{"id":1379,"date":"2011-04-08T14:50:03","date_gmt":"2011-04-08T12:50:03","guid":{"rendered":"http:\/\/empreintesdigitales.wordpress.com\/?p=1379"},"modified":"2021-06-14T10:43:42","modified_gmt":"2021-06-14T08:43:42","slug":"cours-jam-6-avril-itineraire-iteration-lacan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/04\/cours-jam-6-avril-itineraire-iteration-lacan\/","title":{"rendered":"X.  Itin\u00e9raire et it\u00e9ration de Lacan \/\/ imaginaire \u2192 symbolique  \u2192 r\u00e9el\u2013 6 avril"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1496 alignnone\" title=\"Mandelpart3\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/mandelpart3.jpg?w=600\" alt=\"\" width=\"540\" height=\"405\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/mandelpart3.jpg 1024w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/mandelpart3-300x225.jpg 300w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/mandelpart3-400x300.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><\/p>\n<p>Nous terminons aujourd\u2019hui une premi\u00e8re p\u00e9riode de ce cours qui reprendra le premier mercredi du mois de mai.<\/p>\n<p><strong>Voici longtemps que je lis Lacan et c\u2019est d\u2019ailleurs cette lecture qui m\u2019a conduit \u00e0 pratiquer la psychanalyse. <\/strong>D\u2019abord \u00e0 faire une cure, et ensuite, moi-m\u00eame, \u00e0 la pratiquer.&nbsp; Bien s\u00fbr il y a d\u2019autres d\u00e9terminations qui sont entr\u00e9es en jeu, mais, d\u2019o\u00f9 je vois la chose maintenant, c\u2019est tout de m\u00eame la lecture de Lacan qui a \u00e9t\u00e9 ce qui ma donn\u00e9 mon impulsion.<\/p>\n<p>Et, il y a un <strong>itin\u00e9raire<\/strong> de Lacan, c\u2019est la m\u00eame racine que le mot \u00ab&nbsp;<strong>it\u00e9ration<\/strong> \u00bb&nbsp; dont j\u2019ai fait usage. Mais, cet itin\u00e9raire n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 une simple it\u00e9ration, de la part de Lacan. Il n\u2019a pas r\u00e9p\u00e9t\u00e9 le m\u00eame. Encore que,&nbsp; sous un autre angle, on pourrait le dire. Il a toujours en d\u00e9finitive vis\u00e9, dans un vocabulaire diff\u00e9rent, dans divers cadres conceptuels, <strong>il a toujours vis\u00e9 le m\u00eame, le point exquis de la psychanalyse<\/strong>. Cet itin\u00e9raire de Lacan, celui de sa pens\u00e9e, pour autant que nous en avons le t\u00e9moignage, la trace dans ses propos et dans ses \u00e9crits, il m\u2019est arriv\u00e9 de le scander de 3 moments :<!--more--><\/p>\n<ul>\n<li>Le premier, M1, se d\u00e9pla\u00e7ant dans le registre de l\u2019<strong>imaginaire<\/strong>.<\/li>\n<li>Le second, M2, donnant la primaut\u00e9 au <strong>symbolique<\/strong> dans le ternaire, alors seulement con\u00e7u, de RSI, r\u00e9el-symbolique-imaginaire, qu\u2019il a introduit dans une conf\u00e9rence qui pr\u00e9c\u00e8de son \u00e9crit qu\u2019il consid\u00e9rait comme inaugural, \u00ab&nbsp;Fonction et champ de la parole et du langage&nbsp;\u00bb.<\/li>\n<li>Et troisi\u00e8mement, le dernier moment est orient\u00e9 par la cat\u00e9gorie du <strong>r\u00e9el<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>J\u2019ai per\u00e7u cette <strong>tripartition<\/strong> il y a d\u00e9j\u00e0 longtemps et, \u00e0 la reconsid\u00e9rer aujourd&rsquo;hui, elle me para\u00eet tout \u00e0 fait valide.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\"><strong> 1 \u2192 2&nbsp; \u2192 3<br \/>\n<\/strong><\/h3>\n<p><strong>Le premier moment, <\/strong>c\u2019est celui que Lacan consid\u00e8re comme le temps de ses ant\u00e9c\u00e9dents, sa pr\u00e9histoire (de son enseignement). Et il vous suffit d\u2019aller <strong>au dernier des textes de cette p\u00e9riode<\/strong>, tels qu\u2019ils sont r\u00e9unis dans le recueil des <em>\u00c9crits<\/em>, \u00e0 savoir celui qui est intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<strong>PROPOS SUR LA CAUSALIT\u00c9 PSYCHIQUE<\/strong>\u00ab\u00a0, pour v\u00e9rifier qu\u2019en effet son abord de la psychanalyse est tout entier du registre <strong> imaginaire<\/strong>. <del>Dans ce recueil ,<\/del><strong> C\u2019est le dernier texte de la p\u00e9riode,<\/strong> en d\u00e9pit de la chronologie, c\u2019est un texte de <strong>1946<\/strong> et Lacan&nbsp; recueille avant des textes ant\u00e9rieurs et post\u00e9rieurs, il faut donc croire qu\u2019il donne \u00e0 ce texte une valeur singuli\u00e8re, et qui est pr\u00e9cis\u00e9ment celle de mettre en valeur que tout alors pour lui se tient dans le registre imaginaire, et en particulier la causalit\u00e9 qui est en jeu, \u00e0 la fois dans la psychanalyse et dans la constitution m\u00eame de ce qu\u2019il appelle encore le psychisme. Voyez la partie trois de ce texte, qui commence page 178 et qui s\u2019intitule \u00ab Les effets psychiques du mode imaginaire&nbsp;\u00bb.&nbsp; \u00c0 le relire, alors que je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 comment\u00e9, et pas qu\u2019une fois, je suis frapp\u00e9 par cette combinaison d\u2019un appel \u00e0 l\u2019<strong>\u00e9thologie animale<\/strong> &#8211;&nbsp; la maturation de la cigogne, le comportement social du criquet p\u00e8lerin-, avec un <strong>sartrisme d\u2019\u00e9poque<\/strong>, l\u2019implication de ce que Jean-Paul Sartre \u00e0 cette date appelait \u00ab\u00a0le choix originaire\u00a0\u00bb, et dont il avait donn\u00e9 un exemple m\u00e9morable dans une petite monographie sur Baudelaire. Il n&rsquo;y vraiment que Lacan pour marier ainsi la r\u00e9f\u00e9rence animale \u00e0 la postulation la plus \u00e9chevel\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9 absolue de ce que tous les deux, Sartre et lui, appelaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque, la \u00ab&nbsp;r\u00e9alit\u00e9 humaine&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Le second moment,<\/strong> c\u2019est, ce qu\u2019on appelle l\u2019enseignement et ce qu\u2019on a retenu \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p><strong>Alors que le troisi\u00e8me, <\/strong>c\u2019est vraiment l\u2019envers du lacanisme. J\u2019ai appel\u00e9 \u00e7a le dernier et le tout dernier enseignement. L\u00e0, Lacan, sort de Lacan. Il d\u00e9montre qu\u2019il n\u2019est pas prisonnier de son propre enseignement. Et, il accomplit une t\u00e2che qui aurait pu revenir \u00e0 ses critiques les plus acerbes. C\u2019est dire qu\u2019il met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve ses propres pr\u00e9misses. Et ce que je peux, il me semble, aujourd\u2019hui pr\u00e9ciser, c\u2019est <em>quand <\/em>\u00e7a commence. Ce passage \u00e0 l\u2019envers. Il me semble que \u00e7a <strong>commence avec sa prof\u00e9ration \u00ab\u00a0YAD&rsquo;LUN\u00a0\u00bb<\/strong>. Avec la supr\u00e9matie de l\u2019Un du signifiant comme existant.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\"><strong><strong>1 \u2192 2 <\/strong><\/strong><\/h3>\n<p><strong>Et donc, si aujourd\u2019hui j\u2019avais \u00e0 r\u00e9sumer l\u2019itin\u00e9raire de Lacan, je pourrais dire qu\u2019il va de l\u2019ontologie \u00e0 l\u2019h\u00e9nologie<\/strong>. De l\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019Un. Et que l\u2019angle qu\u2019on peut prendre sur la pratique analytique varie singuli\u00e8rement selon qu\u2019on l\u2019ordonne \u00e0 l\u2019\u00eatre ou \u00e0 l\u2019Un.<\/p>\n<p>Pourtant, j\u2019ai dit aussi que je consid\u00e9rais encore ma tripartition comme valide. Et donc, j\u2019ai \u00e0 me demander comment on passe ainsi de trois scansions \u00e0 deux. Eh bien, on peut y passer parce que M1 et M2 rel\u00e8vent tous les deux de la perspective ontologique. Et c\u2019est seulement avec le moment du r\u00e9el que Lacan l\u2019abandonne, la relativise, son ontologie.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">M1<\/h3>\n<p><strong>D\u00e8s M1 &#8211; j\u2019ai relu dans cette perspective les textes aff\u00e9rents -, il est \u00e9vident que Lacan fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00eatre <\/strong>et qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 pleinement <strong>h\u00e9gelien <\/strong>dans son moment imaginaire. D\u00e8s l\u2019abord, Lacan a pens\u00e9 la psychanalyse en termes dialectiques, et pr\u00e9cis\u00e9ment la fonction du d\u00e9sir sous les esp\u00e8ces qu\u2019avait d\u00e9gag\u00e9 son ma\u00eetre <strong>Koj\u00e8ve<\/strong>, le bien connu aujourd\u2019hui \u00ab&nbsp;d\u00e9sir de faire reconna\u00eetre son d\u00e9sir&nbsp;\u00bb.&nbsp; Et c\u2019est dans ce cadre qu\u2019il lit Freud. On peut vraiment dire qu\u2019il lit <strong>Freud avec Hegel.<\/strong> Comme il parlera plus tard de lire Kant avec Sade. Comme instrument. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il injecte dans l\u2019\u00e9laboration de Freud un \u00e9l\u00e9ment qui n\u2019y figure nullement : le d\u00e9sir comme d\u00e9sir de faire reconna\u00eetre son d\u00e9sir. Ce qui est d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablir le d\u00e9sir comme d\u00e9sir de l\u2019Autre. Et ce qui est installer d\u2019embl\u00e9e le sujet dans la m\u00e9diation. Le vouer \u00e0 la m\u00e9diation. Et par l\u00e0, le vouer \u00e0 la dialectique. Cette dialectique est celle de l\u2019\u00eatre de l\u2019homme, il emploie cette expression, et la m\u00e9diation par laquelle elle passe ouvre sur, \u00e9merge dans une synth\u00e8se, une synth\u00e8se qui est celle, h\u00e9g\u00e9lienne<strong>, de la particularit\u00e9 et de l\u2019universel.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>fin d&rsquo;analyse en M1<\/em><\/p>\n<p><strong>De telle sorte que Lacan peut d\u00e9finir&nbsp; alors la fin d\u2019une analyse <\/strong>comme l\u2019universalisation par l\u2019homme de sa particularit\u00e9. Cette universalisation comporte qu\u2019il reconnaisse ce qui dans sa particularit\u00e9 est mensonge dont seul l\u2019universel donne la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignright\" style=\"margin: 15px 20px;\" title=\"Michelangelo Caravaggio \" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/michelangelo_caravaggio_065.jpg?w=494\" alt=\"\" width=\"277\" height=\"336\">Dans ce cadre conceptuel h\u00e9g\u00e9lien, <strong>la particularit\u00e9 a son nom freudien. C\u2019est le narcissisme. <\/strong>Et donc lisant Freud avec Hegel, Lacan est amen\u00e9 \u00e0 concevoir la fin de l\u2019analyse comme une&nbsp; <strong>travers\u00e9e du narcissisme<\/strong>, en tant que ce rapport foncier \u00e0 l\u2019image de soi fait \u00e9cran \u00e0 l\u2019universel, o\u00f9 il n\u2019y a pas, o\u00f9 il n\u2019y a plus moi tout seul avec mon image, mais o\u00f9 il y a tous, ou chacun. Et donc la fin de l\u2019analyse, c\u2019est, en somme : <strong>Comment puis-je \u00eatre compatible avec les autres&nbsp;? et par l\u00e0 avec l\u2019ordre du monde ? <\/strong> Sans renoncer \u00e0 ma particularit\u00e9, mais tout de m\u00eame en la transformant, en la modelant.<\/p>\n<p>Il y a aussi, un autre obstacle \u00e0 surmonter dans la particularit\u00e9 du narcissisme, c\u2019est qu\u2019il est au fond d\u00e9fini alors par Lacan comme <strong>mortif\u00e8re,<\/strong> et en r\u00e9f\u00e9rence au mythe de Narcisse qui, captiv\u00e9 par son image, bascule dans l\u2019eau et s\u2019y noie. C\u2019est ce que Lacan souligne d\u2019un rapport foncier de l\u2019image \u00e0 la tendance suicide, et o\u00f9 il articule la pulsion de mort freudienne \u00e0 l\u2019imaginaire. Derri\u00e8re le narcissisme il y a la mort.<\/p>\n<p>Donc, il y a quelque chose \u00e0 traverser aussi de la mort, pour franchir le narcissisme.<\/p>\n<p>Dans ce cadre-l\u00e0, &nbsp;<strong>la fonction de la r\u00e9p\u00e9tition <\/strong>peut \u00eatre par lui qualifi\u00e9e, voyez page 187 &#8211; au point o\u00f9 nous en sommes, o\u00f9 Lacan nous a amen\u00e9s, \u00e7a nous laisse r\u00eaveurs, nous fait sourire &#8211; de <strong>lib\u00e9ratoire<\/strong>. D\u00e9j\u00e0 Lacan avait rep\u00e9r\u00e9 le <em>Fort-Da<\/em> dans l\u2019Au-del\u00e0 du principe du plaisir, mais il consid\u00e9rait que dans ce jeu l\u2019enfant se lib\u00e9rait de tout lien avec la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019objet qu\u2019il perd par la s\u00e9paration, par le sevrage. Que la r\u00e9p\u00e9tition signifiante \u00e9tait id\u00e9alisante. Et c\u2019est ainsi qu\u2019il analyse ce qu\u2019il rep\u00e8re en effet comme le caract\u00e8re it\u00e9ratif du jeu infantile. Il a valeur de lib\u00e9ration. C\u2019est une libert\u00e9 de ma\u00eetre. L\u2019enfant est suppos\u00e9 ma\u00eetriser sa perte en la jouant, en la d\u00e9mat\u00e9rialisant, en la convertissant en semblants.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">M2<\/h3>\n<p><strong>Alors, ensuite en effet nous avons M 2, <\/strong>le moment que Lacan a si fort accentu\u00e9 comme \u00e9tant celui o\u00f9 \u00ab&nbsp;<strong>Je commence, pour de vrai <\/strong>\u00bb, et qu\u2019il assign\u00e9 \u00e0 son \u00ab\u00a0<strong>RAPPORT DE ROME<\/strong>\u00ab\u00a0, sur langage et parole (\u00ab\u00a0Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse\u00a0\u00bb, 1956). Et en effet, c\u2019est le premier \u00e9crit o\u00f9 Lacan <strong>affirme la primaut\u00e9 du symbolique<\/strong> et donc nie celle de l\u2019imaginaire. Il surclasse l\u2019imaginaire par le symbolique, il attribue au symbolique la causalit\u00e9 en jeu. Et par l\u00e0 m\u00eame, il <strong>met en question le sujet \u00e0 proprement parler<\/strong>, il en cr\u00e9e le nom, c\u2019est-\u00e0-dire que \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Moi dont l\u2019instance r\u00e9pond au narcissisme, il inscrit le sujet, comme sujet de la parole, sujet du langage, sujet de l\u2019inconscient &#8211; auquel il donnera plus tard le symbole Sbarr\u00e9.<\/p>\n<p>Ceci, commence en effet M2 et bien des fois j\u2019ai accentu\u00e9 ce moment, sa valeur de&nbsp;scansion.<\/p>\n<p><strong>Mais, ce qui me frappe davantage aujourd\u2019hui c\u2019est la continuit\u00e9 entre M1 et M2.<\/strong> Et en particulier la <strong>permanence du cadre h\u00e9g\u00e9lien <\/strong>dans lequel Lacan saisit \u00e0&nbsp; la fois l\u2019\u0153uvre de Freud et l\u2019exp\u00e9rience de la psychanalyse. D\u2019abord, cette novation que constitue la primaut\u00e9 du symbolique, n\u2019emp\u00eache pas que le pouvoir est enti\u00e8rement pr\u00e9serv\u00e9 de la <strong>dialectique <\/strong>et d\u2019une dialectique <strong>fonci\u00e8rement trans-individuelle qui d\u00e9bouche sur l\u2019universel.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>fin d&rsquo;analyse en M2 (1)<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>De telle sorte que &nbsp;la fin de l\u2019analyse continue d\u2019\u00eatre pens\u00e9e comme universalisation. Et, en particulier dans le \u00ab&nbsp;Rapport de Rome&nbsp;\u00bb, Lacan peut \u00e9crire qu&rsquo;\u00e0 la fin de l\u2019analyse <strong>la satisfaction du sujet trouve \u00e0 se r\u00e9aliser dans la satisfaction de chacun. <\/strong>Vraiment, c\u2019est vraiment \u00e9norme, c\u2019est vraiment supposer une satisfaction absolue, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du savoir absolu, une satisfaction absolue d\u2019une merveilleuse harmonie de chacun avec chacun. On voit bien que l\u00e0, Lacan n\u2019a pas encore focalis\u00e9 sur <em>la chacune,<\/em> si je puis dire &#8211; c\u2019est une certaine objection, c\u2019est une certaine difficult\u00e9 &nbsp;\u00e0 l\u2019universalisation de la satisfaction. Alors, il limite ses ambitions, il n\u2019emporte pas l\u2019humanit\u00e9 dans son r\u00eave d\u2019harmonie, il importe seulement tous ceux \u00ab\u00a0que la satisfaction du sujet associe dans une \u0153uvre humaine\u00a0\u00bb. Je dois dire que, tout en \u00e9tant plus limit\u00e9, \u00e7a reste quand m\u00eame tr\u00e8s perplexifiant. On n\u2019aper\u00e7oit pas exactement que ceux qui s\u2019associent dans une \u0153uvre humaine, que ce soit une \u00e9cole ou un parti, &nbsp;brillent par la compatibilit\u00e9 de leur satisfaction.&nbsp;Et, \u00e0 l\u2019horizon il y a,&nbsp; p. 321,<strong> l\u2019id\u00e9e de rejoindre \u00ab&nbsp;la subjectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque&nbsp;\u00bb<\/strong> .<\/p>\n<p>C\u2019est vrai qu\u2019\u00e0 \u00e9poque o\u00f9 Lacan \u00e9crivait, il y avait encore une \u00ab&nbsp;subjectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9poque formait encore un monde un peu ordonn\u00e9. Aujourd\u2019hui on ne pourrait plus \u00e9crire au singulier \u00ab\u00a0la subjectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque\u00a0\u00bb. On aper\u00e7oit qu\u2019au contraire l\u2019\u00e9poque est subjectiv\u00e9e de fa\u00e7on singuli\u00e8rement comp\u00e9titive et conflictuelle, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on a appel\u00e9 le conflit des civilisations. Mais Lacan \u00e9crit \u00e0 une \u00e9poque qui, pour commencer \u00e0 devenir post-coloniale, est quand m\u00eame fortement marqu\u00e9e par le r\u00eave d\u2019Empire. D\u2019ailleurs Lacan avait, il a l\u2019\u00e9crit, le plus grand respect pour la formation des Empires, qui rendent apparemment compatibles pr\u00e9cis\u00e9ment des satisfactions h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Des cultures qui organisent des cultures, des langues, des religions&nbsp; diff\u00e9rentes. Il annon\u00e7ait d\u2019ailleurs qu\u2019il viendrait le temps o\u00f9 on les regretterait, ces empires. On constate que l\u2019\u00e9poque post-imp\u00e9riale effectivement inhibe la formation d\u2019une subjectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p><strong>Donc, premi\u00e8rement, disais-je, le pouvoir est pr\u00e9serv\u00e9 de la dialectique, et deuxi\u00e8mement, sur le chemin de l\u2019universalit\u00e9, on continue de rencontrer la mort. <\/strong>En tant que le d\u00e9passement de la particularit\u00e9, de la particularit\u00e9 narcissique, passe par ce qu\u2019on pourrait appeler une mort du sujet. Apr\u00e8s quoi, on esp\u00e8re qu\u2019elle soit&nbsp;relev\u00e9e par l\u2019<em>Aufhebung<\/em> h\u00e9g\u00e9lien et qu\u2019elle se surmonte dans l\u2019universalit\u00e9. <strong>La particularit\u00e9 p\u00e9rit pour que surgisse l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019universalit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Et alors Lacan, pour continuer \u00e0 indexer sa pens\u00e9 de noms de philosophes, est en m\u00eame temps <strong>attir\u00e9 par la version heidegg\u00e9rienne de la mort<\/strong>. Celle que comporte le concept de \u00eatre-pour-la-mort. Et, la mort heidegg\u00e9rienne, telle qu\u2019elle est d\u00e9finie dans l\u2019ouvrage <em>Sein und Zeit<\/em> auquel Lacan se r\u00e9f\u00e8re, cette mort ne se laisse pas relever dans aucune universalit\u00e9, c\u2019est une<strong> mort solitaire et d\u00e9finitive<\/strong>. C\u2019est une mort de pure finitude, sans le r\u00eave d\u2019infinitude et d\u2019absoluit\u00e9 qu\u2019elle comporte&nbsp; chez Hegel. Et, avec l\u2019audace conceptuelle que nous lui connaissons, \u00e7a n\u2019arr\u00eate pas Lacan que d\u2019un c\u00f4t\u00e9 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un philosophe qui r\u00eave d\u2019une synth\u00e8se de la particularit\u00e9 et de l\u2019universalit\u00e9, et de l\u2019autre \u00e0 un philosophe pour qui cette synth\u00e8se est pr\u00e9cis\u00e9ment impossible. Et Lacan donc de r\u00eaver que sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019analyse se&nbsp; conjuguent, on se demande par quel miracle, le sujet du savoir absolu &#8211; Hegel -, avec l\u2019homme du souci &#8211; Heidegger. Vraiment, le lacanisme, s&rsquo;il n&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 que \u00e7a serait un syncr\u00e9tisme.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019on observe, par la suite,&nbsp; c\u2019est disons <strong>une bascule heideggerienne de Lacan<\/strong>. C\u2019est-\u00e0-dire que le th\u00e8me de l\u2019universalisation recule, alors que s\u2019impose la vision de <strong>solitude essentielle du sujet<\/strong>. De telle sorte que la travers\u00e9e du narcissisme qui continue d\u2019\u00eatre la boussole de Lacan concernant la fin de l\u2019analyse, se traduit par la subjectivation de sa mort par l\u2019analysant. C\u2019est-\u00e0-dire, la fin de l\u2019analyse ce serait d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00eatre-pour-la-mort, d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la conception, \u00e0 la conscience, \u00e0 l\u2019assomption de son statut d\u2019\u00eatre&nbsp; comme \u00eatre-pour-la-mort. Une fois dissip\u00e9s les mirages imaginaires du narcissisme, le reste c\u2019est la figure de la mort, la figure irrepr\u00e9sentable de la mort, comme seul ma\u00eetre que puisse se reconna\u00eetre un analyste. Dont l&rsquo;op\u00e9ration ainsi se d\u00e9velopperait sous&nbsp; le regard de sa propre mort.&nbsp; Et, toutes les harmoniques d\u2019un certain path\u00e9tique sont alors mobilis\u00e9s par Lacan. Ce path\u00e9tique dont le dernier Lacan aura horreur. Et qui, \u00e0 la date o\u00f9 ces textes \u00e9taient \u00e9crits, faisait vibrer les r\u00e9sonances de la culture du moment.<\/p>\n<p><strong>Si on suit son itin\u00e9raire, on voit bien que \u00e7a va dans le sens d\u2019une certaine dessiccation.<\/strong> Lorsque Lacan essaie d\u2019articuler la fin de l\u2019analyse au terme de son \u00e9crit de \u00ab\u00a0La direction de la cure\u00a0\u00bb, au fond, on observe dans son discours une <strong>mutation de la mort en n\u00e9ant<\/strong>. L\u2019au-del\u00e0 du narcissisme perd le path\u00e9tique de la mort pour la s\u00e9cheresse du terme \u00ab&nbsp;n\u00e9ant&nbsp;\u00bb, ou du terme \u00ab&nbsp;manque&nbsp;\u00bb. \u00c7a passe de la mort au manque, c\u2019est l\u00e0 que peut dire Lacan, comme je l\u2019ai expliqu\u00e9 la derni\u00e8re fois, que l\u2019interpr\u00e9tation pointe vers&nbsp; \u00ab&nbsp;l\u2019horizon d\u00e9shabit\u00e9 de l\u2019\u00eatre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Et, les <strong>harmoniques <\/strong>qui auparavant \u00e9taient celles de la port\u00e9e mortif\u00e8re &nbsp;du narcissisme, se convertissent dans les harmoniques, si je puis dire, <strong>du silence relatif \u00e0 la parole<\/strong> &#8211; \u00e0 savoir, dans <strong>la position d\u2019un impossible \u00e0 dire.<\/strong> Le dernier mot sur le d\u00e9sir est impossible \u00e0 dire. Le d\u00e9sir est incompatible avec la parole. Voil\u00e0 autant de d\u00e9formations comme topologiques du m\u00eame point que j\u2019appellerais d\u00e9j\u00e0 d\u2019ex-sistence, en l&rsquo;\u00e9crivant comme Lacan l\u2019\u00e9crivait en faisant valoir le \u00ab\u00a0ex\u00a0\u00bb de ex-sistence, un point qui subsiste \u00ab\u00a0hors de\u00a0\u00bb, variation qui lui a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par Heidegger qui \u00e9crit \u00ab\u00a0ek-sistence\u00a0\u00bb, avec \u00ab&nbsp;ek&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Donc, <strong>on voit revenir le m\u00eame point d\u2019ex-sistence <del>(au dessous),<\/del> de la fin de l\u2019analyse <\/strong>baptis\u00e9 de noms diff\u00e9rents et <strong>chaque fois plus sec, chaque fois plus formel. <\/strong>C\u2019est dans la mesure o\u00f9 il y aurait un impossible \u00e0 dire que l\u2019interpr\u00e9tation se fait allusive, c\u2019est-\u00e0-dire porte <em>\u00e0 c\u00f4t\u00e9 <\/em>de l\u2019\u00eatre, elle porte alors sur le par-\u00eatre, avec un tiret, pour reprendre une \u00e9criture que Lacan a d\u00e9velopp\u00e9 bien plus tard.<\/p>\n<p>Donc tout cela, dans tout cet effort pour situer <strong>le point d\u2019ex-sistence o\u00f9 se termine l\u2019analyse<\/strong>, pas question encore de la <strong>jouissance<\/strong>.<\/p>\n<p>C\u2019est bien parce qu\u2019elle est dans cette perspective exclue, que Lacan la fait revenir d\u2019une fa\u00e7on sensationnelle avec son <em>s\u00e9minaire VII<\/em>, l&rsquo;<em>\u00c9thique de la psychanalyse<\/em>. &nbsp;On peut dire qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9labor\u00e9 les formations de l&rsquo;inconscient, <em>s\u00e9minaire V<\/em>, et avoir d\u00e9duit la direction de la cure qu\u2019elle comporte, <em>s\u00e9minaire VI <\/em>sur le d\u00e9sir et son interpr\u00e9tation, c\u2019est apr\u00e8s \u00e7a que Lacan fait<strong> retour \u00e0 la pulsion et s\u2019oblige \u00e0 repenser la pulsion freudienne.<\/strong> Dans la mesure o\u00f9 la pulsion, il ne l\u2019a jamais inscrite au registre des formations de l\u2019inconscient. Il&nbsp; l\u2018a fait pour le sympt\u00f4me, peu ou prou, m&rsquo;enfin il l\u2019a inscrit dans les formations de l\u2019inconscient.<\/p>\n<p>Mais la pulsion, il y a <strong>quelque chose dans la pulsion freudienne de trop puissant <\/strong>pour pouvoir \u00eatre inscrit au registre de ces formations de l\u2019inconscient. Alors, il faut bien dire que le trait le plus \u00e9vident, mis \u00e0 part le sympt\u00f4me, c\u2019est le&nbsp; caract\u00e8re fugitif &#8211; les r\u00eaves s\u2019oublient, s\u2019effacent, le lapsus fulgure, l\u2019acte manqu\u00e9 tr\u00e9buche, le mot d\u2019esprit, c\u2019est une saillie. On voit bien qu\u2019ils sont d\u2019une ontologie sp\u00e9cialement fragile, et c\u2019est bien ce qui fait que le sympt\u00f4me , si on peut l\u2019inscrire dans les formations de inconscient, c&rsquo;est parce qu\u2019il se d\u00e9chiffre comme se d\u00e9chiffrent les formations de l\u2019inconscient, il se d\u00e9chiffre entre guillemets comme un r\u00eave. \u00c9videmment il appara\u00eet d\u2019une ontologie plus stable, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il comporte une <strong>r\u00e9p\u00e9tition<\/strong>, et d\u00e8s que les formations de l\u2019inconscient se r\u00e9p\u00e8tent, elles ont tendance \u00e0 changer de registre. Quand vous avez un r\u00eave r\u00e9p\u00e9titif, vous avez devant les yeux l\u2019\u00e9vidence d\u2019un trauma. Un acte manqu\u00e9, une fois \u00e7a va bien. Mais, si vous faites toujours le m\u00eame acte manqu\u00e9, \u00e7a devient un trouble de comportement, c\u2019est-\u00e0-dire un sympt\u00f4me. Et au dessus de \u00e7a, la pulsion.<\/p>\n<p>Lacan n\u2019a jamais pens\u00e9 en faire une formation de l&rsquo;inconscient, m\u00eame si dans son&nbsp; graphe du d\u00e9sir, il lui a donn\u00e9 la m\u00eame structure que les formations de l\u2019inconscient, simplement au niveau sup\u00e9rieur. Il a donn\u00e9 la m\u00eame structure \u00e0 la pulsion, mais en disant, elle a un autre vocabulaire et elle a un autre point de capiton, celui qu\u2019il a appel\u00e9 grandS de Abarr\u00e9, qui est vraiment le point de capiton des pulsions, et qui \u00e9crit ce qui ne peut pas se dire. Cet impossible est marqu\u00e9 par la barre qui raye le A comme lieu du signifiant, mais hors de ce lieu on peut quand m\u00eame \u00e9crire que \u00e7a ne peut pas se dire. Ce qui ne peut pas se dire peut quand m\u00eame s\u2019\u00e9crire.<\/p>\n<p>Donc, Lacan a d\u2019abord<strong> fait revenir la jouissance dans son<em> s\u00e9minaire VII<\/em><\/strong>.&nbsp; Et dans le m\u00eame mouvement &#8211; l\u00e0 les s\u00e9minaires vont par deux-, dans le s\u00e9minaire suivant, pr\u00e9cis\u00e9ment il investit ce qu\u2019il a situ\u00e9 de la jouissance, il l\u2019investit dans une <strong>\u00e9laboration sur le transfert<\/strong>. Dans le<em> s\u00e9minaire VII<\/em>, vous avez le monstrueux <em>das Ding<\/em>, en quelque sorte informe, dont il n&rsquo;est pas si clair ce qu&rsquo;il y a lieu d\u2019en faire si on veut op\u00e9rer correctement, et dans le s\u00e9minaire suivant, <strong><em>das Ding<\/em> devient l\u2019objet petit <em>a<\/em>.<\/strong> Et avec l\u2019objet petit <em>a<\/em> \u00e0 cette date Lacan explique quoi faire avec. Comment <em>das Ding<\/em> est pr\u00e9sent dans l\u2019exp\u00e9rience analytique sous cette modalit\u00e9-l\u00e0, et que sous les effets de petit <em>a<\/em>, la jouissance est maniable dans l\u2019analyse. Elle est maniable comme objet, comme objet cach\u00e9, et m\u00eame comme savoir cach\u00e9. Et que \u00e7a, \u00e7a a la m\u00eame valeur.<\/p>\n<p>Et c\u2019est alors que Lacan peut installer comme au sommet de la pyramide, et aussi comme l\u2019os du processus analytique <strong>le fantasme qui associe le sujet de la parole et la jouissance sous les esp\u00e8ces de l\u2019objet <em>a<\/em>. C\u2019est la jouissance comme significative et comme imaginaire. <\/strong>C\u2019est pourquoi le fantasme est alors une formation qui prend la forme d\u2019un sc\u00e9nario, lui-m\u00eame articul\u00e9 \u00e0 moins phi, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la castration imaginaire. C\u2019est-\u00e0-dire comme une conjonction du symbolique et de l\u2019imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>fin d&rsquo;analyse en M2 (2) passe<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>Alors, ce sont deux registres diff\u00e9rents, mais au fond qui ont quelque chose en commun, <strong>que les deux font sens<\/strong>. C\u2019est comme les 3 scansions que je ram\u00e8ne \u00e0 2, symbolique, r\u00e9el et imaginaire, \u00e7a fait 3, sauf que symbolique et imaginaire, les 2 \u00e7a fait sens. Et que c&rsquo;est \u00e7a qui aimante Lacan vers la position du fantasme. Avec le <strong>fantasme<\/strong>, nous avons une <strong>nouvelle \u00e9dition de ce que Lacan, avant, nous pr\u00e9sentait comme le narcissisme, <\/strong>comme la case du narcissisme \u00e0 franchir pour que le sujet se lib\u00e8re. Ici, dans le fantasme le sujet de la parole est comme prisonnier des mirages imaginaires de la jouissance. <strong>Et donc ce que Lacan appel\u00e9 la passe, <\/strong>c&rsquo;est, je vais utiliser le m\u00eame adjectif qui m&rsquo;a saut\u00e9 aux yeux quand j&rsquo;ai relu \u00ab\u00a0Le propos sur la causalit\u00e9 psychique\u00a0\u00bb, la passe est con\u00e7ue comme la travers\u00e9e lib\u00e9ratoire du fantasme, suppos\u00e9e rendre sa libert\u00e9 au sujet de la parole qui se trouvait captif de l&rsquo;inertie de la jouissance imaginaire, qui&nbsp; se trouvait comme gel\u00e9 dans la m\u00eame jouissance. Et, ce que Lacan a appel\u00e9 le fantasme fondamental, ce que Lacan a appel\u00e9 une fois le fantasme fondamental, \u00e7a indique qu&rsquo;il visait le rapport sujet de la parole \u00e0 la jouissance.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: right;\">M3 et Un<\/h3>\n<p>Et d\u2019une certaine fa\u00e7on, je suis pass\u00e9 <strong>de trois moments <\/strong>de l\u2019itin\u00e9raire de Lacan<strong> \u00e0 deux<\/strong>, mais, je pourrais passer <strong>\u00e0 un.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dire qu\u2019il y a une seule chose qui l\u2019a obs\u00e9d\u00e9 du d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 la fin, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce rapport de la parole et de la jouissance.<\/strong> Et ce qu\u2019il a d\u2019abord pens\u00e9 \u00e0 partir du narcissisme, \u00e0 partir de l\u2019imaginaire, il l\u2019a pens\u00e9 ensuite \u00e0 partir du fantasme.<\/p>\n<p><strong>Et vient le moment du r\u00e9el, <\/strong>le moment o\u00f9 au fond&nbsp;ce qui l\u2019arr\u00eate, <strong>c\u2019est ce qu\u2019il sait des limites de cette lib\u00e9ration du fantasme<\/strong> &#8211;&nbsp; et c\u2019est bien ce qui avait retenu Freud aussi, de dire que l\u2019analyse avait une fin naturelle, ce qui a l\u2019oblig\u00e9 \u00e0 rallonger son titre&nbsp; : finie\u2026 et infinie &#8211; elle s\u2019arr\u00eate, mais il faut bien qu\u2019elle reprenne.<\/p>\n<p>Freud distingue trois capteurs qui d\u00e9terminent ce qu\u2019il appelle les chances de la th\u00e9rapie analytique :&nbsp;le traumatisme, et l\u2019influence qu\u2019il peut avoir, la pulsion, les pulsions, et leurs forces constitutionnelles, et la modification de jouissance. Et il s\u2019arr\u00eate <strong>sp\u00e9cialement sur la force de la pulsion,<\/strong> et sur ce qu\u2019il lui attribue de puissance irr\u00e9sistible dans la causation de la maladie. Et ce que Freud au fond dit l\u00e0, c\u2019est l\u2019incidence de la jouissance, dans les termes dont nous faisons usage aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Et, cette jouissance, au fond Lacan s\u2019est \u00e9puis\u00e9 \u00e0 la penser comme imaginaire, d\u00e8s le moment o\u00f9 il a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire sur la psychanalyse, \u00e0 travers M1 et M2, \u00e0 travers toutes les scansions et les avanc\u00e9es, il s\u2019est orient\u00e9, quand m\u00eame fonci\u00e8rement sur le narcissisme.<\/p>\n<p>Et donc, il a d\u00e9fini par l\u00e0 la jouissance \u00e0 partir du corps, mais \u00e0 partir du corps en tant que vu, du corps pr\u00e9sent par sa forme, du corps du stade du miroir. Chez Lacan, le corps c\u2019\u00e9tait avant tout ce qui se voit. A la diff\u00e9rence de l\u2019organisme. Et c\u2019est l\u00e0 que se fait au fond une bascule essentielle, <strong>quand la jouissance, il est comme forc\u00e9 de la faire basculer dans le registre du r\u00e9el. D\u00e9finie par le corps sans doute mais par un corps qui est tout entier situ\u00e9 par la sui-jouissance, par le fait qu\u2019il se jouit,<\/strong> disons sans m\u00e9diation pr\u00e9cis\u00e9ment, sans la m\u00e9diation de l\u2019autre qui voit, m\u00eame si c\u2019est autre c\u2019est moi-m\u00eame. Le stade du miroir, tel que Lacan en plus l\u2019a \u00e9crit, c\u2019est un ph\u00e9nom\u00e8ne dialectique, o\u00f9 \u00ab&nbsp;je me vois comme l\u2019autre me voit&nbsp;\u00bb. Il en va tout autrement si on d\u00e9finit le corps \u00e0 partir de sa jouissance de lui-m\u00eame. L\u00e0, on bute sur un terme qui est imm\u00e9diat et qui ne fait pas appel \u00e0 l\u2019autre. Et par l\u00e0, disons \u00e0 partir du moment o\u00f9 la jouissance bascule dans le registre du r\u00e9el, \u00e0 partir du moment o\u00f9 on n\u2019arrive plus \u00e0 l\u2019appareiller dans le registre imaginaire, o\u00f9 l\u2019appareiller dans registre imaginaire pr\u00e9cis\u00e9ment laisse des restes symptomatiques, que constate-t-on&nbsp;? <strong>Alors l\u2019enjeu de l\u2019exp\u00e9rience passe du fantasme au sympt\u00f4me. <\/strong>Si on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la force de la pulsion, si on suit Freud, alors disons que le fantasme c\u2019est une formation imaginaire de la jouissance. Tandis que le sympt\u00f4me, c\u2019est une production r\u00e9elle\u2026 Et l\u2019incidence du r\u00e9el rejette <strong>l\u2019ontologie dans l\u2019imaginaire <\/strong>&#8211; tout ce qui est de l\u2019ordre de l\u2019\u00eatre, toute la dialectique de l\u2019\u00eatre qui d\u00e9bouchait en d\u00e9finitive sur le n\u00e9ant, sur un n\u00e9ant. C\u2019est bien ce que comporte que Lacan ait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 faire du sujet de l\u2019inconscient et de l\u2019inconscient lui-m\u00eame <strong>des suppos\u00e9s<\/strong>, \u00e0 les inscrire dans le registre de la supposition, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019indication de Freud, pour qui l\u2019inconscient c\u2019\u00e9tait une hypoth\u00e8se, une hypoth\u00e8se n\u00e9cessaire, mais une hypoth\u00e8se. Et par rapport \u00e0 quoi s\u2019inscrit et s\u2019inscrit en faux, l\u2019incidence d\u2019un r\u00e9el qui revient \u00e0 la m\u00eame place, qui it\u00e8re \u00e0 la m\u00eame place \u2013 \u00ab it\u00e8re&nbsp;\u00bb, &nbsp;le verbe,&nbsp; au sens de l\u2019it\u00e9ratif, et pr\u00e9cis\u00e9ment pas de l\u2019itin\u00e9raire.<\/p>\n<p><strong>Dans son s\u00e9minaire XXII, &nbsp;fin 1975, <\/strong>donc avant le s\u00e9minaire &nbsp;du <em>Sinthome<\/em>, Lacan posait encore la question, et c\u2019\u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s l\u00e0-dessus qu\u2019il terminait son s\u00e9minaire&nbsp;:&nbsp; \u00ab&nbsp;<strong>est-ce \u00e0 dire que comme tout suppos\u00e9, l\u2019inconscient soit imaginaire&nbsp;? <\/strong>\u00bb &nbsp;C\u2019est le sens m\u00eame du mot sujet&nbsp;: &nbsp;suppos\u00e9 comme imaginaire. Donc, on voit l\u2019\u00e9branlement que produit sur l\u2019appareil conceptuel l\u2019incidence du r\u00e9el, puisqu\u2019au fond c\u2019est \u00e0 faire clairement passer l\u2019inconscient, d\u00e9fini comme sujet suppos\u00e9 savoir, faire passer l\u2019inconscient au registre de l\u2019imaginaire, au registre du mirage, comme le lieu de ce que Lacan appellera la v\u00e9rit\u00e9 menteuse. On sait que l\u2019inconscient peut mentir, on a dans Freud les exemples classiques de la chose. Est-ce \u00e0 dire que l\u2019inconscient est imaginaire. Et on voit bien que dans son dernier enseignement Lacan s\u2019avance jusqu\u2019\u00e0 cette question, jusqu\u2019\u00e0 cette question de savoir si l\u2019inconscient n\u2019est pas un mirage. Si l\u2019inconscient ne rel\u00e8verait pas apr\u00e8s tout du d\u00e9lire \u00e0 deux, produisant une grande satisfaction, et d\u2019ailleurs rejoignant la satisfaction d\u2019une toute une communaut\u00e9, qui r\u00e9aliserait ainsi l\u2019objectif de synth\u00e8se de la particularit\u00e9 \u00e0 universalit\u00e9 que Lacan visait au d\u00e9but.&nbsp; En effet, pour \u00eatre cr\u00fb, &nbsp;ce qui se d\u00e9couvre \u00e0 Lacan dans la derni\u00e8re partie de son enseignement, c\u2019est que l\u2019ontologie n\u2019est qu\u2019imaginaire. <strong>Que la dialectique, le d\u00e9sir, c\u2019est fonci\u00e8rement imaginaire, et \u00e7a d\u00e9bouche sur la figure de la mort, dont on nous dit qu\u2019elle n\u2019est pas repr\u00e9sentable, ce qui est encore la qualifier dans des termes qui rel\u00e8vent de l\u2019imaginaire. Et petit <em>a<\/em> quand on dit qu\u2019il n\u2019est pas sp\u00e9cularisable, quand Lacan l\u2019\u00e9labore \u00e0 ce titre, avec de la topologie, c\u2019est encore le situer par rapport \u00e0 l\u2019imaginaire.<\/strong> Et c\u2019est \u00e7a &nbsp;au fond qui l\u2019anime, dans son s\u00e9minaire du <em>Sinthome <\/em>c\u2019est qu\u2019il tente de <strong>faire passer l\u2019inconscient au niveau du r\u00e9el. De le faire passer au niveau du r\u00e9el, avec le sinthome. <\/strong>Et d\u2019une certaine fa\u00e7on, il s\u2019agit pour lui d\u2019appr\u00e9hender le sympt\u00f4me comme r\u00e9el et de montrer ensuite que l\u2019inconscient n\u2019est pas l\u2019imaginaire de ce r\u00e9el, mais qu\u2019il est au m\u00eame niveau que le sympt\u00f4me. Et c\u2019est la valeur de ce qu\u2019il indique, en passant, dans le dernier \u00e9crit de ses <em>Autres \u00e9crits <\/em>(\u00ab\u00a0Pr\u00e9face \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition anglaise du S\u00e9minaire XI\u00a0\u00bb, (1976),&nbsp; p. 571), \u00ab<strong> l\u2019inconscient r\u00e9el, <\/strong>dit-il, <strong>\u00e0 m\u2019en croire <\/strong>\u00bb.&nbsp; Mais pourquoi est-ce qu\u2019il dit \u00ab&nbsp;\u00e0 m\u2019en croire&nbsp;\u00bb&nbsp;?&nbsp; Eh bien il le dit pr\u00e9cis\u00e9ment parce que <strong>le sympt\u00f4me a deux faces<\/strong>&nbsp;: une face o\u00f9 il rel\u00e8ve de <strong>l\u2019interpr\u00e9tation<\/strong> et une face qui rel\u00e8ve de quelque chose d\u2019autre que j\u2019appellerais pour l\u2019instant &nbsp;faute de mieux <strong>la constatation<\/strong>. &nbsp;Que le sympt\u00f4me soit interpr\u00e9table, c\u2019est de l\u2019ordre de la croyance. Et Lacan a fait un petit d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019\u00e9poque sur \u00ab&nbsp;y croire&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;la croire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>L&rsquo;inconscient sympt\u00f4me<\/em><\/p>\n<p>Mais, j\u2019m\u2019arr\u00eate \u00e0 \u00ab&nbsp;On y croit&nbsp;\u00bb. <strong>Quand est-ce qu\u2019on dit \u00ab&nbsp;On y croit&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/strong><\/p>\n<p>On le dit, quand on croit que quelque chose <strong>existe<\/strong>, et il faut \u00e7a pour le sympt\u00f4me, pour le sympt\u00f4me analytique, \u00e0 la diff\u00e9rence du sympt\u00f4me que pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019universel peut constater, parce que \u00e7a trouble le bon ordre du monde, le sympt\u00f4me analytique, \u00e7a <strong>repose sur le t\u00e9moignage du sujet<\/strong>. Et \u00e0 l\u2019occasion c\u2019est absolument insoup\u00e7onnable par &nbsp;quiconque hors ce t\u00e9moignage. Donc pour que le sympt\u00f4me analytique soit constitu\u00e9,&nbsp; il faut d\u2019abord que le sujet l\u2019isole comme tel lui-m\u00eame, et, s\u2019il l\u2019all\u00e8gue pour s\u2019analyser, pour en parler, esp\u00e9rant en en parlant le r\u00e9duire, <strong>c\u2019est qu\u2019il croit que le sympt\u00f4me est d\u00e9chiffrable,<\/strong> il croit que le sympt\u00f4me est de l\u2019ordre du r\u00eave, que il croit que le sympt\u00f4me \u00e7a parle, que \u00e7a peut parler. \u00c7a c\u2019est \u00e0 retenir.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019autre face du sympt\u00f4me <strong>c\u2019est qu\u2019on constate que \u00e7a se r\u00e9p\u00e8te,<\/strong> et qu\u2019est-ce qui se r\u00e9p\u00e8te, c\u2019est ce que j\u2019appelais la derni\u00e8re fois<strong> le Un de jouissance, et \u00e7a, \u00e7a n\u2019est pas quelque chose qui se d\u00e9chiffre,<\/strong> ce &nbsp;n\u2019est pas quelque chose sur quoi la parole op\u00e8re comme sur les formations de l\u2019inconscient, pour la bonne raison que <strong>c\u2019est comme une \u00e9criture sauvage de la jouissance.<\/strong> Lacan employait cet adjectif, \u00ab\u00a0sauvage\u00a0\u00bb. \u00c7a veut dire hors-syst\u00e8me. C\u2019est une \u00e9criture de Un tout seul. Alors que le S2 auquel il serait corr\u00e9l\u00e9 est seulement suppos\u00e9.&nbsp; C\u2019est dire <strong>que la racine du sympt\u00f4me, c\u2019est l\u2019addiction<\/strong>.<\/p>\n<p>Alors, est-ce que Lacan \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 consid\u00e9rer <strong>que cette notion du r\u00e9el, au fond c\u2019\u00e9tait rien de plus que son sympt\u00f4me \u00e0 lui.<\/strong> Comme il disait \u00e7a pourrait \u00eatre ma r\u00e9ponse symptomatique \u00e0 l\u2019inconscient tel que Freud l\u2019a d\u00e9couvert, lequel ne suppose pas du tout obligatoirement le r\u00e9el dont je me sers. Donc, il se demandait dans quelle mesure la notion du sympt\u00f4me comme r\u00e9el,&nbsp; \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas une croyance \u00e0 lui, et qu\u2019il r\u00e9pondait \u00e0 l\u2019inconscient freudien, celui qui se d\u00e9chiffre, par la condition de ce r\u00e9el.<\/p>\n<p>Et le dernier enseignement de Lacan de mettre l\u2019inconscient au niveau du sympt\u00f4me. Et donc de faire passer l\u2019inconscient de l\u2019\u00eatre au r\u00e9el. Jusqu\u2019\u00e0 dire l\u2019inconscient est r\u00e9el, comme il ajoute \u00ab&nbsp;\u00e0 m\u2019en croire&nbsp;\u00bb, <em>Autres \u00e9crits<\/em>, p. 571. \u00ab&nbsp;A m\u2019en croire&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 faire le m\u00eame choix que j\u2019ai fait, le <strong>choix<\/strong> de consid\u00e9rer que <strong>le sympt\u00f4me fait existence de l\u2019inconscient<\/strong>. Et \u00e9videmment ici, l\u2019it\u00e9ration n\u2019est pas du tout lib\u00e9ratrice, comme Lacan \u00e9tait parti \u00e0 le croire, l\u2019it\u00e9ration ici est au contraire asservissante. Et elle est marqu\u00e9e cette it\u00e9ration que Lacan vise, quand il assimile le sympt\u00f4me, \u00e0 partir d\u2019un dit d\u2019analysant,&nbsp; \u00e0 des points de suspension, \u00e0 un \u00ab&nbsp;etc.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>p\u00e8re sympt\u00f4me<\/em><\/p>\n<p>Et c\u2019est alors que on voit en effet jusqu\u2019o\u00f9 peut aller<strong> la symptomatisation dans la psychanalyse<\/strong>. A partir du moment, o\u00f9 on r\u00e9serve au sympt\u00f4me la qualit\u00e9 de\/du r\u00e9el, on s\u2019aper\u00e7oit de l\u2019ampleur qu\u2019on peut donner \u00e0 la symptomatisation&nbsp; des cat\u00e9gories analytiques, que Lacan esquisse seulement, et pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 propos du p\u00e8re, de la fonction du p\u00e8re, dont il a essay\u00e9 de construire et de prot\u00e9ger le myst\u00e8re &#8211; l\u2019\u00e9l\u00e9ment impensable, et en m\u00eame temps le caract\u00e8re organisateur. Eh bien, dans cette symptomatisation g\u00e9n\u00e9rale des cat\u00e9gories analytiques, Lacan esquisse que le p\u00e8re, <strong>l\u2019essentiel de sa fonction, c\u2019est d\u2019\u00eatre un sympt\u00f4me<\/strong>. C\u2019est le sens de ce d\u00e9veloppement que Lacan a pu faire sur l\u2019exception que doit repr\u00e9senter le p\u00e8re. Il parle pour lui de caract\u00e8re d\u2019exception, parce qu\u2019il veut lui donner le caract\u00e8re d\u2019ex-centr\u00e9, que le p\u00e8re a le caract\u00e8re d\u2019ex-sistence, de subsistance \u00ab&nbsp;hors de&nbsp;\u00bb. Et donc, il lui faut donc \u00e0 ce moment-l\u00e0 caract\u00e9riser le p\u00e8re non pas par l\u2019universel, mais au contraire <strong>par la particularit\u00e9 de son sympt\u00f4me<\/strong>. Et c\u2019est en ce sens que Lacan a pu dire le p\u00e8re est un pervers. \u00c7a veut dire un p\u00e8re, le p\u00e8re freudien m\u00eame, n\u2019est pas le p\u00e8re de l\u2019universel, il est au contraire au niveau de la particularit\u00e9 du sympt\u00f4me. Y a qu\u2019il est <strong>essentiel qu\u2019il ne soit pas Dieu<\/strong>, pr\u00e9cis\u00e9ment. Freud avait montr\u00e9 la racine de l\u2019illusion religieuse dans la fonction du p\u00e8re et Lacan au contraire marque que le mirage divin est \u00e0 proprement parler mortif\u00e8re ou psychotisant quand il est support\u00e9 par le p\u00e8re. Il faut que le p\u00e8re soit pervers au sens o\u00f9 il doit \u00eatre <strong>marqu\u00e9 par la particularit\u00e9 d\u2019un sympt\u00f4me<\/strong>. Ce sympt\u00f4me, on peut lui donner une cat\u00e9gorie, Lacan parle de la perversion paternelle. La perversion paternelle, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment<strong> que le d\u00e9sir du p\u00e8re soit li\u00e9 \u00e0 une femme entre toutes<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une femme comme unique, et c\u2019est dans la mesure o\u00f9 cette unique, cet Un-l\u00e0 le marque, qu\u2019il s\u2019av\u00e8re&nbsp; ne pas \u00eatre Dieu, et aussi ne pas dire tout. Le p\u00e8re c\u2019est celui qui ne dit pas tout et qui par l\u00e0 pr\u00e9serve la possibilit\u00e9 du d\u00e9sir, et qui par l\u00e0 ne pr\u00e9tend pas recouvrir le r\u00e9el, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il ne pr\u00e9tend pas \u00eatre ontologique, et cette limite, cette limite est pr\u00e9cis\u00e9ment la face op\u00e9ratoire de ce que Lacan appelait, attribuait au p\u00e8re comme l\u2019humanisation du d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Alors <strong>l\u2019 it\u00e9ration du sympt\u00f4me<\/strong>, <strong>l\u2019it\u00e9ration du Un de jouissance<\/strong>, il m\u2019est arriv\u00e9 durant la semaine de la comparer, quand j\u2019ai eu \u00e0 parler \u00e0 Londres, il m\u2019est arriv\u00e9 en passant, de la comparer au processus qui g\u00e9n\u00e8re ce qu\u2019on appelle en math\u00e9matiques, <strong>les objets fractals<\/strong>. Ce sont des objets qui sont exactement <strong>auto-similaires<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire o\u00f9 le tout est semblable \u00e0 chacune des parties. Et bien, c\u2019est sur cette r\u00e9f\u00e9rence que je m\u2019arr\u00eate pour dessiner la configuration du sympt\u00f4me dont la matrice est \u00e9l\u00e9mentaire, et dont pourtant les formes sont les plus complexes de celles qui peuvent se rencontrer dans les math\u00e9matiques.<\/p>\n<p>Je vous donne rendez-vous au premier mercredi de mai.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous terminons aujourd\u2019hui une premi\u00e8re p\u00e9riode de ce cours qui reprendra le premier mercredi du mois de mai. Voici longtemps que je lis Lacan et c\u2019est d\u2019ailleurs cette lecture qui m\u2019a conduit \u00e0 pratiquer la psychanalyse. D\u2019abord \u00e0 faire une &hellip; <a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/04\/cours-jam-6-avril-itineraire-iteration-lacan\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"10\u00b0 cours de Jacques-Alain Miller \u2013 6 avril \/ PARTIE III (fin):","jetpack_is_tweetstorm":false},"categories":[4],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2zPSJ-mf","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":2463,"url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/01\/jam-19-1-2011-lenseigneur-lacan\/","url_meta":{"origin":1379,"position":0},"title":"I. 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Assis de gauche \u00e0 droite: Sartre, Camus, Michel Leiris, Jean Aubier.","src":"https:\/\/i2.wp.com\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/07\/sartre_camus_reverdy_lacan_picasso_brassai_max.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":1844,"url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/05\/14-cours-de-jacques-alain-miller-25-mai-2\/","url_meta":{"origin":1379,"position":4},"title":"XIV.   le point de capiton de Montpellier \/ tripartition de consistances cliniques - 25 mai","date":"25 mai 2011","format":false,"excerpt":"Ce n\u2019\u00e9tait pas ici que mon cours de cette ann\u00e9e a atteint, je crois son but, (\u00ab On n\u2019entend pas, on n\u2019entend pas, on n\u2019entend rien \u00bb) sa cible, son sommet ( - voil\u00e0, je vous donne 3 mots comme \u00e7a si vous en perdez un, ce n\u2019est pas trop\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;L'\u00eatre et l'Un&quot;","img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i1.wp.com\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/export.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":764,"url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique\/","url_meta":{"origin":1379,"position":5},"title":"VI. 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