle de production pour obtenir des choses dans l&rsquo;exp\u00e9rience, mais dans ces conditions d&rsquo;affinit\u00e9s de mat\u00e9riau. Dans d&rsquo;autres cas, il faudra autre chose. Je ne sais pas comment on fait des roues de bicyclette? Lorsque la ph\u00e9nom\u00e9nologie et puis Heidegger, et puis toute sorte de psychiatres, vont d\u00e9finir des mani\u00e8res d&rsquo;\u00eatre dans l&rsquo;espace et dans le temps, des complexes ou des blocs d&rsquo;espace-temps, des blocs rythmiques. Je dis que tout \u00e7a, \u00e7a d\u00e9rive de Kant. L&rsquo;ethnologue construit bien des sch\u00e8mes d&rsquo;hommes dans la mesure o\u00f9 il indique des mani\u00e8res : une civilisation se d\u00e9finit entre autres par un bloc d&rsquo;espace-temps, par certains rythmes spatio-temporels qui vont varier le concept d&rsquo;homme. C&rsquo;est \u00e9vident que ce n&rsquo;est pas de la m\u00eame mani\u00e8re qu&rsquo;un africain, un am\u00e9ricain ou un indien vont habiter l&rsquo;espace et le temps. Ce qui est int\u00e9ressant c&rsquo;est, lorsque dans un espace limit\u00e9, on voit coexister des appartenances d&rsquo;espace-temps diff\u00e9rentes. Mais je pourrais dire \u00e9galement qu&rsquo;un artiste op\u00e8re par blocs d&rsquo;espace-temps. Un artiste c&rsquo;est avant tout un rythmicien. Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est qu&rsquo;un rythme ? C&rsquo;est un bloc d&rsquo;espace-temps, c&rsquo;est un bloc spatio-temporel. <strong>Or chaque fois que vous avez un concept, vous n&rsquo;avez pas encore la rythmicit\u00e9 des choses qui lui sont subordonn\u00e9es.<\/strong> Un concept, \u00e0 la limite, il vous donnera la mesure ou la cadence. C&rsquo;est \u00e0 dire une mesure homog\u00e8ne, mais la rythmicit\u00e9 c&rsquo;est tout \u00e0 fait autre chose qu&rsquo;une mesure homog\u00e8ne, c&rsquo;est tout \u00e0 fait autre chose qu&rsquo;une cadence.<\/p>\n<p>Je passe \u00e0 mon second point. Vous vous rappelez que on avait vu, par rapport \u00e0 la synth\u00e8se, cette aventure du <strong>sublime<\/strong>. Kant s&rsquo;aper\u00e7oit que la synth\u00e8se de l&rsquo;imagination telle qu&rsquo;elle intervient dans la connaissance, repose sur un sol d&rsquo;une autre nature, \u00e0 savoir que<strong> la synth\u00e8se de l&rsquo;imagination dans tous ses aspects suppose une compr\u00e9hension esth\u00e9tique<\/strong>, une compr\u00e9hension esth\u00e9tique \u00e0 la fois de la chose \u00e0 mesurer et de l&rsquo;unit\u00e9 de mesure. Comprenez bien que la compr\u00e9hension esth\u00e9tique ne fait pas partie de la synth\u00e8se, c&rsquo;est le sol sur lequel repose la synth\u00e8se. Je dirais que ce n&rsquo;est pas le fondement de la synth\u00e8se mais que c&rsquo;est la fondation de la synth\u00e8se. En m\u00eame temps qu&rsquo;il d\u00e9couvre ce sol, il d\u00e9couvre l&rsquo;extraordinaire viabilit\u00e9 de ce sol. Il ne d\u00e9couvre pas ce sol sans voir que ce sol est ?????? Pourquoi ? Parce que ce sur quoi repose la synth\u00e8se est fondamentalement fragile, que la compr\u00e9hension esth\u00e9tique de l&rsquo;unit\u00e9 de mesure, suppos\u00e9e par toute mesure effective, peut \u00e0 chaque instant \u00eatre d\u00e9bord\u00e9e, c&rsquo;est \u00e0 dire que, du sol de la synth\u00e8se risque constamment de jaillir une esp\u00e8ce de pouss\u00e9e venue d&rsquo;un sous-sol, et ce sous-sol va faire craquer la synth\u00e8se. <strong>Car la synth\u00e8se repose sur la compr\u00e9hension esth\u00e9tique de l&rsquo;unit\u00e9 de mesure, compr\u00e9hension esth\u00e9tique qui est irr\u00e9ductible aux op\u00e9rations de la connaissance.<\/strong> Pourquoi est-ce tr\u00e8s fragile ? Parce que \u00e0 chaque instant il y a des types de ph\u00e9nom\u00e8nes dans l&rsquo;espace et dans le temps qui risquent de bouleverser la compr\u00e9hension esth\u00e9tique de l&rsquo;unit\u00e9 de la mesure, <strong>et c&rsquo;est le sublime, l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;imagination se trouve devant sa limite. Elle est confront\u00e9e \u00e0 sa propre limite, elle ne peut plus se mettre au service des concepts de l&rsquo;entendement.<\/strong> Se mettre au service des concepts de l&rsquo;entendement c&rsquo;est d\u00e9terminer l&rsquo;espace et le temps conform\u00e9ment aux concepts de l&rsquo;entendement, et l\u00e0 elle ne peut plus : l&rsquo;imagination se trouve bloqu\u00e9e devant sa propre limite : l&rsquo;oc\u00e9an immense, les cieux infinis, tout \u00e7a la bouleverse, elle d\u00e9couvre sa propre impuissance, elle se met \u00e0 b\u00e9gayer.<strong> Et c&rsquo;est donc en m\u00eame temps qu&rsquo;est d\u00e9couvert le sol de la synth\u00e8se , \u00e0 savoir la compr\u00e9hension esth\u00e9tique, et le sous-sol de la synth\u00e8se, \u00e0 savoir le sublime en tant qu&rsquo;il renverse le sol. <\/strong>Mais consolation ; au moment o\u00f9 l&rsquo;imagination se trouve impuissante, ne peut plus se mettre au service de l&rsquo;entendement, elle nous fait d\u00e9couvrir en nous <strong>une facult\u00e9 plus belle encore qui est comme la facult\u00e9 de l&rsquo;infini. Si bien qu&rsquo;au moment o\u00f9 nous avons de la peine pour notre imagination et souffrons avec elle, puisqu&rsquo;elle est devenue impuissante, s&rsquo;\u00e9veille en nous une nouvelle facult\u00e9, la facult\u00e9 du suprasensible.<\/strong><br \/>\nQuand la temp\u00eate s&rsquo;est apais\u00e9e, quand l&rsquo;avalanche est finie, je retrouve mes synth\u00e8ses mais un moment l&rsquo;horizon de la connaissance aura \u00e9t\u00e9 travers\u00e9 par quelque chose qui venait d&rsquo;ailleurs, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9ruption du sublime qui n&rsquo;est pas objet de connaissance.<\/p>\n<p>Il faut se mettre \u00e0 la place de Kant, mettons qu&rsquo;il ait trouv\u00e9 tout \u00e7a. Il se dit que le sch\u00e8me, il faudrait qu&rsquo;il y ait un truc analogue. Le sch\u00e8me c&rsquo;est aussi une op\u00e9ration de la connaissance, on a vu son rapport avec la synth\u00e8se; il faudrait aussi que le sch\u00e8me d\u00e9crive sa propre limite et que quelque chose le d\u00e9borde. Il faudrait quelque chose de diff\u00e9rent, que ce soit une autre aventure. Il n&rsquo;y a pas de raison de traiter la philosophie d&rsquo;une autre mani\u00e8re que l&rsquo;art ou la science. Des diff\u00e9rences il y en a mais elles ne sont pas au niveau qu&rsquo;on croit.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 le sch\u00e9ma du sch\u00e8me :<\/p>\n<p>Je fais un gros rond blanc en haut et je mets A de c\u00f4t\u00e9. Pour expliquer: ce gros rond blanc appel\u00e9 A c&rsquo;est le concept de a. Concept de a. Verticalement, je fais une ligne en pointill\u00e9s, surtout en pointill\u00e9s, garnie d&rsquo;une fl\u00e8che au bout, et au bout de la fl\u00e8che, en dessous, je mets a. Je m&rsquo;explique, mais pour ceux qui veulent le sch\u00e9ma complet : de a qui est en dessous de la fin de ma fl\u00e8che, je fais un trait plein cette fois-ci, une irradiation de petites fl\u00e9chettes, et sous chacune des petites fl\u00e9chettes, je mets a&rsquo;, a\u00a0\u00bb, a\u00a0\u00bb&rsquo;. Le grand A c&rsquo;est concept de a. Au bout de ma fl\u00e8che en pointill\u00e9s, j&rsquo;ai a, c&rsquo;est le sch\u00e8me de A, \u00e0 savoir la d\u00e9termination spatio-temporelle A. Si je prends un exemple : A, concept de cercle, a le rond ou le sch\u00e8me du cercle, c&rsquo;est \u00e0 dire la r\u00e8gle de production. Ensuite a&rsquo;, a\u00a0\u00bb, a\u00a0\u00bb&rsquo;, c&rsquo;est les choses empiriques qui sont conformes au sch\u00e8me, et ramen\u00e9es par le sch\u00e8me au concept. Donc a&rsquo; = assiette, a\u00a0\u00bb = roue, a\u00a0\u00bb&rsquo; = soleil, dans notre exemple pr\u00e9c\u00e9dent. Pourquoi est-ce que la fl\u00e8che qui va du concept au sch\u00e8me \u00e9tait en pointill\u00e9s ? Pr\u00e9cis\u00e9ment pour indiquer subtilement que le symbole qu&rsquo;il oppose ou qu&rsquo;il distingue explicitement du sch\u00e8me dans la critique du jugement, et c&rsquo;est parmi les pages les plus admirables de Kant. Et bien \u00e7a va se compliquer et voici les deux sch\u00e9mas. A = concept. a = sch\u00e8me du concept, c&rsquo;est \u00e0 dire d\u00e9terminations spatio-temporelles. B, fl\u00e8che en pointill\u00e9s et b. Il nous faut \u00e7a pour faire un sch\u00e8me. Je donne les exemples.<\/p>\n<p>Premier exemple : A = le soleil. a = se lever (d\u00e9termination spatio-temporelle). Mettons que ce soit l&rsquo;auto-sch\u00e8me du concept. B, la vertu du concept, b : sch\u00e8me ou intuition = x ?<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me exemple : A = le soleil. a = se coucher. Vous voyez que c&rsquo;est deux sous-sch\u00e8mes, se lever et se coucher j&rsquo;aurais pu les prendre dans un seul sch\u00e8me. B = la mort. b = intuition = x de la mort.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me exemple : A = moulin. a = un type de moulin qui implique un certain espace-temps, c&rsquo;est \u00e0 dire pas le sch\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral de moulin, mais un certain sch\u00e8me correspondant \u00e0 une cat\u00e9gorie de moulins = moulin a bras. B = constitution despotique. b : : intuition = ? = x. J&rsquo;ai deux remarques \u00e0 faire si vous comprenez ces exemples. Il y aura symbolisation lorsque vous vous servez du sch\u00e8me ou de l&rsquo;intuition a, non pas par rapport au concept correspondant A, mais par rapport au concept tout \u00e0 fait diff\u00e9rent B pour lequel vous n&rsquo;avez pas d&rsquo;intuition de sch\u00e8me. A ce moment-l\u00e0 le sch\u00e8me cesse d&rsquo;\u00eatre une r\u00e8gle de production par rapport \u00e0 son concept, et devient une r\u00e8gle de r\u00e9flexion par rapport \u00e0 l&rsquo;autre concept. Si bien que vous avez l&rsquo;encha\u00eenement kantien : la synth\u00e8se renvoie \u00e0 une r\u00e8gle de recognition, le sch\u00e8me renvoie \u00e0 des r\u00e8gles de production, le symbole renvoie \u00e0 des r\u00e8gles de r\u00e9flexion.<br \/>\nPourquoi est-ce que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;intuition correspondant au concept ? Deux cas possibles : ou bien parce que je ne l&rsquo;ai pas en fait, parce que je manque des connaissances n\u00e9cessaires, mais je pourrais l&rsquo;avoir, je pourrais former un sch\u00e8me du concept B, tout simplement je n&rsquo;en ai pas les moyens. Ou bien en vertu de la nature sp\u00e9ciale de ce concept.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[ Compl\u00e9ment de lecture du\u00a0 cours de jacques-alain miller du 2 f\u00e9vrier 2011] Source : Sur le site Webdeleuze : DELEUZE \/ KANT &#8211; Cours \u00e0 Vincennes &#8211; 04\/04\/1978 [&#8230;] Le centre de tout ce que je voudrais dire aujourd&rsquo;hui &hellip; <a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/le-scheme-kantien-selon-deleuze\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"aside","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"Le sch\u00e8me kantien selon Deleuze:","jetpack_is_tweetstorm":false},"categories":[6,236],"tags":[40,41,82,104,173,190,191,193,194],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2zPSJ-1Q","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":471,"url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/sensibilite-kant\/","url_meta":{"origin":114,"position":0},"title":"L'\u00e9tude des structures de notre sensibilit\u00e9 permet \u00e0 Kant de donner un fondement \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie et \u00e0 l'arithm\u00e9tique. 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