{"id":1469,"date":"2011-03-30T19:41:24","date_gmt":"2011-03-30T17:41:24","guid":{"rendered":"http:\/\/empreintesdigitales.wordpress.com\/?p=1469"},"modified":"2021-06-13T18:57:51","modified_gmt":"2021-06-13T16:57:51","slug":"9-cours-jam-30-mars-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/9-cours-jam-30-mars-11\/","title":{"rendered":"IX.  Direction de la cure \/\/ de l&rsquo;en-de\u00e7\u00e0 du refoul\u00e9 \u00e0 un au-del\u00e0 de la passe-  30 mars 2011"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align:right;\"><em><strong>penser (dans) l&rsquo;exp\u00e9rience analytique<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>Il s\u2019agit ici du r\u00e9el dans l\u2019exp\u00e9rience analytique,<\/strong> dans la v\u00f4tre aussi bien, comme analysant et comme praticien. Et non pas   seulement parce que du r\u00e9el, Lacan en a parl\u00e9 et que nous essayons,   ici, depuis de longues ann\u00e9es, de le d\u00e9chiffrer. Car si du r\u00e9el il a   parl\u00e9, c\u2019est\u00a0pour nous diriger, nous orienter, nous faire entrevoir en   quoi l\u2019exp\u00e9rience analytique, celle \u00e0 laquelle nous nous pr\u00eatons comme   analysant, celle que nous mettons en branle comme praticien, <strong>en quoi cette exp\u00e9rience demande, pour \u00eatre pens\u00e9e, que soit introduite la r\u00e9f\u00e9rence au r\u00e9el.<\/strong><\/p>\n<p><!--more-->Je dis \u00ab\u00a0pour \u00eatre pens\u00e9e\u00a0\u00bb. La question se pose de savoir <em>pourquoi <\/em>l\u2019exp\u00e9rience   analytique il faudrait la penser. Apr\u00e8s tout, on pourrait s\u2019en passer.   La meilleure preuve, c\u2019est qu\u2019on s\u2019en passe tr\u00e8s bien, au nom d\u2019un  \u00ab\u00a0\u00e7a  marche\u00a0\u00bb. On constate que, m\u00eame si on ne s\u2019y retrouve pas, eh  bien, dans  un certain nombre de cas, \u00e7a marche quand m\u00eame. Et, on peut  s\u2019en  satisfaire. On apprend souvent \u00e0 s\u2019en satisfaire. On pourrait  appeler \u00e7a  du \u00ab\u00a0pragmatisme\u00a0\u00bb. On parle de pragmatisme chaque fois qu\u2019on  consid\u00e8re  que \u00e7a se passe tr\u00e8s bien d\u2019\u00eatre pens\u00e9. On pourrait, pour  asseoir cette  position, <strong>jeter la suspicion sur la \u00ab\u00a0volont\u00e9 de penser\u00a0\u00bb<\/strong>. Et il ne serait pas difficile de soutenir qu\u2019elle conduit \u00e0 des \u00e9lucubrations incertaines. \u00c0 ce que Kant appelait \u00ab\u00a0<em>Schw\u00e4rmereien <\/em>\u00bb,   des r\u00eaveries illusoires, inconsistantes. On pourrait m\u00eame en trouver  la  preuve dans les variations de la doctrine de Freud. Dont le   d\u00e9veloppement est scand\u00e9 par le passage d\u2019une topique \u00e0 une autre. On la   trouverait encore plus commod\u00e9ment en consid\u00e9rant les variations de   Lacan. Ce qu\u2019il appelait ses \u00ab\u00a0avanc\u00e9es\u00a0\u00bb, tout au long de 30 ann\u00e9es   d\u2019enseignement, o\u00f9 il se d\u00e9prenait r\u00e9guli\u00e8rement de ses \u00e9crits. Tout au   long de ce temps, il pouvait se vanter de ne jamais se r\u00e9p\u00e9ter, de ne   jamais dire la m\u00eame chose, mais justement, il serait ais\u00e9 d\u2019en faire une   objection. S\u2019il y a une pens\u00e9e qui ne s\u2019arr\u00eate jamais, peut-\u00eatre   m\u00e9rite-t-elle, \u00e0 ce titre, d\u2019\u00eatre n\u00e9glig\u00e9e. Et,\u00a0ce qu\u2019on pense p\u00e2lit   aupr\u00e8s de ce qui se fait, ce qui se passe, ce qui a lieu. Et on pourrait   m\u00eame dire que dans la psychanalyse, ce qui a lieu se tient   essentiellement au niveau du cas, dans la singularit\u00e9. Et que le concept   \u00a0est impuissant \u00e0 saisir cette singularit\u00e9. Et donc penser peut  sembler  tr\u00e8s \u00e0 distance de ce qui a lieu. Et puis au-del\u00e0, on pourrait  prendre  appui sur\u00a0 un dit de Lacan dont on ferait un slogan <strong>\u00ab\u00a0L\u2019analyste ne pense pas\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>Dans  son acte, il s\u2019efface, efface sa pens\u00e9e, il retient sa volont\u00e9  de  penser. Et reste sa pr\u00e9sence :\u00a0 il doit \u00eatre l\u00e0. Le minimum c\u2019est  qu\u2019il  livre son <em>Dasein<\/em>. \u00c0 la limite, on pourrait m\u00eame soutenir   qu\u2019il pourrait se passer d\u2019\u00eatre l\u00e0. C\u2019est en tout cas,\u00a0 la pens\u00e9e   maligne que donnait cette anecdote qui a \u00e9t\u00e9 colport\u00e9e sur Lacan. Qu\u2019il   s\u2019\u00e9tait une fois fait payer une s\u00e9ance alors qu\u2019il \u00e9tait absent.\u00a0 Mais,   ce n\u2019est pas forc\u00e9ment infond\u00e9 puisque d\u00e9j\u00e0, celui qui a \u00e0 penser, \u00e0   savoir l\u2019analysant, avait mis en train ses associations. Et qu\u2019il n\u2019ait   pas eu la possibilit\u00e9 de voir l\u2019analyste, de lui toucher la main, c\u2019est   un d\u00e9tail qui peut passer sans importance. M\u2019enfin, on se gardera de   faire la th\u00e9orie de l\u2019analyse sur le fondement fragile de cette anecdote   qui a fait rumeur, mais dont rien ne valide le fait, et ensuite   peut-\u00eatre les\u00a0 circonstances, si \u00e7a a \u00e9t\u00e9 un fait. <strong>Toujours est-il que l\u2019accent est mis sur la pr\u00e9sence de l\u2019analyste au d\u00e9triment de ce qui serait la pens\u00e9e. <\/strong>C\u2019est   que la pens\u00e9e vue dans la perspective de l&rsquo;exp\u00e9rience analytique a des   accointances avec le fantasme. Et donc, on peut jeter la pens\u00e9e, si je   puis dire, avec l\u2019eau du fantasme.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que ce serait une  pr\u00e9sence sans pens\u00e9e\u00a0? Une pr\u00e9sence de  l\u2019analyste qui serait toute  r\u00e9ceptivit\u00e9. Et qui ouvrirait sur un  \u00ab\u00a0laisser-\u00eatre\u00a0\u00bb. Bon. J\u2019arr\u00eate l\u00e0  ces suppositions, dont il faut croire  qu\u2019elles ne vous touchent pas  puisque vous \u00eates ici. Ici, o\u00f9 pour ma  part, je compense ma non-pens\u00e9e  comme analyste dans l\u2019acte en me livrant  \u00e0 des exercices de pens\u00e9e.<strong> Et je me contente d\u2019opposer \u00e0 tout  ce qu\u2019on pourrait d\u00e9velopper \u00e0  l\u2019encontre de la volont\u00e9 de penser, ce  que Lacan formule au titre d\u2019un  \u00ab\u00a0tirer au clair\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une expression qui figure dans  la r\u00e9ponse que jadis il m\u2019avait  donn\u00e9e quand je le mettais \u00e0 l\u2019\u00e9preuve  des trois questions kantiennes,  elles-m\u00eames reprises de la tradition  philosophique, et sp\u00e9cialement de  celle-ci, o\u00f9 elle sublime, \u00ab\u00a0Que  dois-je esp\u00e9rer\u00a0?\u00bb Et Lacan avait eu la  malice de l\u2019entendre comme  assum\u00e9e par moi en premi\u00e8re personne. \u00c0  cette date en effet,\u00a0 la  question pouvait se poser pour moi. La question  \u00ab\u00a0Que dois-je esp\u00e9rer\u2026.  de la psychanalyse\u00a0?\u00a0\u00bb Et Lacan de r\u00e9pondre \u00ab\u00a0<strong>La psychanalyse vous permettrait de tirer au clair l\u2019inconscient dont vous \u00eates le sujet.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Et,  il y a dans ce \u00ab\u00a0tirer au clair\u00a0\u00bb en effet quelque chose qui sans   doute m\u2019\u00e9tait adress\u00e9 comme sujet, puisque mon go\u00fbt de la clart\u00e9, ma   fa\u00e7on d\u2019\u00eatre clair n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 mes auditeurs, mais au-del\u00e0 indique   l\u2019orientation dans le \u00ab\u00a0<strong>penser l\u2019exp\u00e9rience analytique<\/strong> \u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1268\" style=\"margin:10px 15px;\" title=\"Orangerie\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/orangerie.jpg?w=600\" alt=\"\" width=\"252\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/orangerie.jpg 1600w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/orangerie-300x225.jpg 300w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/orangerie-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/orangerie-400x300.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 252px) 100vw, 252px\" \/>C\u2019est un fait que certains essaient de s\u2019y retrouver. Pas de <em>se<\/em> retrouver, il ne s\u2019agit pas de se retrouver soi-m\u00eame, mais d\u2019organiser  ce qui se pr\u00e9sente. C\u2019est bien ce qui animait Lacan quand il disait  qu\u2019il avait consacr\u00e9 son s\u00e9minaire, au moins longtemps, \u00e0 faire <strong>des all\u00e9es \u00e0 fran\u00e7aise de ce qui \u00e9tait le fouillis des concepts freudiens<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align:right;\"><em><strong>ce qui ne s\u2019apprend pas de la pratique<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Au-del\u00e0, il y a une dimension que l\u2019exp\u00e9rience nue n\u2019introduit pas. C\u2019est celle que vous dit Lacan dans les<em> Autres \u00c9crits<\/em>, p. 461, quand il \u00e9crit : \u00ab<strong> il s\u2019agit de structure, soit de ce qui ne s\u2019apprend pas de la pratique<\/strong>\u00bb. Il y a l\u00e0, il faut le souligner, une discontinuit\u00e9, un saut qui est \u00e0 faire pour <strong>penser l\u2019exp\u00e9rience au niveau de la structure.<\/strong> Encore, faut-il savoir laquelle.<\/p>\n<p>La psychanalyse est en effet une <strong>pratique<\/strong>. \u00c7a veut dire que \u00e7a n\u2019est  pas une th\u00e9orie. Elle implique une <strong>mise en acte<\/strong>, elle est une mise en  acte. Et sans doute, l\u00e0 plus qu\u2019ailleurs, <strong>l\u2019acte d\u00e9passe la pens\u00e9e<\/strong> qu\u2019on  peut en avoir. \u00c7a se constate dans la moindre interpr\u00e9tation quand elle  porte, on en a le t\u00e9moignage par le praticien, de ce qu\u2019il s\u2019\u00e9prouve  alors, peu ou prou, comme d\u00e9pass\u00e9. Et impr\u00e9voyant des effets. <strong>Si \u00e7a se pense, \u00e7a se pense apr\u00e8s coup. <\/strong>Eh bien, il en va de m\u00eame de penser la psychanalyse.<\/p>\n<p>Penser l\u2019exp\u00e9rience analytique, les ph\u00e9nom\u00e8nes psychanalytiques, les \u00e9v\u00e9nements psychanalytiques, \u00e7a suppose, <strong>\u00e7a exige un arrachement. <\/strong>Par rapport aux modes de pens\u00e9e qui sont couramment en vigueur. Et, je ne reculerai pas \u00e0 dire que <strong>\u00e7a demande une asc\u00e8se,<\/strong> proprement intellectuelle. C\u2019est \u00e0 ce titre que j\u2019ai introduit la  distinction de l\u2019\u00eatre et de l\u2019existence, comme pr\u00e9alable \u00e0 la position  du r\u00e9el.<\/p>\n<p><strong>Cette position du r\u00e9el,<\/strong> je suis arriv\u00e9 \u00e0 la pointer de <strong>deux coordonn\u00e9es<\/strong>, cueillis dans le dernier enseignement de Lacan\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>Le signifiant, et singuli\u00e8rement le signifiant Un. Le Un, d\u00e9tach\u00e9 du  deux. Non pas le S1, attach\u00e9 au S2, et prenant sens \u00e0 partir de lui.<\/li>\n<li>Et puis, de ce terme o\u00f9 Lacan a \u00e9puis\u00e9 les ressources de la langue  fran\u00e7aise pour attraper quelque chose que Freud d\u00e9signait comme la  libido, \u00e0 savoir la jouissance.<\/li>\n<\/ol>\n<p><strong> <\/strong>La connexion du Un et de la jouissance.<\/p>\n<p>Nous en trouvons des pr\u00e9c\u00e9dents dans les traditions de pens\u00e9e. Nous  les trouvons \u00e9videmment du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Orient,\u00a0 j\u2019ai d\u00e9sign\u00e9 Spinoza [ \u00e9thique],  \u00a0et avant lui, les n\u00e9o-platoniciens qui sont des exemples clairs du fil  qui court \u00e0 travers l\u2019histoire de la pens\u00e9e. Je suis toujours au bord  de vous l\u2019exposer plus pr\u00e9cis\u00e9ment, mais \u00e7a, c\u2019est de lectures que je  m\u2019appuie, et que je ne vous restitue pas, parce que \u00e7a serait trop loin  de ce qui vous int\u00e9resse imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p style=\"text-align:right;\"><em><strong>la fixation comme connexion du Un et de la jouissance<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Ce qui vous int\u00e9resse imm\u00e9diatement, je le suppose, c\u2019est que <strong>cette connexion du Un et de la jouissance est fond\u00e9e dans l\u2019exp\u00e9rience analytique. Et pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce que Freud appelait <em>Fixierung<\/em>, la fixation. <\/strong><\/p>\n<p>Pour lui, le refoulement, qu\u2019il s\u2019agit de lever par l\u2019interpr\u00e9tation analytique, a sa racine dans la fixation. La <em>Verdr\u00e4ngung<\/em>, trouve son fondement dans ce qu\u2019il appelle <em>Fixierung<\/em>. Et il l\u2019a d\u00e9crit ainsi, la fixation, comme <strong>un arr\u00eat de la pulsion<\/strong>.  Au lieu de conna\u00eetre ce qu\u2019il appelle un d\u00e9veloppement normal, une  pulsion reste en arri\u00e8re, subit une <strong>inhibition<\/strong>. Ce qu\u2019il appelle  \u00ab\u00a0fixation\u00a0\u00bb, c\u2019est tr\u00e8s clairement \u2013 l\u2019expression figure comme telle  dans son texte \u2013 une fixation de pulsion, une fixation de la pulsion.  Fixation \u00e0 un certain point ou \u00e0 une multiplicit\u00e9 de points du  d\u00e9veloppement de la libido.<\/p>\n<p>En effet, la notion d\u2019un d\u00e9veloppement et d\u2019un d\u00e9veloppement normal  de ce qu\u2019il appelle la libido, doit culminer jusqu\u2019\u00e0 une maturit\u00e9  qualifi\u00e9e de g\u00e9nitale. De fait, pour conna\u00eetre ce qu\u2019il appelle  d\u00e9veloppement, <strong>la libido migre, elle se d\u00e9place, <\/strong>et par  rapport \u00e0 \u00e7a, par rapport \u00e0 ces d\u00e9placements, Freud croit pouvoir  isoler, marquer, indiquer cette r\u00e9f\u00e9rence &#8211; \u00e0 savoir, ce qu\u2019il appelle<strong> un point de fixation<\/strong>. Bien, je dis que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que Freud a ici rep\u00e9r\u00e9 que nous formulons comme <strong>la conjonction du Un et de la Jouissance<\/strong>. Une conjonction qui fait pr\u00e9cis\u00e9ment que\u00a0 <strong>la libido ne se laisse pas aller \u00e0 l\u2019avatar, \u00e0 la m\u00e9tamorphose, au d\u00e9placement.<\/strong><\/p>\n<p>Ce que veut dire point de fixation, c\u2019est qu\u2019il y a <strong>un Un de jouissance qui revient toujours \u00e0 la m\u00eame place.<\/strong> Et c\u2019est \u00e0 ce titre que nous le qualifions de r\u00e9el.<\/p>\n<p>Il faut ajouter que chez Freud, la fixation n\u2019est pas du tout au premier plan. Si on consulte l\u2019index de ses concepts dans la <em>Standard Edition<\/em>,  traduction anglaise de l\u2019\u0153uvre de Freud, on voit que la majeure partie  des r\u00e9f\u00e9rences se loge dans le volume 12 de cette \u00e9dition qui couvre les  ann\u00e9es <strong>1911-1913<\/strong>.<\/p>\n<p>Je ne m\u2019attache pas l\u00e0 aux d\u00e9tails que l&rsquo;on pourrait \u00e9tudier \u00e0 la  loupe. Je me contente de dire quelque chose qui a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 par Freud  mais \u00e0 quoi il n\u2019a pas donn\u00e9 une extension conceptuelle cons\u00e9quente. Et  pour nous, <em>mutatis mutandis<\/em>, dans notre langage, ce dont il s\u2019agit est au premier plan. Et pourquoi? Eh bien parce que <strong>l\u2019analyse, dans la pratique, contemporaine, se prolonge au-del\u00e0 du point freudien,<\/strong> au\u2013del\u00e0 du point o\u00f9 \u00e7a s\u2019arr\u00eate pour Freud.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignright size-full wp-image-1273\" style=\"margin:10px 15px;\" title=\"stop and go\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/stopandgo.jpg\" alt=\"\" width=\"278\" height=\"192\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/stopandgo.jpg 552w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/stopandgo-300x207.jpg 300w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/stopandgo-433x300.jpg 433w\" sizes=\"(max-width: 278px) 100vw, 278px\" \/>Alors, bien entendu, pour Freud <strong>\u00e7a ne s\u2019arr\u00eate pas, mais \u00e7a s\u2019arr\u00eate quand m\u00eame.<\/strong> Et puis \u00e7a reprend, \u00e7a <em>doit <\/em>reprendre. D\u2019o\u00f9 son titre, <strong>\u00abAnalyse finie et infinie\u00a0\u00bb,\u00a0 les deux \u00e0 la fois<\/strong>.  Il n\u2019a pas dit \u00ab\u00a0l\u2019analyse infinie\u00a0\u00bb &#8211; auquel cas il aurait \u00e9t\u00e9  pr\u00e9curseur de Maurice Blanchot, auteur de \u00ab\u00a0L\u2019entretien infini\u00a0\u00bb &#8211; , il a  dit \u00ab\u00a0fini <em><strong>et<\/strong><\/em> infinie\u00a0\u00bb. Ce qui veut dire \u00e7a s\u2019arr\u00eate, \u00e7a finit, et  quand c\u2019est fini, eh bien, \u00e7a recommence, \u00e7a doit recommencer. Un peu  plus loin. On souffle.<\/p>\n<p>\u00c7a \u00e9voque quelque chose, pour rester dans le litt\u00e9raire, \u00e7a \u00e9voque  quelque chose comme \u00ab\u00a0l\u2019analyse toujours recommenc\u00e9e\u00a0\u00bb, pour parodier  Val\u00e9ry. \u00c7a veut dire <strong>recommencer sur le m\u00eame plan<\/strong>. <strong>Et \u00e7a s\u2019arr\u00eate toujours au m\u00eame point<\/strong>.  Eh bien, \u00e0 notre \u00e9poque, et pr\u00e9cis\u00e9ment parce que l\u2019analyse n\u2019est plus  sous le r\u00e9gime des ?????\u00a0 mais elle se prolonge, l\u2019analysant se trouve  d\u2019une fa\u00e7on qui est inconcevable et en tout cas insue par lui, l&rsquo;analyse  se prolonge <strong>jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019analysant soit au prise avec la fixation.<\/strong><\/p>\n<p>Lacan, comme vous le savez, son ambition, explicitement formul\u00e9e, \u00e9tait celle de <strong>forcer la limite freudienne de l\u2019analyse.<\/strong> D\u2019aller au-del\u00e0 de ce que Freud isolait comme les obstacles \u00e0 la  terminaison une fois pour toutes de l\u2019analyse. Ces analyses tenant, de  fa\u00e7on diff\u00e9renci\u00e9e pour chacun, aux rapports des faits.<\/p>\n<p>Et ce for\u00e7age lacanien des obstacles freudiens, c\u2019est ce qui l\u2019a anim\u00e9 <strong>dans son invention de la passe,<\/strong> et c\u2019est aussi ce qu\u2019il a prolong\u00e9 <strong>dans son \u00e9criture logique de la position sexuelle distincte du m\u00e2le et de la femelle.<\/strong> Et <del>c&rsquo;est pour \u00e7a, <\/del>une fois accompli cet effort, ce double effort, <del>que <\/del>Lacan a isol\u00e9 une troisi\u00e8me forme. Ce qui se rencontre au-del\u00e0 du point freudien.<\/p>\n<p>Il a pens\u00e9\u00a0 obtenir ce for\u00e7age par la <strong>r\u00e9duction du fantasme<\/strong>. C\u2019est ce qu\u2019il a mis en \u0153uvre dans ce qu\u2019il appelle la passe. <strong>Il a fait du fantasme, au singulier, le champ de bataille o\u00f9 pouvait se d\u00e9cider l\u2019issue de l\u2019analyse.<\/strong> Et, il l\u2019a fait, en assignant au fantasme la place du r\u00e9el. <strong>En disant, le r\u00e9el, c\u2019est LE fantasme. <\/strong>Ou  au moins, le fantasme est \u00e0 la place du r\u00e9el, pour le sujet. \u00c7a  supposait bien s\u00fbr qu\u2019il ait r\u00e9duit la multiplicit\u00e9 des fantasmes au  fantasme singulier \u2013 avec article d\u00e9fini. Alors que Freud, m\u00eame s\u2019il  pouvait faire de tel fantasme un paradigme, par exemple \u00ab\u00a0Un enfant est  battu\u00a0\u00bb, il n\u2019en faisait pas LE fantasme. C&rsquo;est Lacan qui a invent\u00e9 le  fantasme au singulier,\u00a0 qu&rsquo;il a qualifi\u00e9 une fois, et nous l\u2019avons  repris mille fois, de fondamental. Le fantasme fondamental. Mais tout \u00e7a  pour obtenir\u00a0 un analogon du r\u00e9el, sur lequel on peut penser que la  parole a de l\u2019effet.<\/p>\n<p>Alors, il faut argumenter bien s\u00fbr.<\/p>\n<p>Par exemple, il a argument\u00e9 en termes logiques. En disant que le \u00ab\u00a0clavier logique\u00a0\u00bb, c\u2019est son expression,\u00a0 <em>Autres \u00c9crits<\/em> p. 326, que \u00ab\u00a0le clavier logique d\u00e9signe comme la place du r\u00e9el, celle de l\u2019axiome\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En tant qu\u2019un axiome reste constant, alors que les lois de d\u00e9duction sont variables, et il a fait fonctionner <strong>le  fantasme, si je puis dire, comme l\u2019axiome des sympt\u00f4mes. Ce qui se  retrouve \u00e0 la m\u00eame place dans les diff\u00e9rents sympt\u00f4mes dont un sujet  p\u00e2tit. <\/strong>Et \u00e9tant entendu que le fantasme lui ne s\u2019interpr\u00e8te  pas, le fantasme fondamental ne s\u2019interpr\u00e8te pas, mais qu&rsquo;il sert  d\u2019instrument \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation. On interpr\u00e8te en fonction du fantasme \u00e0  qui donc on fait jouer le r\u00f4le de r\u00e9el. Et ce qui est ici important,  c\u2019est <strong> l\u2019opposition entre la constante de l\u2019axiome et la variabilit\u00e9 de le d\u00e9duction.<\/strong> Le sympt\u00f4me ne se d\u00e9fait pas toujours de la m\u00eame fa\u00e7on. \u00a0Les sympt\u00f4mes  ne se d\u00e9font pas de la m\u00eame fa\u00e7on. Ils ne se rapportent pas \u00e0 l\u2019axiome  de la m\u00eame fa\u00e7on, mais<strong> l\u2019axiome lui reste constant<\/strong>. Et,  en quelque sorte, en assimilant ce qu\u2019il a construit comme le fantasme  fondamental \u00e0 un axiome, \u00e0 un axiome dans un syst\u00e8me logique, il a  traduit la fixit\u00e9 de l\u2019Un de jouissance qu\u2019avait rep\u00e9r\u00e9 Freud, sous le  mode de la constance de l\u2019axiome.<\/p>\n<p>Un axiome dont la formule g\u00e9n\u00e9rale, il l\u2019a reprise de son ancienne \u00e9criture\u00a0 \u00ab\u00a0Sbarr\u00e9 poin\u00e7on petit <em>a<\/em> \u00bb.\u00a0 Et il a montr\u00e9 que l\u2019analyse permet d\u2019obtenir <strong>une fracture de la formule<\/strong>. Ce qu\u2019il a appel\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la\u00a0 chute de l\u2019objet petit <em>a<\/em> et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 on a parl\u00e9 de\u00a0 la destitution du sujet, qui avait  institu\u00e9 dans le cadre du fantasme, une destitution qui en d\u00e9finitive le  lib\u00e8re de la constance de\u00a0??? sur l\u2019objet petit <em>a<\/em>.<\/p>\n<p>Et il a pr\u00e9par\u00e9 \u00e7a, au fond il a pr\u00e9par\u00e9 ce coup-l\u00e0,\u00a0 en d\u00e9pla\u00e7ant de registre l\u2019objet petit <em>a<\/em>. Cet objet petit <em>a<\/em>,  il l\u2019avait invent\u00e9, il l\u2019avait rep\u00e9r\u00e9 dans le registre imaginaire, et,  pour les besoins de la cause, il l\u2019a fait migrer dans le registre du  r\u00e9el. Il a surpris son auditoire un jour en disant \u00ab\u00a0l\u2019objet petit <em>a<\/em> est r\u00e9el\u00a0\u00bb. Ce qui permettait de dire, un peu plus tard, \u00abil y a du  r\u00e9el dans le fantasme\u00bb. Le fantasme dont jusqu\u2019alors on avait bien  rep\u00e9r\u00e9 les affinit\u00e9s imaginaires, qu\u2019on pouvait tr\u00e8s bien admettre aussi  participant du symbolique, sur le mod\u00e8le du sc\u00e9nario, de la sc\u00e8ne. Et  Lacan s\u2019en \u00e9tait tr\u00e8s bien content\u00e9, et d\u2019ailleurs l\u2019\u00e9criture m\u00eame de ce  dont il fera l\u2019axiome le refl\u00e8te\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Sbarr\u00e9, c\u2019est dans le fantasme, le sujet de la parole, un terme symbolique,<\/li>\n<li>et petit <em>a<\/em> , un terme venu de l\u2019imaginaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Donc, cette \u00e9criture, pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e9tait faite pour montrer la  conjugaison de termes h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes appartenant \u00e0 deux registres  distincts. Et si \u00e0 un moment Lacan s\u2019efforce de souligner qu\u2019en  d\u00e9finitive l\u2019objet petit <em>a<\/em> appartient \u00e0 l\u2019ordre du r\u00e9el, c\u2019est  pour pouvoir dire \u00ab Il y a du r\u00e9el dans le fantasme\u00a0\u00bb, et le fantasme  est r\u00e9el parce qu\u2019il revient toujours \u00e0 la m\u00eame place.<\/p>\n<p>Et qu\u2019\u00e0 cet \u00e9gard, le sujet de la parole, qui est\u00a0 mobile, v\u00e9hicul\u00e9  sous la cha\u00eene signifiante, de signifiant en signifiant, se trouve par  l\u2019objet <em>a<\/em> arr\u00eat\u00e9, en quelque sorte gel\u00e9, \u00e0 cette place. Ce qui est r\u00e9el dans le fantasme \u00e0 cet \u00e9gard, c\u2019est petit <em>a<\/em>.  Parce qu\u2019il fixe le sujet. Et qu\u2019il est, \u00e0 cet \u00e9gard, constant. Et  Lacan pense obtenir l\u2019\u00e9quivalent de la fixation de r\u00e9el, \u00e0 ce qui est en  jeu dans ce que Freud un moment a isol\u00e9 \u00e0 propos de la <em>Fixierung<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Conc\u00e9dons \u00e0 Lacan qu\u2019il y a l\u2019\u00e9v\u00e9nement de passe.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019en effet l\u2019exp\u00e9rience analytique permet d\u2019obtenir la fracture que Lacan a d\u00e9crite.<\/p>\n<p>Mais, quel est son effet\u00a0?<\/p>\n<p>Son effet, Lacan l\u2019a rappel\u00e9 d\u2019une plume impeccable, l\u2019effet de ce  qu\u2019il appelait la travers\u00e9e du fantasme, c\u2019est un effet sur le d\u00e9sir;  tout cet appareil est fait pour la d\u00e9flation du d\u00e9sir, que la poursuite  d\u2019une analyse permet d\u2019obtenir. D\u2019un d\u00e9sir gonfl\u00e9, \u00e9ventuellement  chaotique d\u2019apparence, qui se porte sur diff\u00e9rents objets, qui se  multiplient, qui se cachent, \u00e0 un moment on obtient quelque chose qui a  \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9, un certain ratatinement, que traduit le mot anglais <em>shrink<\/em>, dont on d\u00e9signe argotiquement le psychanalyste, comme r\u00e9ducteur de t\u00eate, un r\u00e9ducteur de d\u00e9sir.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft\" style=\"margin:10px 15px;\" title=\"cazotte\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/cazotte.jpg?w=280\" alt=\"Le Diable amoureux\" width=\"280\" height=\"440\" \/>Et,  corr\u00e9lativement, le sujet qui s\u2019instituait \u00e0 partir du fantasme  qu\u2019alimente le d\u00e9sir, se trouve en effet destitu\u00e9, et \u00e7a peut passer  pour une solution du d\u00e9sir. Et Lacan dit tout \u00e7a, au fond il n\u2019y a rien \u00e0  lui reprendre, c\u2019est la solution d\u2019un x, d\u2019un x de l\u2019x du d\u00e9sir, que le  psychanalyste a pour fonction de pr\u00e9sentifier \u00e0 l\u2019analysant, sous la  forme c\u00e9l\u00e8bre du <em>Che vuoi?<\/em> \u00ab\u00a0 Que veux-tu?\u00a0\u00bb, emprunt\u00e9 au <em>Diable amoureux<\/em> de Cazotte.<\/p>\n<p>Ce que Lacan appelle le d\u00e9sir du psychanalyste, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment  l\u2019\u00e9nonciation de ce \u00ab\u00a0Que veux-tu\u00a0\u00bb &#8211; et ici notez bien, on en fera  l\u2019usage plus tard, que le nom du d\u00e9sir, c\u2019est la volont\u00e9. La volont\u00e9 qui  vaut comme d\u00e9sir d\u00e9cid\u00e9. Ce d\u00e9sir que Freud appelle \u00e0 la derni\u00e8re  phrase de <em>l\u2019Interpr\u00e9tation des r\u00eaves<\/em>, le d\u00e9sir indestructible.  Eh bien, ce d\u00e9sir indestructible, l\u2019\u00e9v\u00e9nement de passe exprime qu\u2019il  trouve une solution. Une solution de d\u00e9sir mais pas une solution de  jouissance. C\u2019est la solution de ce qui dans la jouissance fait sens. Et  Lacan le sent si bien qu\u2019apr\u00e8s avoir dit que le fantasme tient la place  du r\u00e9el, il fait aussi du fantasme la fen\u00eatre du sujet sur le r\u00e9el.  Autrement dit, il ne pense pas \u00e0 une chute ou une r\u00e9duction du r\u00e9el,  mais seulement \u00e0 une r\u00e9duction de cet analogon du r\u00e9el que serait le  fantasme et dans le fantasme l\u2019objet <em>a<\/em>.<\/p>\n<p>Alors, la chute de l\u2019objet petit <em>a<\/em>, c\u2019est exactement une chute dans le hors sens. Il n\u2019y a plus d\u2019objet <em>a<\/em>. En tant que l\u2019objet petit <em>a<\/em> fait sens. Et pourquoi\u00a0 Lacan avait \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 formuler, une fois,\u00a0 que l\u2019objet petit <em>a<\/em> est <strong>un effet de sens r\u00e9el<\/strong> ?\u00a0 Il a qualifi\u00e9 un effet de sens de r\u00e9el; par un certaine  discontinuit\u00e9, par l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de ces termes, \u00a0\u00e7a traduit toute la  difficult\u00e9 de ramener le registre du r\u00e9el au sens.<\/p>\n<p><strong>Alors l\u2019exp\u00e9rience contemporaine qui se fait aujourd\u2019hui,<\/strong> en ce moment, ne connait pas le <em>Stop and Go<\/em> prescrit par Freud dans \u00ab\u00a0Analyse finie et infinie\u00a0\u00bb. Bien s\u00fbr, il y a  des tranches, mais dans la r\u00e8gle, l\u2019exp\u00e9rience analytique se prolonge,  d\u2019une fa\u00e7on qui \u00e9tait tout \u00e0 fait inconnue, impraticable, impratiqu\u00e9e  du\u00a0 temps de Freud. Et, notre exp\u00e9rience met d\u00e9sormais l\u2019analysant aux  prises avec ce qui de la jouissance ne fait pas sens, avec ce qui reste  au-del\u00e0 de la chute de l\u2019objet petit <em>a<\/em>. <strong>Elle le met avec prise avec l\u2019Un de jouissance. <\/strong><\/p>\n<p>Ce que Freud avait d\u00e9couvert comme la r\u00e9p\u00e9tition, Lacan avait  commenc\u00e9 par en rendre compte dans l\u2019ordre symbolique, il y a m\u00eame vu  l\u2019occasion de fonder son concept de l\u2019ordre symbolique. Et, \u00e7a lui avait  ouvert la voie vers l\u2019invention de ce qu\u2019il a appel\u00e9 la chaine  signifiante. Mais une chaine signifiant dont il soulignait le caract\u00e8re  math\u00e9matique et formel, pr\u00e9cis\u00e9ment si l\u2019on peut dire sans contenu, sans  autre contenu qu\u2019un sujet qui se v\u00e9hicule comme un z\u00e9ro sous la fuite  des nombres.<\/p>\n<p><strong>\u00c9videmment<\/strong>, \u00e7a change du tout au tout quand \u00e0 la  r\u00e9p\u00e9tition on donne un contenu de jouissance. Si c\u2019est d\u2019elle qu\u2019il est  question dans la r\u00e9p\u00e9tition, alors le terme m\u00eame de chaine est  inappropri\u00e9, parce qu\u2019il ne s\u2019agit plus d\u2019une succession qui se compte  et s\u2019additionne \u2013 je l\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 la derni\u00e8re fois-, <strong>il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9it\u00e9ration<\/strong>. C\u2019est \u00e7a qu\u2019on peut appeler <strong>la pure r\u00e9p\u00e9tition<\/strong>, <strong>la\u00a0 r\u00e9it\u00e9ration du Un de jouissance<\/strong>, pour laquelle on a aujourd\u2019hui d\u00fb inventer, promouvoir le terme <strong>d\u2019addiction<\/strong>.  Le terme de cha\u00eene est alors, dis-je, inappropri\u00e9, et c\u2019est au niveau  de la cha\u00eene qu\u2019on parle de loi. Lacan avait mis en valeur, pr\u00e9cis\u00e9ment,  les lois de la chaine signifiante, les alpha, b\u00eata, gamma, delta  \u00e9taient fait pour manifester comment d\u2019une simple succession de + et de &#8211;  , on obtenait des lois compl\u00e8tes, qui semblaient m\u00eame \u00eatre des lois du  hasard. <strong>Au niveau de la r\u00e9it\u00e9ration nous n\u2019avons plus de loi.<\/strong> Et c\u2019est \u00e0 ce niveau-l\u00e0 que Lacan formule \u00ab le r\u00e9el est sans loi\u00a0\u00bb. Il  est sans loi \u00e0 \u00a0la diff\u00e9rence de la chaine signifiante, ce qui ne eut  pas dire qu\u2019il est sans cause. Loi et cause sont des termes diff\u00e9rents.\u00a0  Et, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans l\u2019achoppement de la loi que la cause  s\u2019inscrit. Ici le r\u00e9el a une cause qui est pr\u00e9cis\u00e9ment la conjonction de  l\u2019Un et de la jouissance.<\/p>\n<p style=\"text-align:right;\"><em><strong>dialectique, rien, non-\u00eatre, manque-\u00e0-\u00eatre (et au-del\u00e0)<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Ce pourquoi alors on voit dans le discours de Lacan <strong>s\u2019effacer le mot de dialectique<\/strong>.<\/p>\n<p>La dialectique au fond, \u00e7a pouvait \u00eatre la traduction de ce que Freud  appelait le d\u00e9veloppement de la pulsion (???). La dialectique, elle<strong> se tient au niveau l\u2019\u00eatre<\/strong>.  Et, il faut dire qu\u2019alors, elle est \u00e9minemment flexible. D\u00e8s qu\u2019on dit  que quelque chose est A, voil\u00e0 le B qui s\u2019avance. Pour qu\u2019on obtienne  que ce quelque chose n\u2019est pas B, et voil\u00e0 que le non-\u00eatre suit l\u2019\u00eatre  comme son ombre, et qu\u2019ils commencent un ballet effr\u00e9n\u00e9, un v\u00e9ritable  carnaval de lettres, qui donnait le tournis aux Grecs eux m\u00eames. C\u2019est  bien pourquoi chez les Grecs eux-m\u00eames, qui avaient beaucoup donn\u00e9 dans  cette dialectique de l\u2019\u00eatre, on a vu se produire un appel <strong>\u00e0 l\u2019au-del\u00e0 de l\u2019\u00eatre<\/strong>, pour arr\u00eater le tournis.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 quoi r\u00e9pond, &#8211; c\u2019est l\u00e0 que c\u2019est enseignant, &#8211; cette extraordinaire <strong>pouss\u00e9e de l\u2019h\u00e9nologie<\/strong>,  pour sortir du vertige de l\u2019ontologie. \u00c7a pouvait s\u2019expliquer que  Plotin, et \u00e0 sa suite toute une \u00c9cole, se soit engouffr\u00e9 dans le  discours sur l\u2019Un, y \u00a0impliquant une v\u00e9ritable asc\u00e8se &#8211; \u00a0Plotin, il n\u2019en  dormait plus, il n\u2019en mangeait plus, et dans sa t\u00eate il tenait son  trait\u00e9, para\u00eet-il, avant de l\u2019\u00e9crire. On ne peut expliquer cette passion  que par l\u2019authenticit\u00e9 <strong>d\u2019un appel \u00e0 un au-del\u00e0 de l\u2019\u00eatre, et qui est ce que nous nous appelons le r\u00e9el.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au niveau de la dialectique<\/strong> le dernier mot &#8211; enfin c\u2019est celui que Lacan propose, a propos\u00e9 dans les d\u00e9buts de son enseignement &#8211; , <strong>le dernier mot c\u2019est \u00ab\u00a0le rien\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>Au niveau de la dialectique le dernier mot, c\u2019est le non-\u00eatre ou le  manque-\u00e0-\u00eatre, et c\u2019est ce que traduit l\u2019image sur laquelle Lacan cl\u00f4t  son \u00e9crit de \u00ab\u00a0La direction de la cure\u00a0\u00bb &#8211; qui marque le moment <strong>o\u00f9 il rassemble son appareil \u00e0 penser l\u2019exp\u00e9rience analytique <\/strong>et \u00e0 en r\u00e9oriente la pratique. Eh bien, cette image d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e,\u00a0 c\u2019est celle du <strong>Saint Jean<\/strong> de L\u00e9onard de Vinci, le doigt lev\u00e9 pour indiquer ce que Lacan appelle <strong>\u00ab\u00a0l\u2019horizon deshabit\u00e9 de l\u2019\u00eatre\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n<p>Et il dit,<strong> au fond, toute interpr\u00e9tation analytique consiste \u00e0 refaire ce geste, <\/strong>et  ce geste qui pointe vers le rien dont il trouve la r\u00e9f\u00e9rence, et c\u2019est  l\u00e0-dessus qu\u2019il cl\u00f4t cet \u00e9crit, dont il trouve la r\u00e9f\u00e9rence chez Freud, <strong>dans le titre de son dernier \u00e9crit inachev\u00e9 sur l\u2019<em>Ichspaltung<\/em>, <\/strong>le clivage du moi a-t-on traduit, et c\u2019est sur le mot <em>Spaltung <\/em>que Lacan termine cet \u00e9crit. <em><\/em><\/p>\n<p><em>Spaltung<\/em>, c\u2019est la faille, le manque et disons c\u2019est le  dernier mot de la dialectique, si on s\u2019en tient \u00e0 elle, c\u2019est la faille  de l\u2019\u00eatre. Et faut dire que c\u2019est au prix d\u2019une lecture singuli\u00e8rement  limit\u00e9e de l\u2019\u00e9crit de Freud en question. C\u2019est certainement un des  \u00e9crits de Freud qui pointe le r\u00e9el pr\u00e9cis\u00e9ment comme cause de la <em>Spaltung <\/em>du d\u00e9sir. Mais laissons \u00e7a.<\/p>\n<p>Donc, le dernier mot de l\u2019exp\u00e9rience analytique pour le Lacan des 5, 6  premiers s\u00e9minaires, c\u2019est que l\u2019exp\u00e9rience analytique se conclut, a \u00e0  se conclure sur une certaine <strong>une assomption du manque et dans un horizon que l\u2019\u00eatre a fui.<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignright\" title=\"4 figures, Jacques Muller, 1996\" src=\"http:\/\/jacquesmuller.com\/images\/4%20figures.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"293\" \/><\/p>\n<p>Au niveau de la <strong>passe<\/strong>, on s\u2019est d\u00e9cale d\u2019un cran, le dernier mot, \u00e7a n\u2019est pas seulement Sbarr\u00e9 o\u00f9 se retrouve la <em>Spaltung<\/em>, l\u2019indication c\u2019est plut\u00f4t <strong>le petit <em>a<\/em><\/strong>, l\u2019objet m\u00e9tonymique qui vaut comme <strong>marqueur de jouissance<\/strong>.  Et Lacan ne dit plus alors que l\u2019interpr\u00e9tation vise le manque, le  manque \u00e0 \u00eatre du sujet, \u00e0 cette date il dit au contraire que  l\u2019interpr\u00e9tation vise <strong>l\u2019objet petit <em>a<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire cet index mobile de la jouissance dans la parole.<\/strong><\/p>\n<p><em><strong>sinthome, <\/strong><strong> pur \u00e9v\u00e9nement de corps , en-de\u00e7\u00e0 du refoul\u00e9 <\/strong><strong>et au-del\u00e0 de la passe<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, non plus le rien, non plus le petit <em>a<\/em>, mais <strong>la pure r\u00e9it\u00e9ration de l\u2019Un de jouissance<\/strong>, que Lacan appelle <strong>sinthome<\/strong>,  par diff\u00e9rence avec le sympt\u00f4me qui lui s\u2019arr\u00eate au sens. C\u2019est par l\u00e0  que Freud avait fait novation bien s\u00fbr, il avait fait novation par la  s\u00e9mantique des sympt\u00f4mes, <strong>mais au-del\u00e0 de la passe<\/strong>, on d\u00e9couvre un au-del\u00e0 de la s\u00e9mantique et du sympt\u00f4me \u2013 <strong>c\u2019est-\u00e0-dire une pure r\u00e9it\u00e9ration dans le r\u00e9el de l\u2019Un de jouissance. <\/strong><\/p>\n<p><strong><\/strong>Et, c\u2019est bien pourquoi on ne peut pas alors se  contenter de parler de sujet &#8211; ce qui veut dire que l\u2019exp\u00e9rience  analytique est au niveau de la parole -, <strong>on est \u00a0oblig\u00e9 de mettre le corps dans le coup<\/strong>, et c\u2019est pourquoi Lacan parle alors de <strong>parl\u00eatre<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00eatre qui ne tient son \u00eatre que de la parole. C\u2019est un \u00eatre \u00e9videmment fragile, contestable, dont <strong>rien ne dit <em>a priori<\/em> qu\u2019il ait un r\u00e9pondant de r\u00e9el<\/strong>.<\/p>\n<p>Et le corps dont il s\u2019agit, remarquez bien que Lacan l\u2019introduit non  pas comme un corps qui jouit, le corps qui jouit c\u2019est pour le porno, si  je puis dire, l\u00e0, nous sommes dans le <strong>Freudo<\/strong>, et il s\u2019agit du corps en tant qu\u2019il <strong><em>se<\/em> jouit<\/strong>,  c\u2019est-\u00e0-dire, que c\u2019est la traduction lacanienne de ce que Freud  appelle l\u2019auto- \u00e9rotisme. Et, le dit de Lacan, \u00ab\u00a0il n\u2019y pas de rapport  sexuel\u00a0\u00bb, ne fait que r\u00e9percuter ce primat de l\u2019auto-\u00e9rotisme.<\/p>\n<p><strong>Le sinthome est d\u00e9fini comme un \u00e9v\u00e9nement de corps,<\/strong> qui \u00e9videmment donne lieu \u00e0 du sens &#8211; \u00e0 partir de cet \u00e9v\u00e9nement une s\u00e9mantique de sympt\u00f4mes se d\u00e9veloppe -, <strong>mais<\/strong>, \u00e0 la racine des sympt\u00f4mes freudiens qui parlent si bien et qui se d\u00e9chiffrent dans l\u2019analyse, qui font sens,<strong> \u00e0 la racine de cette s\u00e9mantique, il y a un pur \u00e9v\u00e9nement de corps.<\/strong><\/p>\n<p>Alors, rien de ce que j\u2019\u00e9voque n\u2019invalide ce que Lacan appelait la  passe, je note simplement une certaine vacillation dans la localisation  du r\u00e9el en jeu, alors. La tentative de r\u00e9duire le r\u00e9el \u00e0 l\u2019axiome du  fantasme et la place m\u00e9nag\u00e9e d\u2019un r\u00e9el qui s\u2019en distingue. Rien  n\u2019invalide cette passe, si on la consid\u00e8re comme une d\u00e9nivellation qui  se produit dans le cours d\u2019une analyse et \u00e0 partir de laquelle <strong>l\u2019exp\u00e9rience analytique ouvre sur un en-de\u00e7\u00e0 du refoul\u00e9, <\/strong>c\u2019est-\u00e0-dire pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 Freud situait <strong>la fixation<\/strong>, la fixation de libido,<strong> la fixation de la pulsion comme racine du refoul\u00e9. <\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019appelle d\u00e9sormais la passe le moment o\u00f9 se d\u00e9nude cette racine du refoul\u00e9. <\/strong>Et  dans cet espace tout reste \u00e0 construire, c\u2019est une simple constatation  que rien n\u2019op\u00e8re plus comme avant, et en particulier aux prises avec le  sinthome, l\u2019interpr\u00e9tation r\u00e9v\u00e8le une certaine vanit\u00e9. C\u2019est \u00e0  construire, mais Lacan trace des voies.<\/p>\n<p style=\"text-align:right;\"><em><strong>\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a pas de rapport sexuel\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Il y a de l\u2019un \u00bb et auto-jouissance du corps<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Quand il dit\u00a0 \u00ab\u00a0<strong>Il n&rsquo;y a pas de rapport sexuel<\/strong>\u00ab\u00a0, cela  dit est au niveau du r\u00e9el, pas au niveau de l\u2019\u00eatre, au niveau de  l\u2019\u00eatre, il y a du rapport sexuel, en veux-tu en voil\u00e0. Ce dit existe au  niveau du r\u00e9el et formule que l\u2019inexistence du rapport sexuel ce n\u2019est  pas un refoulement. De la m\u00eame fa\u00e7on, son dit pr\u00e9alable \u00ab\u00a0<strong>Il y a de l\u2019un<\/strong> \u00bb, est corr\u00e9latif de \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de rapport sexuel\u00a0\u00bb. On pourrait m\u00eame dire que est en jeu ici <strong>le \u00a0rapport de l\u2019un et de la dyade,<\/strong> sur quoi, dit-on, se resserrait l\u2019enseignement oral de Platon. Platon  n\u2019a pas tout \u00e9crit de ce qu\u2019il enseignait, il y a donc, depuis lors, des  rumeurs dans l\u2019histoire de la philosophie que Platon disait un peu  autre chose \u00e0 c\u00f4t\u00e9 \u00e0 ces \u00e9l\u00e8ves, <strong>il resserrait son discours pr\u00e9cis\u00e9ment sur le rapport de l\u2019un et de la dyade,<\/strong> et, d\u2019une certaine fa\u00e7on, Lacan s\u2019inscrit dans la suite de ce qu\u2019on dit de cet enseignement oral.<\/p>\n<p>Alors, \u00ab\u00a0Il y a de l\u2019un\u00a0\u00bb, est un dit corr\u00e9latif de \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de  rapport sexuel\u00a0\u00bb.\u00a0 Il y a de l\u2019un au niveau du r\u00e9el. C\u2019est dit sur l\u2019Un  au niveau du r\u00e9el.<\/p>\n<p>Notez bien que Lacan n\u2019a pas formul\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019Un est,\u00a0\u00bb parce que on sait ou  \u00e7a m\u00e8ne&#8230; Si on emploie l\u2019Un absolument, \u00e7a appelle aussit\u00f4t (des exactions) des\u00a0 m\u00e9langes, \u00a0et si on fait du verbe \u00eatre une  copule, alors il faut dire ce qu\u2019il est. <strong>\u00ab\u00a0Yad\u2019lun \u00a0\u00bb pose l\u2019Un comme absolu<\/strong> et dans cet effort qui fait souffle d\u2019un Plotin dont j\u2019apporterai  peut-\u00eatre la prochaine fois un \u00e9crit qui m\u2019a sp\u00e9cialement distrait cette  semaine.<\/p>\n<p>Notez bien que Lacan ne dit pas \u00abIl y a le sujet\u00a0\u00bb, il n\u2019y a pas de\u00a0  \u00ab\u00a0Il y a le sujet\u00a0\u00bb, et surtout un sujet qu\u2019on a pr\u00e9alablement ou  simultan\u00e9ment barr\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le sujet, le sujet de l\u2019inconscient, c\u2019est un hyptoh\u00e8se, <\/strong>et Lacan lui garde ce statut, c\u2019est une hypoth\u00e8se <strong>qu\u2019on fait sur l\u2019Un comme r\u00e9el, lorsqu\u2019on invente de l\u2019encha\u00eener \u00e0 un autre. <\/strong>C\u2019est  une hypoth\u00e8se. Disons que dans l\u2019analyse on lui donne valeur de r\u00e9ponse  r\u00e9elle, mais c\u2019est seulement relatif \u00e0 l\u2019analyse. Et, c\u2019est ainsi que  Lacan de l\u2019inconscient aussi il ne recule pas \u00e0 faire un \u00eatre, ou un  vouloir- \u00eatre ou un manque-\u00e0-\u00eatre <strong>relatifs \u00e0 l\u2019analyse.<\/strong> Et de m\u00eame, \u00e0 propos du sujet suppos\u00e9 savoir. Il ne leur donne pas de  statut au niveau du r\u00e9el, ce sont des termes qui d\u00e9pendent de l\u2019appareil  d\u2019un discours.<\/p>\n<p>En revanche,\u00a0<strong>\u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de rapport sexuel\u00a0\u00bb<\/strong> et <strong>\u00ab\u00a0Il y a de l\u2019un\u00a0\u00bb<\/strong>,  m\u00eame d\u00e9couverts \u00e0 partir de la pens\u00e9e de l\u2019exp\u00e9rience analytique, nous  leur donnons une valeur au niveau du r\u00e9el. Et il y a troisi\u00e8mement  encore, une position corr\u00e9lative <strong>qui est l\u2019auto-jouissance du corps<\/strong>,  auto-jouissance du corps qui est \u00e0 la fois articul\u00e9e au \u00ab\u00a0Yad\u2019lun\u00a0\u00bb et \u00e0  \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de rapport sexuel\u00a0\u00bb. En quelque sorte, ces trois formules  ont \u00e0 se dire ensemble.<\/p>\n<p><strong>Alors, au fond, \u00e7a donne une direction \u00e0 une cure analytique.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il y a d\u2019abord <\/strong>ce qu\u2019on appelle l\u2019entretien  pr\u00e9liminaire, le temps de l\u2019entretien pr\u00e9liminaire qui doit \u00eatre plus ou  moins prolong\u00e9, o\u00f9 traditionnellement l\u2019analyste avait \u00e0 jauger de la  capacit\u00e9 de celui qui se pr\u00e9sente \u00e0 faire une analyse et la probalit\u00e9  qu\u2019une analyse lui fasse du bien. La capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9valuer c\u2019\u00e9tait avant tout quelque chose dans son rapport au sens. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 nagu\u00e8re constat\u00e9  que aujourd\u2019hui refuser \u00e0 quelqu\u2019un une analyse n\u2019avait plus du temps le  m\u00eame sens d\u2019avant et n\u2019\u00e9tait pas du tout susceptible du m\u00eame type  d\u2019\u00e9valuation parce que au fond l\u2019analyse et les th\u00e9rapies qui en  d\u00e9rivent apparaissaient aujourd\u2019hui comme du registre des droits de  l\u2019homme. (Mais en fait, on voit bien que ce que cette constatation que  je faisais (habillait)).<\/p>\n<p><strong>En effet,\u00a0 apr\u00e8s<\/strong> (cette constatation ) on peut dire  que il y a cette p\u00e9riode, la p\u00e9riode merveilleuse qui a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e par  les analystes, les Am\u00e9ricains parlant de \u00ab\u00a0lune de miel\u00a0\u00bb de l\u2019analyse.<\/p>\n<p><strong>Et, il y a la p\u00e9riode ensuite disons jusqu\u2019\u00e0 la fin<\/strong> qui marque une r\u00e9solution du d\u00e9sir par sa d\u00e9flation.<\/p>\n<p><strong>Mais, il y a\u00a0, <\/strong>et c\u2019est l\u00e0 que Lacan s\u2019est le premier avanc\u00e9,\u00a0 <strong>un au-del\u00e0 de la passe dans l\u2019analyse,<\/strong> un au-del\u00e0 de la passe, et cette <strong>zone <\/strong>encore mal connue, encore mal pens\u00e9e &#8211;\u00a0 elle est connue,\u00a0 elle est exp\u00e9riment\u00e9e, mais elle est insuffisamment pens\u00e9e. Lacan <strong>sans doute a essay\u00e9 de l\u2019appareiller avec le n\u0153ud borrom\u00e9en<\/strong>, o\u00f9 remarquez-le les cat\u00e9gories en jeu sont <strong>le r\u00e9el, le symbolique et l\u2019imaginaire<\/strong>, et pas du tout, comme tels et en premier lieu, l\u2019inconscient et les concepts freudiens.<\/p>\n<p>Ici, on se tient, on essaie de se tenir <strong>au niveau du r\u00e9el, et non au niveau des hypoth\u00e8ses <\/strong>comme  celle du sujet suppos\u00e9 savoir, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019inconscient dans le  statut que Freud lui donnait, \u00e0 savoir l\u2019inconscient se d\u00e9duit.  Autrement dit, <strong>pour que l\u2019inconscient vaille, il faut la logique. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Et nous ne situons pas l\u2019inconscient au niveau du r\u00e9el, <\/strong>ce qui fait que <strong>quand la racine du refoulement est d\u00e9nud\u00e9e, <\/strong>on peut dire que l\u2019inconscient est de peu de ressource. L\u2019inconscient, et l\u2019interpr\u00e9tation qui est de m\u00eame niveau.<\/p>\n<p>Donc, <strong>il y a ici \u00e0 forger du nouveau, <\/strong>et c\u2019est \u00e0 quoi nous nous efforcerons dans la suite<\/p>\n<p>A la semaine prochaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>penser (dans) l&rsquo;exp\u00e9rience analytique Il s\u2019agit ici du r\u00e9el dans l\u2019exp\u00e9rience analytique, dans la v\u00f4tre aussi bien, comme analysant et comme praticien. 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