{"id":1511,"date":"2011-05-05T13:44:33","date_gmt":"2011-05-05T11:44:33","guid":{"rendered":"http:\/\/empreintesdigitales.wordpress.com\/?p=1511"},"modified":"2019-12-21T10:40:26","modified_gmt":"2019-12-21T08:40:26","slug":"jam-3-mai-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/05\/jam-3-mai-2011\/","title":{"rendered":"XI . l&rsquo;outrepasse &#8211; 3 mai"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&rsquo;\u00eatre et l&rsquo;existence, cela fait deux.<\/strong>Voil\u00e0 ce que j&rsquo;enseigne cette ann\u00e9e \u00e0 partir du dernier enseignement de Lacan.<\/p>\n<p><em>outre-passe<\/em><\/p>\n<p>Cette bipartition, cette d\u00e9nivellation, est n\u00e9cessaire \u00e0 penser ce qui s&rsquo;impose de notre pratique et qui est <strong>l&rsquo;espace d&rsquo;un au-del\u00e0 de la passe, l&rsquo;outre-passe,<\/strong> dont nous sommes comme analystes appel\u00e9s \u00e0 r\u00e9pondre aujourd&rsquo;hui. Nous y sommes appel\u00e9s \u00e0 r\u00e9pondre parce que nombreux sont ceux qui, au-del\u00e0 de l&rsquo;\u00e9preuve de la passe, r\u00e9ussie ou non, poursuivent l&rsquo;analyse.<\/p>\n<p><strong>Il y a, c&rsquo;est une constatation, l&rsquo;outre-passe.<\/strong> Et de ce fait, elle conditionne l&rsquo;exp\u00e9rience analytique <strong>d\u00e8s le moment o\u00f9 celle-ci s&rsquo;instaure.<\/strong><\/p>\n<p><em>v\u00e9rit\u00e9<\/em><strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>En effet, l&rsquo;exp\u00e9rience analytique s&rsquo;inaugure comme une <strong>recherche de la v\u00e9rit\u00e9<\/strong>. Cette recherche prend la forme d&rsquo;une demande, d&rsquo;une <strong>demande&nbsp; de l&rsquo;analyste<\/strong> : \u00ab\u00a0Dis-moi la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb. Cette demande, qu&rsquo;elle soit explicit\u00e9e ou non, d\u00e9clenche, favorise, se nourrit de ce que le patient livre ce qui lui vient \u00e0 l&rsquo;esprit. Et donc la demande de v\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;\u00e9nonce, implicitement ou non, comme un \u00ab\u00a0Dis-moi sans fioritures ce que tu penses, sans m\u00e9nagement, de fa\u00e7on brute, en quelque sorte sauvage. Et ce que tu me diras ainsi, sera ta v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb&nbsp; C&rsquo;est une v\u00e9rit\u00e9 du moment, de l&rsquo;instant. L&rsquo;analyste sait par avance qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas d\u00e9finitive, qu&rsquo;elle est \u00e9minemment variable, sait \u00ab\u00a0que tu diras autre chose plus tard, qui ne sera pas le m\u00eame\u00a0\u00bb. Et donc, il y a du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;analyste ce savoir \u00ab\u00a0qu&rsquo;en disant la v\u00e9rit\u00e9, tu mens, et m\u00eame que <strong>tu ne peux que mentir. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle le r\u00e9el\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>On appelle r\u00e9el ce dont on ne peut dire la v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;en mentant. Le r\u00e9el, c&rsquo;est la raison de la v\u00e9rit\u00e9 menteuse, ne serait-ce que parce que variable. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on appelle le r\u00e9el ? C&rsquo;est ce qu&rsquo;on ne peut dire qu&rsquo;en mentant, ce qui est r\u00e9tif au vrai, au dire que c&rsquo;est vrai.<\/p>\n<p><em>pr\u00e9sentation de malades<\/em><\/p>\n<p>J&rsquo;enseigne ici, mais je n&rsquo;enseigne pas qu&rsquo;ici.&nbsp; Je fais aussi une pr\u00e9sentation de malades, comme on dit. C&rsquo;est une pratique qui s&rsquo;inscrit dans la suite de Lacan, qui lui-m\u00eame prenait le relais d&rsquo;une pratique qui \u00e9tait traditionnelle parmi les psychiatres de son temps. \u00c7a consiste \u00e0 interroger devant un public des patients qui sont hospitalis\u00e9s et dont on est suppos\u00e9 d\u00e9montrer la structure au cours d&rsquo;un entretien, pour le b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;apprentis. C&rsquo;est une pratique qui a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e, en effet, elle s&rsquo;inscrit dans le discours psychiatrique.&nbsp; Lacan a r\u00e9cus\u00e9 les objections qu&rsquo;on avait formul\u00e9es au titre d&rsquo;une certaine r\u00e9bellion contre les institutions, et dans le Champ freudien, apr\u00e8s lui, cette pratique a \u00e9t\u00e9 maintenue.<\/p>\n<p><em><!--more-->p\u00e8re universel<\/em><\/p>\n<p>Et donc, j&rsquo;ai l&rsquo;occasion r\u00e9guli\u00e8rement de m&rsquo;entretenir avec des sujets qui sont hospitalis\u00e9s, qui sont s\u00e9lectionn\u00e9s, qui sont pr\u00eats \u00e0 cet exercice, qui souvent le d\u00e9sirent et qui sont le plus souvent, sinon toujours, \u00e9pingl\u00e9s comme <strong>psychotiques<\/strong>. Et je dois constater, apr\u00e8s de nombreuses ann\u00e9es o\u00f9 je fais cet exercice, que je suis, dans la pratique, irrit\u00e9 par ce <strong>diagnostic<\/strong>, parce qu&rsquo;il se r\u00e9f\u00e8re au complexe d&rsquo;Oedipe, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la fonction du p\u00e8re consid\u00e9r\u00e9 dans son universalit\u00e9. Et c&rsquo;est bien la question.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;universalit\u00e9 en tant que telle se soutient au niveau de l&rsquo;\u00eatre,<\/strong> c&rsquo;est l&rsquo;universalit\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9finition qui n&rsquo;assure en aucune fa\u00e7on qu&rsquo;une existence en r\u00e9ponde.<\/p>\n<p>L&rsquo;existence est d&rsquo;un autre registre que celui de l&rsquo;universalit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le p\u00e8re est-il \u00e0 penser \u00e0 partir de l&rsquo;universel?<\/strong> Comme celui qui dit non, comme la fonction qui \u00e9rige la castration en loi g\u00e9n\u00e9rale et qui s&rsquo;en excepte? C&rsquo;est ce que Lacan a interrog\u00e9 en conjoignant le complexe d&rsquo;\u0152dipe \u00e0 la construction freudienne de<em> Totem et tabou, <\/em>et il&nbsp; y est revenu \u00e0 de nombreuses reprises.<\/p>\n<p>Le dernier enseignement de Lacan en tire la cons\u00e9quence, en arrachant le p\u00e8re \u00e0 l&rsquo;universel, le p\u00e8re dont la mention-m\u00eame, au singulier, l&rsquo;\u00e9rige en totem de l&rsquo;universalit\u00e9.<\/p>\n<p>Lacan a fait beaucoup dans son enseignement pr\u00e9alable pour universaliser la fonction du p\u00e8re, on en a m\u00eame fait un trait distinctif du lacanisme. De cette \u00e9rection universelle du p\u00e8re, comme celui qui dit non, celui qui lib\u00e8re le sujet de sa suj\u00e9tion \u00e0 la relation \u00e0 la m\u00e8re et \u00e0 la jouissance que cette relation comporte. C&rsquo;est m\u00eame par ce biais que couramment on enseigne Lacan. Comme celui qui, de Freud, a r\u00e9ussi \u00e0 extraire l&rsquo;universalit\u00e9 de la fonction paternelle. Eh bien, tout au contraire&nbsp; le dernier enseignement de Lacan arrache le p\u00e8re \u00e0 l&rsquo;universel et il l&rsquo;\u00e9tablit, non point dans son universalit\u00e9, mais dans sa singularit\u00e9. Et il faut l\u00e0-m\u00eame r\u00e9cuser, au nom de cette&nbsp; singularit\u00e9, le singulier universalisant du p\u00e8re.<\/p>\n<p><em>singularit\u00e9 perverse<\/em><\/p>\n<p>Ce qui fait <strong>un p\u00e8re, le v\u00f4tre,<\/strong> c&rsquo;est ce qui singularise son d\u00e9sir, <strong>\u00e0 l&rsquo;endroit d&rsquo;une femme entre toutes les autres<\/strong>. Il n&rsquo;est normatif <em>que<\/em> si ce d\u00e9sir est singulier. C&rsquo;est ce que Lacan a appel\u00e9, et le mot a couru, sans qu&rsquo;on en comprenne la logique, c&rsquo;est ce que Lacan a appel\u00e9 sa \u00ab\u00a0p\u00e8re-version\u00a0\u00bb. Et ce qu&rsquo;il d\u00e9nommait tel, c&rsquo;\u00e9tait la singularit\u00e9 de chaque p\u00e8re par rapport \u00e0 l&rsquo;universalit\u00e9 du p\u00e8re. Signalant que pour un p\u00e8re s&rsquo;identifier \u00e0 la fonction universelle du p\u00e8re ne pouvait avoir que des effets psychotiques.<\/p>\n<p>Au niveau universel, celui du \u00ab\u00a0pour tout x\u00a0\u00bb, pour le dire dans les termes de la logique de la quantification, on obtient certes une v\u00e9rit\u00e9 universelle, mais elle n&rsquo;est pas op\u00e9rante en ceci qu&rsquo;elle ne garantit aucune existence. Au niveau de l&rsquo;universel vous pouvez sans doute \u00e9tablir l&rsquo;\u00eatre du p\u00e8re, mais <strong>l&rsquo;existence d&rsquo;un p\u00e8re, fonctionnant comme tel,<\/strong> c&rsquo;est autre chose, c&rsquo;est au niveau de la singularit\u00e9. Et c&rsquo;est cette singularit\u00e9 qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9e de<strong> perverse, en ceci qu&rsquo;elle d\u00e9ment, qu&rsquo;elle r\u00e9cuse toute norme, tout standard,<\/strong> tout \u00ab\u00a0pour tout x\u00a0\u00bb.&nbsp; Et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il convient de se r\u00e9gler sur la diff\u00e9rence entre l&rsquo;\u00eatre et l&rsquo;existence.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00eatre est au niveau de l&rsquo;universel, et ce niveau est comme tel indiff\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;existence.<\/strong> Une d\u00e9finition est valable m\u00eame si aucun \u00eatre ne vient s&rsquo;inscrire sous cette d\u00e9finition. C&rsquo;est ce que la logique qu&rsquo;on appelle moderne a mis en relief par rapport \u00e0 Aristote, et Lacan s&rsquo;y est accroch\u00e9 parce qu&rsquo;elle r\u00e9pondait \u00e0 ce que l&rsquo;exp\u00e9rience lui indiquait.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;existence, elle, est au niveau de la singularit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Et donc&nbsp; je dois constater que quand je fais cette pr\u00e9sentation de malades, je m&rsquo;efforce de <strong>ne pas me r\u00e9gler sur le diagnostic de psychose<\/strong>.&nbsp; Ce n&rsquo;est pas que je le r\u00e9cuse, je peux l&rsquo;admettre bien entendu si j&rsquo;entre dans les coordonn\u00e9es qui s&rsquo;en prescrivent par la clinique universalisante qui trace une d\u00e9marcation infranchissable entre psychose et n\u00e9vrose. Mais je m&rsquo;efforce de <strong>d\u00e9jouer l&rsquo;inscription du cas dans l&rsquo;universalit\u00e9<\/strong>. Je fais n\u00e9ant de l&rsquo;universel pour qu&rsquo;on se focalise sur la singularit\u00e9, voire sur l&rsquo;invention originale dont fait preuve le sujet en question.<\/p>\n<p>Si \u00e0 un moment donn\u00e9, ce sujet s&rsquo;est trouv\u00e9 confondu, perdu, suicidaire, \u00e9perdu jusqu&rsquo;\u00e0, \u00e0 l&rsquo;occasion, demander l&rsquo;hospitalisation, d&rsquo;\u00eatre accueilli par l&rsquo;institution, mais qui jusqu&rsquo;alors avait invent\u00e9 quelque chose de singulier qui soutenait la fonction paternelle pour lui. Et qui lui permettait d&rsquo;ordonner son exp\u00e9rience, celle du monde. Et dans les faits, il n&rsquo;y en a pas deux pareils. Et pour&nbsp; l&rsquo;apercevoir, il faut effacer le savoir que nous prenons de l&rsquo;universel.<\/p>\n<p>Ce que Lacan <strong>au dernier terme &nbsp;appelle le p\u00e8re, c&rsquo;est ce qui fait exception et existence par rapport \u00e0 l&rsquo;universel.<\/strong> Le p\u00e8re n&rsquo;est pas l&rsquo;universel.&nbsp; C&rsquo;est ce qui se tient hors de l&rsquo;universel, comme le singulier.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;universel est au niveau de la fonction,<\/strong> mais elle ne s&rsquo;incarne, <strong>elle&nbsp; n&rsquo;op\u00e8re que dans la forme de la singularit\u00e9 .<\/strong> Et cela veut dire qu&rsquo;il convient de ne pas noyer l&rsquo;existence par notre croyance au tout, &#8211;&nbsp; \u00ab\u00a0cela vaut pour tous\u00a0\u00bb &#8211;&nbsp; mais au tout,&nbsp; au point de vue du tout, substituer celui du Un.&nbsp; Et c&rsquo;est&nbsp; l&rsquo;indication que nous donne la jaculation de Lacan, <em>Yad&rsquo;lun<\/em>.&nbsp; Je la prends ici, au niveau clinique, comme une invitation \u00e0 sacrifier le totalitarisme de l&rsquo;universel \u00e0 la singularit\u00e9 du Un.<\/p>\n<p><em>sympt\u00f4me<\/em><\/p>\n<p><strong>Consid\u00e9rer le p\u00e8re<\/strong>, avec cet article d\u00e9fini qui le porte \u00e0 l&rsquo;essence, <strong>au niveau du Un<\/strong>, le replace au niveau du <strong>sympt\u00f4me<\/strong>.<\/p>\n<p>L&rsquo;enseignement de Lacan, qui s&rsquo;inaugure avec son \u00e9crit \u00ab\u00a0Fonction et champ de la parole et du langage\u00a0\u00bb culmine dans le fantasme, et il prescrit \u00e0 l&rsquo;analyse une fin qui se traduit par&nbsp; la notion d&rsquo;une travers\u00e9e de ce fantasme.&nbsp; C&rsquo;est au niveau du fantasme&nbsp; qu&rsquo;est cens\u00e9 se d\u00e9nouer la question de l&rsquo;\u00eatre pour le sujet,&nbsp; son \u00ab\u00a0qui suis-je?\u00a0\u00bb et m\u00eame son \u00ab\u00a0que suis-je?\u00a0\u00bb&nbsp; Et l&rsquo;\u00eatre se pr\u00e9sente essentiellement sous les esp\u00e8ces d&rsquo;une question, qui appelle des r\u00e9ponses, qui sont \u00e9minemment variables et convergent sur <strong>un certain \u00ab\u00a0rien\u00a0\u00bb ou sur ce quelque chose qui s&rsquo;appelle l&rsquo;objet petit <em>a<\/em><\/strong> et qui est une certaine modalit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre, encore un semblant.<\/p>\n<p>Le dernier enseignement de Lacan a une autre <strong>boussole qui est celle du sympt\u00f4me<\/strong> et qui s&rsquo;inaugure avec cette jaculation <em>YAD&rsquo;LUN<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Le sympt\u00f4me n&rsquo;est pas une question, le sympt\u00f4me c&rsquo;est la r\u00e9ponse de l&rsquo;existence du Un qu&rsquo;est le sujet.<\/strong> Et je dis que ceci, du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;analyste, conditionne sa fa\u00e7on de faire dans l&rsquo;analyse depuis le d\u00e9but. Ce n&rsquo;est pas la m\u00eame chose de s&rsquo;orienter sur le fantasme, sur la question de l&rsquo;\u00eatre,&nbsp; ou de s&rsquo;orienter sur le sympt\u00f4me comme r\u00e9ponse de l&rsquo;existence.<\/p>\n<p>\u00c7a ne veut pas dire qu&rsquo;on peut faire le court-circuit au niveau du fantasme.<\/p>\n<p>Il y a \u00e0 r\u00e9soudre la question des significations de l&rsquo;\u00eatre qui sont support\u00e9es par le d\u00e9sir. Les significations sont susceptibles d&rsquo;une r\u00e9solution qui dans tous les cas &#8211;&nbsp; l\u00e0,&nbsp; je fais dans l&rsquo;universel,&nbsp;&nbsp; je partialiserais en disant \u00ab\u00a0dans tous les cas\u00a0\u00bb = c&rsquo;est un fantasme -, dans&nbsp; tous les cas o\u00f9 il y a question de l&rsquo; \u00eatre, dans tous les cas o\u00f9 le sujet se pense seul&nbsp; \u00e0 y r\u00e9pondre, cette r\u00e9solution tend au n\u00e9ant, \u00e0 ce que Lacan appelle dans ces termes :&nbsp; <strong>le d\u00e9s\u00eatre<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>La question de l&rsquo;\u00eatre dans tous les cas o\u00f9 elle se pose d\u00e9bouche sur le d\u00e9s\u00eatre, c&rsquo;est une r\u00e9solution ontologique.<\/strong><\/p>\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue telle tr\u00e8s largement au-del\u00e0 du cercle lacanien, on a per\u00e7u cette [capacit\u00e9]&#8230; de r\u00e9duction, de concentration,&nbsp; au point qu&rsquo;on l&rsquo;a qualifi\u00e9e de <em>shrinkage<\/em>, qu&rsquo;on a vu dans l&rsquo;analyste comme un r\u00e9ducteur de t\u00eate. Soit une fa\u00e7on d&rsquo;exprimer cette r\u00e9solution ontologique. Et quand on a affaire \u00e0 un n\u00e9vros\u00e9 \u00e0 qui on ouvre la possibilit\u00e9 de <strong>dire tout ce qui lui passe par la t\u00eate, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale il suffit d&rsquo;attendre, il suffit d&rsquo;attendre pour arriver au d\u00e9s\u00eatre<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Et au niveau du sympt\u00f4me, <\/strong>pr\u00e9cis\u00e9ment<strong>, il n&rsquo;y a pas de r\u00e9solution par le d\u00e9s\u00eatre.<\/strong><\/p>\n<p>Le d\u00e9s\u00eatre ne touche pas \u00e0 l&rsquo;existence. Et la voie que nous indique Lacan dans&nbsp; les derni\u00e8res ann\u00e9es de son enseignement, pr\u00e9cis\u00e9ment se centre sur le sympt\u00f4me, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur l&rsquo;existence, et non pas sur l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<p><em>\u00e9criture<\/em><\/p>\n<p>Le sympt\u00f4me n&rsquo;est <strong>pas une formation de parole<\/strong>, si je puis dire, il est corr\u00e9latif d&rsquo;une <strong>inscription<\/strong> en ceci qu&rsquo;il est <strong>permanent<\/strong> et \u00e7a le distingue en effet du r\u00eave, des mots d&rsquo;esprit, du lapsus, de l&rsquo;acte manqu\u00e9.<\/p>\n<p>Et par l\u00e0, il oblige \u00e0 aller au-del\u00e0 de la fonction de la parole dans le champ du langage. <strong>C&rsquo;est le sympt\u00f4me qui oblige \u00e0 introduire dans le champ du langage l&rsquo;instance de l&rsquo;\u00e9criture<\/strong>, en raison de la permanence, et c&rsquo;est bien ce qui a conduit Lacan \u00e0 ne pas se satisfaire de dire de l&rsquo;inconscient que c&rsquo;\u00e9tait le discours de l&rsquo;Autre, mais d&rsquo;en faire aussi un savoir. C&rsquo;est bien ce qui l&rsquo;a d\u00e9tourn\u00e9 de concevoir l&rsquo;inconscient seulement en termes de v\u00e9rit\u00e9, qui est v\u00e9rit\u00e9 du moment, qui est v\u00e9rit\u00e9 qui se renie, voix qui se refoule, et on peut longuement parler de l&rsquo;inconscient en termes de v\u00e9rit\u00e9, mais le sympt\u00f4me fait objection \u00e0 ce qu&rsquo;on puisse dire que tout de l&rsquo;inconscient est au niveau de la v\u00e9rit\u00e9. Freud l&rsquo;a essay\u00e9 et donc il a rencontr\u00e9 comme des objections la permanence du sympt\u00f4me une fois interpr\u00e9t\u00e9. Et il a d\u00fb inventer la r\u00e9action th\u00e9rapeutique n\u00e9gative pour en rendre compte, pour rendre compte de la r\u00e9sistance du sympt\u00f4me \u00e0 s&rsquo;\u00e9vaporer une fois que sa v\u00e9rit\u00e9 est \u00e9clair\u00e9e.<\/p>\n<p><em>savoir<\/em><\/p>\n<p>Le dernier enseignement de Lacan, au contraire, prend son d\u00e9part de cette r\u00e9sistance-l\u00e0, et nous invite \u00e0 repenser la psychanalyse \u00e0 partir de l\u00e0. Et d&rsquo;abord l&rsquo;inconscient n&rsquo;en faire non pas seulement le discours de l&rsquo;Autre, mais un savoir.<\/p>\n<p>En quel sens? \u00c7a&#8230; On peut l&rsquo;entendre, et c&rsquo;est ainsi d&rsquo;ailleurs que Lacan l&rsquo;introduit, comme&nbsp; ce savoir qui donne sens, qui compl\u00e8te un signifiant, S1, par un S2, un signifiant de savoir, qui donne sens au premier. Mais, il y a une autre d\u00e9finition du savoir qui ne passe pas par cette donation de sens. Cette donation de sens qui s&rsquo;av\u00e8re impuissante \u00e0 r\u00e9sorber ce que Freud appelle les restes symptomatiques. <strong>Et c&rsquo;est ce qui oblige \u00e0 d\u00e9finir aussi le savoir comme la seule it\u00e9ration de S1 &#8211;&nbsp; l&rsquo;identit\u00e9 de soi \u00e0 soi qui se maintient et qui constitue le fondement m\u00eame de l&rsquo;existence.<\/strong><\/p>\n<p><em>lettre<\/em><\/p>\n<p>Et, c&rsquo;est ici que Lacan nous a invit\u00e9 \u00e0 penser l&rsquo;inconscient non pas \u00e0 partir de ce qui donne sens, non pas \u00e0 partir de la v\u00e9rit\u00e9, mais comme ce qui consiste en un signifiant <strong>qui peut s&rsquo;inscrire d&rsquo;une lettre<\/strong>. Oh!&nbsp; il a vari\u00e9 l\u00e0-dessus, il n&rsquo;a pas donn\u00e9 \u00e7a d&#8217;embl\u00e9e, il a cherch\u00e9 comment s&rsquo;en arranger, il y a pass\u00e9 des ann\u00e9es avant de <strong>choisir<\/strong>, contre ce qui \u00e9tait son enseignement le plus reconnu, <span style=\"color: #ff6600;\">que l&rsquo;inconscient \u00e9tait \u00e0 penser <strong>\u00e0 partir de l&rsquo;it\u00e9ration, de l&rsquo;it\u00e9ration brute,<\/strong> et non pas \u00e0 partir de la donation de sens.<\/span> S&rsquo;il a pu dire dans son dernier \u00e9crit recueilli dans le recueil que j&rsquo;ai intitul\u00e9 des <em>Autres \u00c9crits<\/em>, que l<span style=\"color: #ff6600;\">&lsquo;inconscient est r\u00e9el<\/span>, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il a choisi, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il a <span style=\"color: #ff6600;\"><strong>choisi de placer l&rsquo;inconscient au niveau du sympt\u00f4me, et du sympt\u00f4me qui reste apr\u00e8s interpr\u00e9tation, du sympt\u00f4me qui reste apr\u00e8s v\u00e9rit\u00e9.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Freud, au d\u00e9but de sa pratique n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 \u00e7a, c&rsquo;est lorsque les analyses ont commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;allonger dans la dur\u00e9e, qu&rsquo;il en a eu la notion. Et cela l&rsquo;a forc\u00e9 \u00e0 remanier sa topique, \u00e0 en inventer une seconde, pour essayer de rendre compte de cette existence du <span style=\"color: #ff6600;\"><strong>sympt\u00f4me outre-interpr\u00e9tation &#8211;&nbsp; le sympt\u00f4me it\u00e9ration<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p><em>semelfactif, traumatisme<\/em><\/p>\n<p>Lacan a cueilli dans la bouche d&rsquo;un de ses patients une formule qu&rsquo;il a adopt\u00e9, qui faisait du <span style=\"color: #ff6600;\"><strong>sympt\u00f4me l&rsquo;\u00e9quivalent de points de suspension, qui faisait du sympt\u00f4me un<\/strong> <em>etcaetera<\/em>.<\/span> C&rsquo;est une fa\u00e7on d&rsquo;exprimer \u00e0 partir d&rsquo;un signe de ponctuation de l&rsquo;\u00e9criture, <strong>que la parole<\/strong>, celle que l&rsquo;analyste demande, celle qu&rsquo;on lui donne dans l&rsquo;exp\u00e9rience, <strong>d\u00e9pend d&rsquo;une \u00e9criture, s&rsquo;articule \u00e0 la permanence d&rsquo;un sympt\u00f4me qui it\u00e8re.&nbsp;<\/strong> Une it\u00e9ration c&rsquo;est une action qui r\u00e9p\u00e8te un processus, et, une fois \u00e9vanouis les mirages qui se dissipent dans le d\u00e9s\u00eatre, au-del\u00e0 du d\u00e9s\u00eatre, il reste l&rsquo;it\u00e9ration, et l&rsquo;it\u00e9ration du sympt\u00f4me (implique), au moins est r\u00e9f\u00e9rable \u00e0 ce qu&rsquo;on appelle un <strong><a href=\"http:\/\/fr.wiktionary.org\/wiki\/semelfactif\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><em>semelfactif<\/em> <\/a><\/strong>&#8211; <em>semel<\/em> \u00e7a veut dire en latin \u00ab\u00a0une fois\u00a0\u00bb -, un \u00e9v\u00e9nement singulier, unique, qui a valeur, dirons-nous, de traumatisme.<\/p>\n<p>Et, le dernier enseignement de Lacan nous incite pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cerner au-del\u00e0 du fantasme ce <em>semelfactif<\/em> qui est appel\u00e9 en clinique <strong>le traumatisme<\/strong>, <strong>la rencontre avec la jouissance<\/strong>. C&rsquo;est \u00e7a qui fait d&rsquo;ailleurs la diff\u00e9rence entre la jouissance au sens de Lacan et la libido freudienne, c&rsquo;est que la jouissance est \u00e0 rapporter dans tous les cas \u00e0 une rencontre, \u00e0 un <em>semelfactif<\/em>.&nbsp; <strong>Et il se maintient intouch\u00e9, comme en arri\u00e8re de toute dialectique, ce <em>semelfactif<\/em> de la jouissance.<\/strong><\/p>\n<p>Le sympt\u00f4me, ce qui en reste une fois qu&rsquo;il est interpr\u00e9t\u00e9, une fois que le fantasme est travers\u00e9, une fois que le d\u00e9s\u00eatre est conquis, <span style=\"color: #ff6600;\"><strong>le sympt\u00f4me n&rsquo;est pas dialectique<\/strong><\/span>, il repr\u00e9sente, il r\u00e9percute le \u00ab\u00a0<strong>une seule fois<\/strong>\u00ab\u00a0, et lorsqu&rsquo;il est ferm\u00e9, lorsque dans l&rsquo;exp\u00e9rience, et dans la parole bien entendu, il est saisi dans sa forme la plus pure, alors il appara\u00eet qu&rsquo;il est, comme on dit en math\u00e9matiques, <span style=\"color: #ff6600;\"><strong>auto-similaire<\/strong> <\/span>(n&rsquo;\u00e9crivez pas \u00e7a \u00ab\u00a0S -I-M-I- 2 L &#8211; E- R\u00a0\u00bb &#8230; )&nbsp; Il est auto-similaire, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on s&rsquo;aper\u00e7oit que <span style=\"color: #ff6600;\">la totalit\u00e9 est semblable \u00e0 l&rsquo;une des parties, et c&rsquo;est en quoi il est fractal.<\/span><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la passe quand on s&rsquo;occupe de ce qui reste, c&rsquo;est \u00e7a qu&rsquo;on rencontre, le sympt\u00f4me comme auto-similaire, et qui permet d&rsquo;apercevoir en quoi tout ce qu&rsquo;on a parcouru r\u00e9percutait cette m\u00eame structure.<\/p>\n<p>Alors \u00e7a a des cons\u00e9quences pour l&rsquo;\u00e9coute, comme on dit, de l&rsquo;analyste.<\/p>\n<p><strong>Il y a une \u00e9coute au niveau de la dialectique.<\/strong> Elle (s&rsquo;\u00e9coule et ) suit les variations de l&rsquo;ontologie du discours du patient,&nbsp; de ce qui se prend sens pour lui. Et puis ce sens blanchit, s&rsquo;\u00e9tiole, s&rsquo;\u00e9vanouit, et d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale se dirige vers le d\u00e9s\u00eatre avec les effets qui s&rsquo;ensuivent et qui sont \u00e0 la fois de d\u00e9pression, <span style=\"color: #ff6600;\"><strong>pour n&rsquo;avoir d\u00e9sir\u00e9 que du vent,<\/strong><\/span> mais qui sont aussi d&rsquo;enthousiasme, pour s&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de ce qui pesait sur sa vie libidinale. Et certes l&rsquo;analyste peut alors pr\u00e9cipiter cette interpr\u00e9tation par une intervention qui la favorise et qui sont toujours des interpr\u00e9tations de d\u00e9s\u00eatre.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600;\"><strong>Mais il y a une seconde \u00e9coute, qui est l&rsquo;\u00e9coute de l&rsquo;it\u00e9ration et qui se dirige vers l&rsquo;existence.<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Et entre ces deux \u00e9coutes, l&rsquo;analyste circule.<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;il y a l\u00e0 deux dimensions, deux dimensions qui ne sont raccord\u00e9es que par un hiatus. Une dimension o\u00f9 le sujet, comme dit Lacan, dans son avant-dernier \u00e9crit <a title=\"LOM&nbsp;cahun\u2026.\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/05\/lom-cahun\/\"><em>\u00ab\u00a0Joyce le Sympt\u00f4me<\/em>\u00ab\u00a0,&nbsp; o\u00f9 le sujet vit de l&rsquo;\u00eatre, et il \u00e9quivoque avec \u00ab\u00a0vide l&rsquo;\u00eatre\u00a0\u00bb : il vit de l&rsquo;\u00eatre et en m\u00eame temps il le vide, il est promis au vidage,<\/a> et nous l&rsquo;accompagnons dans ce vidage. <strong>Mais il y a une autre dimension.<\/strong><\/p>\n<p><em>avoir un corps<\/em><\/p>\n<p><strong>Celle o\u00f9 il A UN CORPS.<\/strong><\/p>\n<p>Et, il faut en passer par la diff\u00e9rence de l&rsquo;\u00eatre et de l&rsquo;existence pour donner sa valeur \u00e0 la diff\u00e9rence de l&rsquo;\u00eatre et de l&rsquo;avoir. <strong>L&rsquo;avoir, l&rsquo;avoir un corps est du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;existence.<\/strong> C&rsquo;est un avoir qui ne se marque qu&rsquo;\u00e0 partir du vide du sujet. Et c&rsquo;est pourquoi, quand il a au fond abandonn\u00e9 le terme de sujet, de sujet de la parole essentiellement, Lacan a forg\u00e9 celui de <strong>parl\u00eatre<\/strong>. Il a d\u00e9gag\u00e9 ici la racine de ce qu&rsquo;il appelait le sujet comme manque-\u00e0-\u00eatre : marquer par le terme de parl\u00eatre <strong>que ce sujet n&rsquo;a d&rsquo;\u00eatre que ce qui tient \u00e0 la parole &#8211; mais qu&rsquo;il ne peut se poser comme tel, au moins est-ce ce qu&rsquo;il a impliqu\u00e9 , qu&rsquo;\u00e0 partir du corps, de son \u00ab\u00a0A UN CORPS\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il fait de ce corps qu&rsquo;il a?&nbsp; <span style=\"color: #ff6600;\"><strong>Ce corps est essentiellement marqu\u00e9 par le sympt\u00f4me.<\/strong><\/span> Et c&rsquo;est en cela que <strong>le sympt\u00f4me peut \u00eatre d\u00e9fini comme un \u00e9v\u00e9nement de corps, \u00e7a suppose que ce corps est marqu\u00e9 par le signifiant.&nbsp; <\/strong>Par le signifiant, c&rsquo;est-\u00e0-dire quoi? Par la parole en tant qu&rsquo;elle s&rsquo;est inscrite, en tant qu&rsquo;elle peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e par une <strong>lettre<\/strong>. Et c&rsquo;est cette inscription qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9e de l&rsquo;inconscient freudien. Et tout ceci, je vous le ferais remarquer, proc\u00e8de pr\u00e9cis\u00e9ment de la jaculation <em>Ya de l&rsquo;Un<\/em>.<\/p>\n<p><em>Y a de l&rsquo;Un<\/em>, veut dire <em>: il y a du sympt\u00f4me<\/em>.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du d\u00e9s\u00eatre, il reste l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de corps.<\/p>\n<p>Et le <em>Yad&rsquo;Lun<\/em>, c&rsquo;est une formulation qui constitue le premier pas de \u00ab\u00a0il n&rsquo;y a pas de rapport sexuel\u00a0\u00bb.&nbsp; <strong>Il n&rsquo;y a pas de rapport sexuel au fond c&rsquo;est la cons\u00e9quence de la primaut\u00e9 de l&rsquo;Un, en temps qu&rsquo;il marque le corps d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement de jouissance.<\/strong> Cet Un, vous le savez, ce n&rsquo;est pas le Un de la fusion, celui qui ferait du deux l&rsquo;\u00c9ros, auquel Freud s&rsquo;est r\u00e9f\u00e9r\u00e9, mais il a bien fallu qu&rsquo;il fasse surgir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Eros, Thanatos, pour contrarier la fusion. Et au fond, l&rsquo;\u00e9mergence de Thanatos \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;\u00c9ros, c&rsquo;est ce dont Lacan rend compte en disant <strong><em>Y a de l&rsquo;un,<\/em> c&rsquo;est-\u00e0-dire, pas de deux<\/strong>. Pas de rapport sexuel.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est donc sur la <strong>solitude de l&rsquo;Un tout seul<\/strong> que prend son d\u00e9part le dernier enseignement de Lacan. L&rsquo;Un tout seul, ou par le seul. Dans l&rsquo;analyse, il y a le deux, on lui restitue du deux, c&rsquo;est parce que simplement on y ajoute l&rsquo;interpr\u00e9tation. On ajoute \u00e0 ce Un tout seul, le temps qu&rsquo;il faut, le S2 qui lui permet faire sens. Et pr\u00e9cis\u00e9ment pour faire l&rsquo;exp\u00e9rience de ce que \u00e7a ne r\u00e9sout pas, on l&rsquo;inscrit dans un savoir, on lui donne du sens. Et pr\u00e9cis\u00e9ment pour parvenir au d\u00e9savoir et au d\u00e9-sens.<\/p>\n<p><strong>Il y a dans le sympt\u00f4me un Un opaque.<\/strong> Une jouissance qui en tant que&nbsp; telle n&rsquo;est pas de l&rsquo;ordre du savoir, et pour l&rsquo;isoler il faut passer par les d\u00e9tours que promet la dialectique et la s\u00e9mantique. <strong>Et il arrive que l&rsquo;analyse satisfasse par le sens qu&rsquo;elle d\u00e9livre. C&rsquo;est une forme de duperie.<\/strong><\/p>\n<p>Il s&rsquo;agirait pr\u00e9cis\u00e9ment que l&rsquo;Outre-passe, et l&rsquo;\u00e9preuve qu&rsquo;elle sanctionnerait, \u00e0 la fois retrace les m\u00e9andres de ce que Lacan appelait la v\u00e9rit\u00e9 menteuse, de l&rsquo;accession au d\u00e9s\u00eatre,&nbsp; mais pour culminer dans <strong>l&rsquo;assomption de ce qui fait le r\u00e9el rebelle au vrai<\/strong>. On peut appeler \u00e7a le destin. En tout cas, ce serait une autre fa\u00e7on d&rsquo;habiter l&rsquo;\u00e9preuve que Lacan a laiss\u00e9 \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves sous le nom de la passe. Ce serait de l&rsquo;habiter, cette passe, comme l&rsquo;outre-passe, au-del\u00e0 du fantasme.<\/p>\n<p>L&rsquo;assomption du non-sens de ce Un qui dans le sympt\u00f4me it\u00e8re, si je puis dire, sans rime ni raison.<\/p>\n<p>A la semaine prochaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00eatre et l\u2019existence, cela fait deux.Voil\u00e0 ce que j\u2019enseigne cette ann\u00e9e \u00e0 partir du dernier enseignement de Lacan.<br \/>\nCette bipartition, cette d\u00e9nivellation, est n\u00e9cessaire \u00e0 penser ce qui s\u2019impose de notre pratique et qui est l\u2019espace d\u2019un au-del\u00e0 de la passe, l\u2019outre-passe, dont nous sommes comme analystes appel\u00e9s \u00e0 r\u00e9pondre aujourd\u2019hui. Nous y sommes appel\u00e9s \u00e0 r\u00e9pondre parce que nombreux sont ceux qui, au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9preuve de la passe, r\u00e9ussie ou non, poursuivent l\u2019analyse.<br \/>\nIl y a, c\u2019est une constatation, l\u2019outre-passe. Et de ce fait, elle conditionne l\u2019exp\u00e9rience analytique d\u00e8s le moment o\u00f9 celle-ci s\u2019instaure. <a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/05\/jam-3-mai-2011\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"cours jacques-alain miller, 3 mai, en cours de frappe \/  etc.:","jetpack_is_tweetstorm":false},"categories":[4],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2zPSJ-on","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":1660,"url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/05\/cours-de-jacques-alain-miller-18-mai-2011\/","url_meta":{"origin":1511,"position":0},"title":"XIII. tripartition de la cause lacanienne - 18 mai","date":"18 mai 2011","format":false,"excerpt":"J\u2019ai fait r\u00e9sonner \u00e0 la fin de ma derni\u00e8re causerie le mot de \u00ab\u00a0cause\u00a0\u00bb,\u00a0 en faisant r\u00e9f\u00e9rence, r\u00e9f\u00e9rence allusive, \u00e0 Descartes. C\u2019est en effet dans la troisi\u00e8me M\u00e9ditation que l\u2019on\u00a0 trouve formul\u00e9 le principe de causalit\u00e9 suivant, attribu\u00e9 par Descartes \u00e0 ce qu\u2019il appelle la lumi\u00e8re naturelle. Cette expression a\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;L'\u00eatre et l'Un&quot;","img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":1469,"url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/9-cours-jam-30-mars-11\/","url_meta":{"origin":1511,"position":1},"title":"IX.  Direction de la cure \/\/ de l'en-de\u00e7\u00e0 du refoul\u00e9 \u00e0 un au-del\u00e0 de la passe-  30 mars 2011","date":"30 mars 2011","format":false,"excerpt":"penser (dans) l'exp\u00e9rience analytique Il s\u2019agit ici du r\u00e9el dans l\u2019exp\u00e9rience analytique, dans la v\u00f4tre aussi bien, comme analysant et comme praticien. 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