{"id":1844,"date":"2011-05-25T23:33:45","date_gmt":"2011-05-25T21:33:45","guid":{"rendered":"http:\/\/empreintesdigitales.wordpress.com\/?p=1844"},"modified":"2022-05-20T13:53:47","modified_gmt":"2022-05-20T11:53:47","slug":"14-cours-de-jacques-alain-miller-25-mai-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/05\/14-cours-de-jacques-alain-miller-25-mai-2\/","title":{"rendered":"XIV.   le point de capiton de Montpellier \/ tripartition de consistances cliniques &#8211; 25 mai"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"303\" height=\"480\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/le-sinthome.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1929\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/le-sinthome.jpg 303w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/le-sinthome-189x300.jpg 189w\" sizes=\"(max-width: 303px) 100vw, 303px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Ce n\u2019\u00e9tait pas ici que mon cours de cette ann\u00e9e a atteint, je crois son but, (\u00ab <em>On n\u2019entend pas, on n\u2019entend pas, on n\u2019entend rien<\/em> \u00bb) sa cible, son sommet ( &#8211; voil\u00e0, je vous donne 3 mots comme \u00e7a si vous en perdez un, ce n\u2019est pas trop grave).<\/strong> Ce n\u2019\u00e9tait pas ici, mais lors d\u2019une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude  &#8211; \u00e0 laquelle vous n\u2019avez pas \u00e9t\u00e9 convi\u00e9s, je m\u2019en excuse &#8211; qui r\u00e9unissait comme chaque ann\u00e9e ceux qui ont une charge d\u2019enseignement dans les sections cliniques &#8211; celles de France auxquelles s\u2019ajoute la section de Bruxelles. Cette journ\u00e9e regroupe donc un ar\u00e9opage de quelque 200 enseignants et un petit nombre d\u2019\u00e9tudiants qui sont aussi convi\u00e9s <a title=\"\" href=\"#_edn1\">[i]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce weekend, cela se passait \u00e0 Montpellier et je ne peux pas le passer sous silence, non pas pour vous d\u00e9sesp\u00e9rer, mais parce que non seulement cette journ\u00e9es, ces 2 demi-journ\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion pour moi de v\u00e9rifier <strong>que j\u2019\u00e9tais entendu, par beaucoup de monde qui n\u2019est pas ici,<\/strong> que j\u2019\u00e9tais compris, et que mon cours de cette ann\u00e9e avait, si je puis dire, <strong>r\u00e9sonn\u00e9<\/strong> pour les coll\u00e8gues, praticiens en m\u00eame temps qu\u2019enseignants, qui se d\u00e9vouent \u00e0 animer ce qui doit bien faire 25 ou 26 \u00e9tablissements \u00e0 travers le pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais aussi, ce fut le moment o\u00f9<strong> pour moi s\u2019est nou\u00e9 le point de capiton de ce cours<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dois dire que dans ces journ\u00e9es je ne suis pas du tout le seul \u00e0 travailler, puisque ces journ\u00e9es se sont d\u00e9roul\u00e9es \u00e0 partir d\u2019un \u00e9crit de 15 contributions br\u00e8ves, 2, maximum 3 pages, de 15 psychanalystes auxquels j\u2019avais propos\u00e9 \u00e0 chacun une proposition, une phrase extraite du s\u00e9minaire XIII de Lacan, <em>Le sinthome<\/em>, et je m\u2019\u00e9tais efforc\u00e9 d\u2019assigner \u00e0 chacun le travail qu\u2019il me semblait, les connaissant, le plus apte \u00e0 les stimuler et le r\u00e9sultat est l\u00e0 (<em>d\u00e9signe sur la table, une grosse quantit\u00e9 de feuilles)<\/em>, et la lecture des textes se fait \u00e0 l\u2019avance. Il est aujourd\u2019hui ais\u00e9 d\u2019envoyer cette quantit\u00e9 de signifiants par un message \u00e9lectronique, ce qui fait que sur place on converse. Et on a convers\u00e9 autour de 3 tables rondes, plus une laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019improvisation. Donc loin d\u2019\u00eatre tout seul, solitaire \u00e0 cette tribune comme je suis ici, et comme on m\u00eame dit aust\u00e8re, eh bien dans ce cadre-l\u00e0, je m\u2019en donne \u00e0 corps joie. Faut dire que pour ma part je ne me suis exprim\u00e9 que dans un style de rigolade qui a \u00e9t\u00e9 communicatif, ce qui fait que on s\u2019est bien amus\u00e9s \u00e7a m\u2019a fait d\u2019ailleurs regretter le format d\u2019expression auquel je suis ici condamn\u00e9, c\u2019est le mot qui me vient, et j\u2019aimerais bien que \u00e7a change, j\u2019aimerais peut-\u00eatre m\u00eame bien que \u00e7a change avant la fin de l\u2019ann\u00e9e. Il y a dans l\u2019\u00e9change dans la conversation pour moi une stimulation, de l\u2019invention <em>ex-tempore<\/em>, qui \u00e9videmment ici me fait d\u00e9faut, et c\u2019est l\u00e0 que le signifiant et le signifi\u00e9 se sont rejoints dans ce qui m\u2019a paru \u00eatre le point de capiton de ce cours.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<h2>Point de capiton<\/h2>\n\n\n\n<p>Point de capiton, c\u2019est une notion que rend n\u00e9cessaire le d\u00e9calage du signifiant et du signifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que se d\u00e9roule une chaine signifiante qui est en l\u2019occurrence une chaine sonore<strong>,<\/strong> il se forme une n\u00e9buleuse de significations jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019\u00e0 un moment le signifi\u00e9 vienne s\u2019ordonner, du moins on l\u2019esp\u00e8re, et semble rejoindre en quelque sorte la suite signifiante et r\u00e9v\u00e9ler <strong>ce que \u00e7a veut dire<\/strong> &#8211; on a \u00e9videmment des degr\u00e9s dans le \u00ab&nbsp;ce que \u00e7a veut dire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut comprendre une signification sans avoir du tout la notion de pourquoi cela a \u00e9t\u00e9 dit et o\u00f9 est-ce que cela m\u00e8ne, et puis ce moment de capitonnage se produit avec chaque mot, chaque proposition, chaque phrase, chaque paragraphe, au bout de l\u2019heure du cours, et puis aussi, ensuite on esp\u00e8re qu\u2019il se produise pour l\u2019ensemble de ce qui a \u00e9t\u00e9 dit sous le m\u00eame chef, et cet ensemble peut encore s\u2019\u00e9largir, jusqu\u2019\u00e0 se demander, comme il arrive parfois de me poser la question, ce que \u00e7a veut dire l\u2019effort que je poursuis ici depuis de nombreuses ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrement dit, le point de capiton, notion n\u00e9cessaire vu le d\u00e9calage signifiant\/signifi\u00e9 pour situer, ou s\u2019imaginer situer, l\u2019intention, <strong>l\u2019intention de signification qui semble avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine du discours, l\u2019intention qui aurait mobilis\u00e9 le signifiant.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, pour l\u2019auditeur, c\u2019est apr\u00e8s-coup, une fois que c\u2019est dit, qu\u2019il peut imaginer acc\u00e9der \u00e0 cette intention.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, imaginez que \u00e7a puisse ne pas \u00eatre moins vrai pour le locuteur lui-m\u00eame.Est-il tr\u00e8s s\u00fbr de ce qu\u2019il veut dire avant de l\u2019avoir dit&nbsp;? Et l\u2019intention per\u00e7ue apr\u00e8s coup, par lui-m\u00eame, peut \u00eatre assez distincte de la n\u00e9buleuse d\u2019intentions qui pr\u00e9sidait \u00e0 sa prise de paroles.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"300\" height=\"450\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/point-de-capiton.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1914\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/point-de-capiton.jpg 300w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/05\/point-de-capiton-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Vous savez comment Lacan a repr\u00e9sent\u00e9 cette fonction du point de capiton par un sch\u00e9ma dynamique qui place sur un vecteur qu\u2019on peut dire chronologique la suite signifiante, et qui fait intervenir un second vecteur recroisant le premier en deux points, et allant en sens inverse, celui du signifi\u00e9 qui attend que soit d\u00e9j\u00e0 atteint une certaine longueur sur le vecteur signifiant pour s\u2019effectuer et disons lui n\u2019est pas chronologique, il est plut\u00f4t instantan\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le point de capiton, c\u2019est un instant, un instant de voir ou de saisir <strong>le signifiant qui compte,<\/strong> et cet instant de voir ou de saisir se collabant imm\u00e9diatement avec le moment de comprendre, ce qui incite Lacan \u00e0 situer ici l\u2019ensemble signifiant grand A, c\u2019est l&rsquo;ensemble des signifiants, et \u00e0 placer, en apr\u00e8s-coup, l\u00e0 o\u00f9 je situais l\u2019intention, le signifi\u00e9 de cet ensemble de signifiants.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous savez que c\u2019est de cette cellule minimale, que Lacan a utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion pour repr\u00e9senter la m\u00e9taphore, un signifiant effectuant un effet positif de signifi\u00e9, marqu\u00e9 par un plus entre parenth\u00e8se, (+), dans cette formule. C\u2019est aussi de cette cellule qu\u2019il a fait la matrice de son graphe dit du d\u00e9sir o\u00f9 pendant plusieurs ann\u00e9es il a rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 la fois la th\u00e9orie et la pratique de la psychanalyse.<\/p>\n\n\n\n<p>Eh bien, \u00e0 Montpellier et au moins pour l\u2019ensemble de ce que j\u2019ai voulu dire jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, Montpellier a fonctionn\u00e9, en avais-je l\u2019intention ou pas, sans doute que je l\u2019avais, puisque c\u2019est moi qui ait choisi \u00e7a, il y a d\u00e9j\u00e0 longtemps, peut-\u00eatre que je ne savais pas encore exactement dans quel contexte cela s\u2019ins\u00e9rerait, en tout cas \u00e7a a fonctionn\u00e9 comme un point de capiton pour l\u2019ensemble de ce que j\u2019ai dit cette ann\u00e9e, et il faut donc que je vous en communique quelque chose, au moins, les fondements.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce qu&rsquo;ici on ne rigole pas, c\u2019est un fait, quand on compare avec le weekend, mais c\u2019est tout de m\u00eame ce que je fais ici, dans un style plus laborieux, qui permet aux feux d\u2019artifices de mes amis et moi-m\u00eame de partir l\u00e0 pendant un petit moment.<\/p>\n\n\n\n<h2>Tripartition de consistances cliniques<\/h2>\n\n\n\n<div style=\"float: right;\">\n<ul>\n<li><strong>s\u00e9minaire 19 <\/strong> \u00ab \u2026 ou pire \u00bb (1971-1972)<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire 20<\/strong> <em>Encore <\/em>(1972-1973)<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire 21 <\/strong>Les non-dupent errent (1973-1974)<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire 22 <\/strong>RSI (1974-1975)<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire 23 <\/strong><em>Le sinthome<\/em> (1975-1976)<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire 24 <\/strong>L&rsquo;insu que sait de l&rsquo;une b\u00e9vue s&rsquo;aile a mourre 1976-1977<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire 25 <\/strong>Le moment de conclure 1977-1978<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire n\u0153ud 26 <\/strong>La topologie et le temps 1978-1979<\/li>\n<li><strong>s\u00e9minaire n\u0153ud 27 <\/strong>Dissolution 1980-1981<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Eh bien, je vais en \u00e9noncer une autre de tripartition, si je veux inscrire <strong>le sinthome comme un point d\u2019arriv\u00e9e de la clinique de Lacan<\/strong> (je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9 \u00e0 ce titre).<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois que Lacan a \u00e9mis son \u00ab Y a de l\u2019Un \u00bb, qu\u2019il a r\u00e9duit le symbolique \u00e0 l\u2019Un, qu\u2019il a reni\u00e9 d\u00e9cid\u00e9ment l\u2019ontologie pour la logique et \u00e0 cause de la logique, dans son s\u00e9minaire \u00ab Ou pire \u00bb,&nbsp; il poursuit dans le c\u00e9l\u00e8bre s\u00e9minaire <em>Encore<\/em>, <strong>et c\u2019est avec le s\u00e9minaire XIII (<em>Le sinthome<\/em>) que nous avons la formulation du terme autour duquel tourne sa derni\u00e8re clinique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des 2 derniers s\u00e9minaires de Lacan, le 24 et le 25 (\u00ab L&rsquo;insu que sait de l&rsquo;une b\u00e9vue s&rsquo;aile a mourre \u00bb et \u00ab Le moment de conclure \u00bb), son tout dernier enseignement (TDE) que j\u2019ai \u00e9pel\u00e9 devant vous jadis, il ne se d\u00e9gage <strong>pas une cons\u00e9quence clinique aussi op\u00e9ratoire que celle du sinthome. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Donc, le sinthome c\u2019est le terme cl\u00e9 et au fond pas tellement glos\u00e9 par Lacan, c\u2019est le terme cl\u00e9 de la clinique, \u00e0 laquelle il a abouti et de celle qu\u2019il a pu transmettre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et puis dans les deux derniers<\/strong> qui sont hors de la s\u00e9rie, qui viennent apr\u00e8s le S\u00e9minaire XXV, intitul\u00e9 \u00ab Le moment de conclure \u00bb, il \u00e9tait aux prises directement avec son architecture des n\u0153uds. Je suis loin de n\u00e9gliger tout cela, tout au contraire, mais <strong>du point de vue clinique tout de m\u00eame, c\u2019est avec la consistance du sinthome que nous nous trouvons avoir un savoir-faire &#8211;<\/strong> \u00e0 voir ce que nous en d\u00e9veloppons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Alors qu\u2019est-ce qui vient, qu\u2019est-ce qui occupe la m\u00eame place avant ? Qu\u2019est-ce qui occupe dans l\u2019enseignement de Lacan <strong>la m\u00eame place de consistance clinique<\/strong> <strong>sur laquelle l\u2019analyste rep\u00e8re son op\u00e9ration<\/strong> ?<\/p>\n\n\n\n<p>Eh bien avant le sinthome, <strong>nous avons ce fantasme dont la travers\u00e9e<\/strong> est suppos\u00e9e \u00eatre, faire exister la conclusion de l\u2019analyse, que j\u2019ai m\u00eame prise comme programm\u00e9e, recherch\u00e9e par Lacan de nombreuses ann\u00e9es avant qu\u2019il l\u2019ait d\u00e9livr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Et encore avant, parce qu\u2019il y a un avant, c\u2019est n\u2019est pas venu d\u2019embl\u00e9e, ce premier temps de la consistance du fantasme, nous avons un ensemble, une classe de consistances cliniques<strong> que Lacan a baptis\u00e9 les formations de l\u2019inconscient<\/strong> et \u00e0 quoi d\u2019ailleurs il a consacr\u00e9 un s\u00e9minaire qui porte ce titre, au cours duquel il pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9labor\u00e9, commenc\u00e9 d\u2019\u00e9laborer son graphe du d\u00e9sir, dont je rappelais tout \u00e0 l\u2019heure le premier \u00e9tage ou la cellule matricielle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc si l\u2019on prend l\u2019enseignement de Lacan \u00e0 partir de \u00ab Fonction et champ de la parole et du langage \u00bb, au moment o\u00f9 lui-m\u00eame date son enseignement, ses 6 premiers s\u00e9minaires indiquent \u00e0 l\u2019analyste que son op\u00e9ration vise, porte sur les formations de l\u2019inconscient.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est ensuite que progressivement, il en vient \u00e0 centrer la conclusion de l\u2019analyse sur le fantasme.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ensuite, la seule consistante nouvelle que nous voyons appara\u00eetre, c\u2019est celle du sinthome.<\/p>\n\n\n\n<ol><li><strong>formations de l\u2019inconscient<\/strong><\/li><li><strong>fantasme<\/strong><\/li><li><strong>sinthome<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Evidemment, c\u2019est construction de ma part, il y a bien d\u2019autres fa\u00e7ons de scander l\u2019enseignement de Lacan que ce que je dis, et moi-m\u00eame j\u2019en essay\u00e9 un grand nombre, mais <strong>si je peux accr\u00e9diter ce terme de \u00ab consistance clinique \u00bb<\/strong>, alors, je convie \u00e0 cette r\u00e9partition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>*<br><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alors, allons vite, les <strong>formations de l\u2019inconscient<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>La plus glorieuse, celle \u00e0 laquelle Freud s\u2019est d\u2019abord consacr\u00e9, par laquelle il a forc\u00e9 une porte de l\u2019inconscient, c\u2019est <strong>le r\u00eave<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et ensuite, c\u2019est <strong>le lapsus, l\u2019acte maqu\u00e9, le mot d\u2019esprit<\/strong> dans ses rapports avec l\u2019inconscient, comme il l\u2019a \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>Et Lacan dans son enseignement a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 cette chronologie de Freud, c\u2019est-\u00e0-dire que \u00ab Fonction et champ de la parole et du langage \u00bb, au fond c\u2019est une reprise <em>\u00e0 l\u2019endroit<\/em>, pas \u00e0 l\u2019envers comme il l\u2019a \u00e9voqu\u00e9, c\u2019est une reprise \u00e0 l\u2019endroit des premiers ouvrages de Freud (bon, c\u2019est \u00e0 l\u2019envers parce qu\u2019il met en valeur qu\u2019il s\u2019agit essentiellement du champ du langage).<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, ce sont <strong>des consistances qui sont \u00e0 d\u00e9chiffrer<\/strong>, dans lesquelles une <strong>v\u00e9rit\u00e9<\/strong> est suppos\u00e9e \u00eatre chiffr\u00e9e, o\u00f9 une v\u00e9rit\u00e9 est suppos\u00e9e pr\u00e9sente mais dissimul\u00e9e, qu\u2019on appelle \u00ab refoul\u00e9e \u00bb. Bien s\u00fbr on tente d\u2019expliquer les raisons de ce refoulement. Et cette v\u00e9rit\u00e9 se laisse traduire. Et, lorsqu\u2019elle est traduite, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e et traduite, elle appara\u00eet \u00eatre celle du <strong>d\u00e9sir<\/strong>. Au moins, Lacan la simplifie dans les termes du d\u00e9sir. Et c\u2019est l\u00e0 que s\u2019exerce par excellence l\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>*<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je ne rappelle cela que pour m\u00e9moire, c\u2019est pour d\u00e9j\u00e0 souligner que ce que nous appelons avec Lacan le fantasme, quand nous lui donnons cette part cruciale dans la conclusion de l\u2019analyse, que<strong> le fantasme<\/strong>, je le souligne,<strong> n\u2019est pas une formation de l\u2019inconscient. Dans la mesure o\u00f9 le fantasme implique aussi ce que Freud a nomm\u00e9 le \u00e7a.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors en parlant de l\u2019inconscient et en parlant du \u00e7a, nous faisons appel \u00e0 deux moments \u00e9loign\u00e9s dans le temps de la construction de Freud. L\u2019inconscient appartient \u00e0 la premi\u00e8re topique \u2013 la topique distinguait l\u2019inconscient, le pr\u00e9conscient et le conscient -, tandis que le \u00e7a appartient \u00e0 la tripartition du Moi, du \u00c7a et du Surmoi. Mais, c\u2019est justement le propre de l\u2019enseignement de Lacan que d\u2019avoir combin\u00e9 des termes qui appartiennent \u00e0 des moments distincts de la construction freudienne<\/p>\n\n\n\n<p>Et <strong>le fantasme<\/strong> tel qu\u2019il l\u2019a form\u00e9, l\u2019a rep\u00e9r\u00e9, c\u2019est \u00e0 la fois une <strong><em>formation<\/em> de l\u2019inconscient et une <em>production<\/em> du \u00e7a. <\/strong>Il ne r\u00e9pond pas au m\u00eame r\u00e9gime que les formations de l\u2019inconscient proprement dites et c\u2019est bien pourquoi ce fantasme, Lacan l\u2019a produit dans un s\u00e9minaire qu\u2019il appelait \u00ab <strong>La logique du fantasme<\/strong> \u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il a invent\u00e9 un r\u00e9gime propre pour cette n\u00e9o-formation qui est aussi une production du \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le r\u00e9gime propre \u00e0 cette consistance clinique il l\u2019a appel\u00e9e logique, terme nouveau, une apparition dans le champ clinique, et qui reviendra ensuite s\u2019agissant du sinthome. Autrement \u00e0 cette occasion d\u00e9j\u00e0 le terme de logique fait son apparition, en m\u00eame temps le \u00e7a vient compl\u00e9ter ce qui \u00e9tait purement et simplement de l\u2019ordre de l\u2019inconscient.<\/p>\n\n\n\n<p>Et, cette <strong>logique du fantasme<\/strong> telle que Lacan la pr\u00e9sente, on peut en suivre tout le d\u00e9tail, \u00e7a m\u2019est arriv\u00e9, et l\u00e0 je me contente de dire qu\u2019elle est <strong>faite de disjonctions et de conjonctions de l\u2019inconscient et du \u00e7a.<\/strong> Et compl\u00e9t\u00e9 du \u00e7a, le fantasme, \u00e0 la diff\u00e9rence des formations de l\u2019inconscient, n\u2019est pas seulement question de v\u00e9rit\u00e9 et de d\u00e9sir, mais aussi de pulsion et de jouissance. Et c\u2019est un fait que pulsion et jouissance dans l\u2019abord pur des formations de l\u2019inconscient sont des termes sinon totalement absents du moins extr\u00eamement minor\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, singuli\u00e8rement, nous avons dans la consistance clinique du fantasme cette paire pulsion\/jouissance qui vient en parall\u00e8le \u00e0 la paire v\u00e9rit\u00e9\/d\u00e9sir.<\/p>\n\n\n\n<p>V\u00e9rit\u00e9\/d\u00e9sir vont ensemble et m\u00eame sont faits du m\u00eame bois puisque les 2 sont trait\u00e9s comme des effets de signifiants, et quel effet de signifiant? eh bien l\u2019effet de signifiant qui s\u2019appelle le signifi\u00e9. Au fond, d\u00e9sir et v\u00e9rit\u00e9 sont des modalit\u00e9s du signifi\u00e9. Alors que la jouissance est tr\u00e8s indiff\u00e9rente \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, elle est tient au corps, elle est chevill\u00e9e au corps. Au point que Lacan en viendra \u00e0 d\u00e9finir le corps par la jouissance, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment, comme je l\u2019ai accentu\u00e9 cette ann\u00e9e, sa jouissance, qu\u2019on appelle traditionnellement dans le freudisme \u00ab l\u2019auto-\u00e9rotisme \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne croyez pas qu\u2019il suffit de dire \u00e7a, puisque Lacan a \u00e9tendu ce caract\u00e8re auto-\u00e9rotique, en toute rigueur, \u00e0 la pulsion elle-m\u00eame, dans sa d\u00e9finition lacanienne, <strong>la pulsion est auto-\u00e9rotique<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright\"><img loading=\"lazy\" width=\"520\" height=\"684\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/3-pulsion-partielle.gif?w=456\" alt=\"\" class=\"wp-image-365\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/3-pulsion-partielle.gif 520w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/3-pulsion-partielle-228x300.gif 228w\" sizes=\"(max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Le dire c\u2019est d\u00e9j\u00e0 suspendre tout ce qui avait pu \u00eatre articul\u00e9 d\u2019aventureux \u00e0 propos de l\u2019objet de la pulsion.<\/p>\n\n\n\n<p>Si objet de la pulsion il y a, il est resituer \u00e0 partir de l\u2019auto-\u00e9rotisme de la pulsion que Lacan a mis en valeur simplement dans la formule&nbsp; tir\u00e9e de Freud que la pulsion orale \u00ab\u00a0c\u2019est la bouche qui s\u2019embrasse elle-m\u00eame\u00a0\u00bb, mais qu\u2019il a mis en sc\u00e8ne avec son sch\u00e9ma qui figure dans le <em>s\u00e9minaire XI<\/em> de la pulsion comme faisant un aller-retour.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, chez les lacaniens on a tellement fait cr\u00e9dit \u00e0 Lacan qu\u2019on a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 son sch\u00e9ma sans percevoir que <strong>ce sch\u00e9ma comportait pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019auto-\u00e9rotisme de pulsion<\/strong>. Et c\u2019est pourquoi Lacan peut dire qu&rsquo;ici l\u2019objet \u00e7a n\u2019est que le moyen de la voie de retour de la pulsion sur elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc c\u2019est ici essentiellement une place vide qui peut \u00eatre occup\u00e9e par des objets divers, voire ce que Freud appelait l\u2019ersatz. <strong>L\u2019objet c\u2019est ici seulement le piquet, le moment o\u00f9 la pulsion fait demi-tour. Et c\u2019est une repr\u00e9sentation de ce que Lacan \u00e9noncera plus tard [\u2026] que le corps <em>se<\/em> jouit, impliquant une r\u00e9flexivit\u00e9 de la jouissance. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors, ce jalon est \u00e9videmment essentiel pour <strong>bien distinguer dans la pratique, dans l\u2019ordonnancement de la pratique, le d\u00e9sir et la pulsion. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le d\u00e9sir, c\u2019est le d\u00e9sir de l\u2019Autre,<\/strong> voil\u00e0 une formulation que Lacan a donn\u00e9e d\u2019embl\u00e9e, qu\u2019il a eue tr\u00e8s sp\u00e9cialement par le cas de l\u2019hyst\u00e9rique, par sa structure, mais qui appartient essentiellement \u00e0 la d\u00e9finition du d\u00e9sir. <strong>Vous impliquez le d\u00e9sir quand vous mettez en \u00e9vidence une relation essentielle avec une instance d\u2019alt\u00e9rit\u00e9, avec un partenaire, avec un autre sujet de la parole.<\/strong> Donc la liaison du d\u00e9sir et de l\u2019Autre est une liaison essentielle \u2013 quelles que soient les configurations pr\u00e9cises que cette liaison peut prendre dans les diff\u00e9rentes structures.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En revanche la pulsion, c\u2019est la pulsion de l\u2019Un, <\/strong>et au niveau de la pulsion, l\u2019instance de l\u2019Autre, n\u2019a pas du tout la pr\u00e9sence, l\u2019instance qu\u2019elle a dans le d\u00e9sir. Et c\u2019est bien ainsi qu\u2019on l\u2019entend &#8211; la pulsion que Lacan disait <strong>ac\u00e9phale<\/strong> : faut dire aussi que l\u00e0 ce n\u2019est pas seulement l\u2019Autre qui n\u2019y est pas mais le sujet de la parole lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le vecteur de la pulsion on ne s\u2019aper\u00e7oit pas forc\u00e9ment que l\u2019Autre n\u2019est pas d\u2019accord. \u00c7a peut avoir des cons\u00e9quences\u2026 tragiques. <strong>Ce n\u2019est pas la m\u00eame chose d\u2019\u00eatre un homme de d\u00e9sir ou un homme de pulsion. La pulsion, c\u2019est la pulsion de l\u2019Un et \u00e7a n\u2019est pas du tout accord\u00e9, n\u00e9cessairement, avec le d\u00e9sir de l\u2019Autre. <\/strong>L\u2019Autre \u00e0 ce niveau, on peut dire que son inexistence est vraiment saillante.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, le fantasme tel que Lacan en a fait la consistance clinique princeps, est le r\u00e9sultat d\u2019une conjonction singuli\u00e8re du d\u00e9sir et de la pulsion, de l\u2019inconscient et du \u00e7a. Et donc, c\u2019est une consistance hybride, et il a cherch\u00e9 des recours dans la topologie pour donner une id\u00e9e de comment pouvait se rejoindre des entit\u00e9s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Ici, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e9tant en l\u2019occurrence <strong>la topologie<\/strong> : comment pouvaient se conjoindre des surfaces de genres diff\u00e9rents, comment pouvaient-elles se coudre, et comment \u00e0 se d\u00e9coudre, on voyait appara\u00eetre leurs structures diff\u00e9rentes &#8211; entre un morceau de plan et une bande de Moebius, la topologie permet de coudre \u00e7a, <strong>et donc Lacan y a trouv\u00e9 \u00e0 repr\u00e9senter cette consistance hybride du fantasme au moyen de la topologie<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Et quand il a d\u00e9fini la passe, au niveau du fantasme, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment avec l\u2019id\u00e9e qu\u2019on obtenir l\u00e0 une disjonction. Ce n\u2019est pas dire que la jouissance \u00e9tait absente de la premi\u00e8re perspective de Lacan, celles des formations de l\u2019inconscient, mais elle \u00e9tait essentiellement pr\u00e9sente sous les esp\u00e8ces de sa n\u00e9gation, sous les esp\u00e8ces de sa n\u00e9gation signifiante, en tant que castration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond, si on veut expliquer comment \u00e7a s\u2019arrange dans cette perspective, on est forc\u00e9 de dire que la castration est le nom de la jouissance &#8211; en tant que ni\u00e9e, en tant que n\u00e9gativ\u00e9e, en tant que m\u00eame rejet\u00e9e dans le r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, ce rejet, on peut en parler de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut en parler, de cette pr\u00e9sence n\u00e9gativ\u00e9e de la jouissance, comme <strong>l\u2019interdiction<\/strong>, \u00e7a c\u2019est vraiment la <strong>version \u0153dipienne<\/strong> : le Nom-du-P\u00e8re m\u00e9taphorise le D\u00e9sir de la m\u00e8re et, quand Lacan l\u2019am\u00e8ne \u00e0 propos de la psychose, ce D\u00e9sir de la m\u00e8re, c\u2019est un des noms de la jouissance.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut aussi en faire une<strong> interdiction purement signifiante<\/strong> : quand Lacan peut dire que la jouissance est interdite \u00e0 qui parle comme tel \u2013 tout \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de ce qu\u2019il formulera dans son s\u00e9minaire <em>Encore<\/em> sur la jouissance du blablabla.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut aussi parler de <strong>forclusion de la jouissance, d\u2019ex-sistence de la jouissance<\/strong>. C\u2019est le m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Lacan avait l\u2019id\u00e9e que la jouissance n\u2019entrait en jeu que sous sa forme n\u00e9gative, jusqu\u2019\u00e0 ce que s\u2019impose tout de m\u00eame la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver \u00e0 d\u00e9signer <strong>une jouissance positive<\/strong><br>&#8211; ou bien que ce soit la jouissance avant l\u2019interdiction,<br>&#8211; ou que ce soit celle qui reste apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Et cette jouissance positive, dans cet ordre, il l\u2019a d\u00e9sign\u00e9e<br>&#8211; par un grand \u03a6, par un signifiant <strong>qui ne supporte pas le moins <\/strong>[tel qu\u2019il en \u00e9tait d\u2019usage ?],<br>&#8211; ou bien par petit <em>a<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire par une lettre qui n\u2019est pas un signifiant et qui \u00e9tait, en quelque sorte, <strong>une positivit\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e<\/strong> &#8211; mais une positivit\u00e9, puisque Lacan, dans son enseignement l\u2019introduisait comme bouchon de la castration marqu\u00e9e moins phi.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, sur le fond d\u2019une n\u00e9gativation de la jouissance, la pr\u00e9sence dans la marge d\u2019un signifiant qui ne serait pas n\u00e9gativable, le grand \u03a6; et puis, un peu partout, suivant la castration comme son ombre, toujours pr\u00eat \u00e0 r\u00e9introduire une jouissance positive sous les esp\u00e8ces de petit <em>a<\/em>, le bouchon de (-\u03c6) et domin\u00e9 par la n\u00e9gativation signifiante<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc, d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, Lacan a traduit la formule de la passe : c\u2019est le d\u00e9bridage de ce bouchon (que j\u2019ai \u00e9crit sur l\u2019autre feuille &#8211;<em> d\u00e9sol\u00e9e, je n&rsquo;ai pas les sch\u00e9mas<\/em>), de fa\u00e7on \u00e0 ce que se trouve disjoint (-\u03c6) et petit <em>a<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 au fond la disjonction tr\u00e8s simple par laquelle Lacan donne la cl\u00e9 de la travers\u00e9e du fantasme<\/p>\n\n\n\n<p>(-\u03c6)&nbsp;&nbsp;&nbsp; \/\/&nbsp;&nbsp;&nbsp; petit <em>a<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Inconscient &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; \u00e7a<\/p>\n\n\n\n<p>Et ce sont deux \u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, on peut dire que ce \u2013\u03c6 ressortit \u00e0 l\u2019inconscient et que le <em>a<\/em> est cet objet dont Freud a d\u00e9couvert la fonction dans les <em>Trois essais sur la sexualit\u00e9 <\/em> et qui est mis en valeur dans la seconde topique, \u00e0 l\u2019\u00e9tage du \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, on voit que c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un progr\u00e8s sur le premier temps de son enseignement, o\u00f9 disons la conclusion de l\u2019analyse ne jouait que sur le \u2013\u03c6.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lacan a d\u2019abord con\u00e7u la conclusion de l\u2019analyse comme une conclusion ontologique<\/strong>, d\u00e9bouchant sur le manque-\u00e0-\u00eatre, d\u00e9bouchant sur ce qu\u2019il appelait l\u2019horizon d\u00e9shabit\u00e9 de l\u2019\u00eatre, en conclusion de son article sur la \u00ab Direction de la Cure \u00bb, ou encore d\u00e9bouchant sur la division, la <em>Spaltung<\/em> du sujet, c\u2019est-\u00e0-dire encore son manque-\u00e0-\u00eatre, et donc sur un dernier mot qui est n\u00e9ant, qui est rien. Et sa rh\u00e9torique a habill\u00e9 cette conclusion ontologique et lui a donn\u00e9 la splendeur \u00e0 laquelle je fais allusion sans essayer de vous en citer des morceaux, ni de la reproduire ici.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La travers\u00e9e du fantasme conserve l\u2019id\u00e9e de ce que j\u2019appelais la conclusion ontologique <\/strong>&#8211; il a parl\u00e9 \u00e0 ce propos de d\u00e9s\u00eatre et je me souviens comme ce terme avait \u00e0 l\u2019\u00e9poque la propri\u00e9t\u00e9 de stup\u00e9fier alors que ce terme ne faisait que redire d\u2019une autre fa\u00e7on ce que Lacan avait dit d\u2019une fa\u00e7on plus po\u00e9tique quand il parlait de \u00ab manque-\u00e0-\u00eatre \u00bb ou de l\u2019 \u00ab horizon d\u00e9shabit\u00e9 de l\u2019\u00eatre \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand il s\u2019agit donc de la conclusion appel\u00e9e travers\u00e9e du fantasme, nous conservons ce que Lacan a pu dire du d\u00e9s\u00eatre et de la d\u00e9flation du d\u00e9sir, dans laquelle on aper\u00e7oit que le d\u00e9sir n\u2019est qu\u2019une autre m\u00e9tonymie du manque-\u00e0-\u00eatre, une r\u00e9v\u00e9lation, et c\u2019est \u00e7a la r\u00e9v\u00e9lation ontologique, c\u2019est la r\u00e9v\u00e9lation du d\u00e9s\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais elle se compl\u00e8te d\u2019une conclusion existentielle<\/strong>, qui est marqu\u00e9e <em>a<\/em>, <strong>et qui est une positivit\u00e9 de jouissance<\/strong>, qui est une jouissance instante, ex-sistante, qui attache le manque-\u00e0-\u00eatre du sujet \u00e0 l\u2019existence.<\/p>\n\n\n\n<p>Et si j\u2019en viens maintenant au sinthome, que je vise avec cette rapide reconstruction,<strong> avec le sinthome on peut dire qu\u2019on bascule du c\u00f4t\u00e9 existentiel.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 nous voyons maintenant le relief de l\u2019enseignement de Lacan, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019au fond il est pass\u00e9 du manque-\u00e0-\u00eatre, \u00e0 cette conjonction du manque-\u00e0-\u00eatre et ce que j\u2019appelais la conclusion existentielle, et puis que d\u00e9cid\u00e9ment, avec la consistance clinique du sinthome, il bascule de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond, d\u2019embl\u00e9e Lacan avait admis que la v\u00e9rit\u00e9 avait structure de fiction par rapport au r\u00e9el. Et il se satisfaisait que l\u2019analyste se tienne au niveau de la structure de fiction et qu\u2019il op\u00e8re dans la fiction. Et, au fond<strong> le mal \u00e9tait au niveau de la fiction<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au fond, c\u2019est la m\u00eame chose, mais vu de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9.<\/strong> \u00ab Il y a \u00bb qui advient avec le sinthome : le r\u00e9el ex-siste \u00e0 la fiction. Au regard du r\u00e9el, la fiction est une v\u00e9rit\u00e9 menteuse. Toutes ces affaires d\u2019\u00eatre, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019identifications, et de d\u00e9s\u00eatre, sont au regard du r\u00e9el une v\u00e9rit\u00e9 menteuse parce qu\u2019il y a une jouissance qui ne se laisse pas n\u00e9gativer, il y a une jouissance qui n\u2019est pas dans le registre ontologique, qui est un registre de fiction. Et d\u00e8s lors, on peut dire que jusqu\u2019au sinthome, Lacan a toujours consid\u00e9r\u00e9 <strong>le r\u00e9el \u00e0 partir du signifiant<\/strong>, et que ce qui nous dirige ensuite dans son dernier enseignement, dans ce que nous en faisons depuis lors, <strong>c\u2019est \u00e0 consid\u00e9rer le signifiant \u00e0 partir du r\u00e9el. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Voyez d\u2019o\u00f9 Lacan est parti : \u00ab<strong> l\u2019inconscient est v\u00e9rit\u00e9<\/strong> \u00bb. Et \u00e7a oriente la pratique dans le sens de l\u2019interpr\u00e9tation, jusqu\u2019\u00e0 ce que Lacan ait donn\u00e9 le privil\u00e8ge \u00e0 la formulation \u00ab<strong>l\u2019inconscient est savoir <\/strong>\u00bb et qu\u2019il ait<strong> d\u00e9fini l\u2019inconscient \u00e0 partir du sujet-suppos\u00e9-savoir<\/strong>. Alors \u00e7a aussi, c\u2019est une formulation qui est contemporaine de ses constructions sur le fantasme, voyez comme cette expression elle-m\u00eame, comme il y a quelque chose d\u2019hybride dans cette d\u00e9finition.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, \u00e0 d\u00e9finir l\u2019inconscient comme \u00ab savoir \u00bb et non pas comme v\u00e9rit\u00e9, on met l\u2019accent sur le fait que l\u2019inconscient est fait de signifiants, de mat\u00e9riel signifiant qu\u2019on voit sortir au fur et \u00e0 mesure que se poursuit l\u2019analyse.<strong> Mais en m\u00eame temps, le terme de \u00ab supposition \u00bb fait bien voir que nous restons dans l\u2019ordre de la fiction. C\u2019est-\u00e0-dire, ce savoir mat\u00e9riel n\u00e9anmoins n\u2019est pas r\u00e9el, il a un statut de fiction &#8211; comme celui que Lacan assignait \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. <\/strong>Et donc si on voulait expliquer la formule de sujet-suppos\u00e9-savoir &#8211; il m\u2019est arriv\u00e9 souvent d\u2019expliquer cette formule du sujet-suppos\u00e9-savoir et de m\u2019en servir &#8211; mais j\u2019aper\u00e7ois ici vraiment son caract\u00e8re hybride.<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc, Lacan pouvait dire que, dans la passe, il y a un \u00e9vanouissement du sujet-suppos\u00e9-savoir corr\u00e9latif du d\u00e9s\u00eatre ; que de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019il y a d\u00e9s\u00eatre, il y a le d\u00e9voilement de <strong>l\u2019inessentiel du sujet-suppos\u00e9-savoir<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire le d\u00e9voilement de <strong>la n\u00e9gation de cette essence.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors la bascule \u00e0 laquelle Lacan n\u2019a pas pu donner une expression \u00e0 la mesure de la nouveaut\u00e9 de la nouveaut\u00e9 que \u00e7a comportait, puisque finalement il ne l\u2019a dit absolument en clair qu\u2019une seule fois entre parenth\u00e8ses, la bascule c\u2019est de consid\u00e9rer l\u2019inconscient comme r\u00e9el, c\u2019est \u00ab <strong>l\u2019inconscient est r\u00e9el \u00bb<\/strong>. Et \u00e7a, c\u2019est un <strong>nouveau concept de l\u2019inconscient, <\/strong>dirais-je <strong>un concept qui inclut le \u00e7a<\/strong> \u2013 pour le dire de la fa\u00e7on la plus simple. Il se sert d\u00e9sormais du terme d\u2019<strong>inconscient pour unifier l\u2019inconscient et le \u00e7a<\/strong>. Et c\u2019est pourquoi, par exemple, il pouvait dire dans <em>T\u00e9l\u00e9vision<\/em> <strong>qu\u2019un sympt\u00f4me est un n\u0153ud de signifiants autour d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 refoul\u00e9e<\/strong>, et qu\u2019il est fait d\u2019un <strong>n\u0153ud qui se construit<\/strong> &#8211; voyez <em>Autres \u00e9crits<\/em>, pp.76-77 \u2013 \u00ab <strong>r\u00e9ellement \u00e0 faire cha\u00eene de la mati\u00e8re signifiante. Car ces cha\u00eenes ne sont pas de sens mais de jouis-sens\u2026<\/strong>\u00bb \u2013 Dieu sait si j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9pingl\u00e9 ce terme de <strong>\u00ab jouis-sens \u00bb<\/strong>, mais si je le traduis en termes freudiens, c\u2019est la <strong>conjonction de l\u2019inconscient et du \u00e7a<\/strong>. Et l\u2019\u00e9norme, c\u2019est que Lacan pouvait d\u00e9j\u00e0 dire dans <em>T\u00e9l\u00e9vision<\/em> que  <strong>c\u2019est le r\u00e9el qui permet de d\u00e9nouer le sympt\u00f4me.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je me demande comment on est pass\u00e9 si vite l\u00e0-dessus parce que c\u2019est \u00e9norme, l\u2019id\u00e9e qu\u2019on puisse <strong>op\u00e9rer avec le r\u00e9el, que le r\u00e9el puisse \u00eatre un moyen de l\u2019op\u00e9ration analytique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et donc, cette m\u00eame bascule se constate \u2013 cette m\u00eame bascule qui est marqu\u00e9e par l\u2019implication d\u00e9cid\u00e9e de la pulsion dans le sympt\u00f4me \u2013 se constate aussi quand Lacan efface progressivement le terme de <strong>\u00ab sujet \u00bb<\/strong> qui appartenait par excellence \u00e0 l\u2019ordre du signifiant, et le remplace, voudrait le remplacer par le terme de <strong>\u00ab parl\u00eatre \u00bb<\/strong> &#8211; \u00e9videmment le sujet est disjoint de la pulsion <strong>tandis que le parl\u00eatre inclut le corps<\/strong>. Et il dit : <strong>voil\u00e0 le nom qui remplacera celui de l\u2019inconscient<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, au fond tant\u00f4t Lacan dit l\u2019inconscient est r\u00e9el, tant\u00f4t \u2013 comme l\u2019inconscient r\u00e9el, c\u2019est vraiment autre chose que l\u2019inconscient freudien \u2013 eh bien, il \u00e9voque qu\u2019on pourrait le remplacer par le terme de parl\u00eatre &#8211; incluant le corps. Et disons, c\u2019est coh\u00e9rent avec la notion d\u2019une jouis-sens, qu\u2019il n\u2019y a pas de sens, et donc il n\u2019y a pas de signifiant, il n\u2019y a pas de d\u00e9sir qui ne soit connect\u00e9 \u00e0 la pulsion, etc. et que <strong>la racine de l\u2019Autre, c\u2019est le Un<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyez, l\u00e0 je parcours plusieurs ann\u00e9es du dernier enseignement de Lacan, c\u2019est comme une n\u00e9buleuse, et nous retrouvons l\u00e0 les indices qui nous permettent de voir dans quelle direction pointe la derni\u00e8re perspective.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le parl\u00eatre c\u2019est celui qui de parler, <\/strong>en quelque sorte, <strong>superpose un \u00eatre au corps qu\u2019il a. <\/strong>Il superpose un \u00eatre \u00e0 l\u2019avoir, et son avoir essentiel, c\u2019est le corps. Au fond, le parl\u00eatre c\u2019est aussi le \u00ab na Kun corps \u00bb. Alors dans tout \u00e7a, il y a une d\u00e9valorisation du signifiant, de la valeur de v\u00e9rit\u00e9 qui mod\u00e8re l\u2019id\u00e9e de la puissance signifiante.<\/p>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9rez par exemple la fa\u00e7on \u00e9nigmatique dont Lacan entame son s\u00e9minaire du <em>Sinthome<\/em>. Et je vais essayer de faire sens de l\u2019apologue qu\u2019il pr\u00e9sente au d\u00e9but puisque il \u00e9voque la cr\u00e9ation divine, la cr\u00e9ation dite divine, et l\u2019histoire qui seraient demand\u00e9s \u00e0 Adam de donner aux esp\u00e8ces animales, et ce qu\u2019il met en valeur c\u2019est : <strong>la bact\u00e9rie n\u2019est pas nomm\u00e9e<\/strong>. Eh bien, \u00e7a \u00e7a veut dire <strong>qu\u2019il y a des existences qui n\u2019ont pas de nom, qui n\u2019ont pas de signifiant, et qui n\u2019en sont pas moins du r\u00e9el.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est Lacan qui avait exalt\u00e9 dans son enseignement la puissance cr\u00e9ationniste du signifiant. Bien entendu, puisque le signifiant c\u2019est ce qui accouche d\u2019entit\u00e9s qui ont structures de fictions, et donc Lacan exaltait au contraire le pouvoir de cr\u00e9ation du signifiant qui s\u2019exerce <em>ex-nihilo<\/em>, \u00e0 partir de rien, l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a rien, le signifiant fait \u00eatre quelque chose, et en particulier il fait \u00eatre la v\u00e9rit\u00e9. Eh bien, <strong>nous avons ici l\u2019envers du d\u00e9cor,<\/strong> nous avons au contraire quelque chose <strong>qui a existence sous les humbles esp\u00e8ces de la bact\u00e9rie et \u00e0 quoi on ne daigne pas accorder la nomination<\/strong>. Et on a cru d\u2019ailleurs \u00e0 cette date que Lacan exaltait la nomination, la fonction de la nomination, alors que <strong>tout au contraire il \u00e9voque la nomination pour montrer qu\u2019elle est sa distance avec le r\u00e9el.<\/strong> Et bien, c\u2019est dans ce contexte qu\u2019il peut dire que la cr\u00e9ation dite divine se redouble de la parlotte du parl\u00eatre. C\u2019est-\u00e0-dire ce qui implique, ce qui impliquerait, parce que nous sommes l\u00e0 au niveau d\u2019un apologue, qu<strong>\u2019il y a d\u2019abord le r\u00e9el,<\/strong> et que s\u2019ajoute ensuite, se surajoute le signifiant, et donc cet apologue du d\u00e9but du s\u00e9minaire du sinthome il dit la primarit\u00e9 du r\u00e9el. Et c\u2019est avec le signifiant que commencent les embrouilles, les embrouilles du r\u00e9el, les embrouilles du d\u00e9sir, les embrouilles de l\u2019interdit, les embrouilles de l\u2019Oedipe parce que \u00e0 la racine, <strong>le signifiant vient percuter le r\u00e9el<\/strong>. Et chez les parl\u00eatres ce choc initial, ce traumatisme, introduit une faille, qui est aussi bien le phallus, qui est aussi bien la faute, le p\u00e9ch\u00e9 ou \u00ab sin \u00bb dit Lacan en prenant la premi\u00e8re syllabe du sinthome, s.i.n., en anglais \u00ab sin \u00bb, le p\u00e9ch\u00e9. Et la<strong> faille, cette faille initiale, tend \u00e0 s\u2019agrandir <\/strong>toujours sauf dit-il \u00e0 subir le cesse de la castration.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019il appelle ici castration, c\u2019est ce qui ferait le sympt\u00f4me, c\u2019est ce qui ferait que \u00e7a puisse s\u2019inscrire dans un discours qui ne serait pas du semblant mais qui serait du r\u00e9el. <strong>C\u2019est le nouveau sens de la castration : ce qui fait cesser les embrouilles du sens.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2>\u00e9criture et h\u00e9r\u00e9sie<\/h2>\n\n\n\n<p>Et en effet ici Lacan introduit &#8211; Lacan qui avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 la fonction de la parole -,<strong> l\u2019instance de l\u2019\u00e9criture comme essentielle \u00e0 la pratique analytique<\/strong>. La diff\u00e9rence, c\u2019est que la parole porte du sens, tandis que l\u2019\u00e9criture rejoint le non-sens. Cette fois, il faut <strong>radicalement distinguer le signifiant et la lettre<\/strong> : le signifiant effectue le signifi\u00e9, tandis que<strong> la lettre est mati\u00e8re<\/strong>. Et donc Lacan nous dirige dans ce sens d\u2019un certain for\u00e7age des limites de l\u2019analyse : dans le champ du langage, il y a plus que la fonction de la parole,<strong> il y a l\u2019instance de l\u2019\u00e9criture<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et Lacan sait si bien que c\u2019est un for\u00e7age qu\u2019il n\u2019h\u00e9site pas ici, mais pas avant <em>Le sinthome,<\/em> <strong>\u00e0 s\u2019affirmer comme h\u00e9r\u00e9tique dans la psychanalyse<\/strong>, en se proposant d\u2019\u00eatre h\u00e9r\u00e9tique \u00abde la bonne fa\u00e7on \u00bb. Mais, sans doute a-t-il \u00e9t\u00e9 discret l\u00e0-dessus. Parce que h\u00e9r\u00e9tique, il l\u2019a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pendant 20 ans, d\u00e8s qu\u2019il a commenc\u00e9 \u00e0 ouvrir la bouche, c&rsquo;est tout le temps qu\u2019on le disait h\u00e9r\u00e9tique, Lacan lui se consid\u00e9rait comme freudien.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est ici que lui-m\u00eame \u00e9voque son h\u00e9r\u00e9sie. Quelle est la bonne fa\u00e7on d\u2019\u00eatre h\u00e9r\u00e9tique dans la pratique de la psychanalyse ? Il en donne la formule : <strong>\u00ab La bonne fa\u00e7on est celle qui, d\u2019avoir bien reconnu la nature du sinthome, ne se prive pas d\u2019en user logiquement, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019en user jusqu\u2019\u00e0 atteindre son r\u00e9el, au bout de quoi il n\u2019a plus soif. \u00bb<\/strong> &#8211; p. 15 du s\u00e9minaire du <em>Sinthome<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un appel \u00e0 [ ?la nature?] du sinthome dont il s\u2019agit d\u2019atteindre le r\u00e9el &#8211; il ne s\u2019agit pas d\u2019atteindre sa v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est la notion que le sinthome est du r\u00e9el, que ce n\u2019est pas un retour du refoul\u00e9, que \u00e7a ne s\u2019apaise pas avec de la v\u00e9rit\u00e9, que \u00e7a ne s\u2019apaise pas avec du sens &#8211; comme Freud s\u2019en \u00e9tait bien aper\u00e7u en ayant sur les bras les restes, qu\u2019il appelait les restes symptomatiques de ses patients, et c\u2019est ce qui le conduisait \u00e0 dire, bon &#8211; apr\u00e8s un petit temps de latence, si je puis dire -, on attend 5 ans et puis on s\u2019y remet, et puis il y aura des restes symptomatiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lacan passe \u00e0 la limite en disant : il y aura toujours des restes symptomatiques. <\/strong>Parce qu\u2019il est de la nature de la jouissance de r\u00e9sister au sens. Et il y a une jouissance qui tient au corps, qui se produit dans le corps (\u00e9videmment, \u00e7a se produit aussi dans la pens\u00e9e, on peut penser au sympt\u00f4me obsessionnel &#8211; si j\u2019ai le temps, j\u2019y reviendrai plus tard, on parlait de \u00e7a justement ce weekend).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le sinthome est du r\u00e9el et il appelle du sens, il suscite du sens, il suscite l\u2019interpr\u00e9tation aussi bien du patient que de l\u2019analyste. <\/strong>Et c\u2019est \u00e0 \u00e7a que Freud dans son orthodoxie, si je puis dire, a succomb\u00e9. Et c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019il a d\u00e9couvert l\u2019inconscient parce que les hyst\u00e9riques, du sens elles lui en ont donn\u00e9 \u00e0 ras bord, en veux-tu en voil\u00e0, bien s\u00fbr qu\u2019il faisait des s\u00e9ances longues, c\u2019\u00e9tait encore trop court pour lui parce qu\u2019il attendait la suite, elles devaient lui dire \u00ab Non, non, \u00e7a je vous dirai demain \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019h\u00e9r\u00e9sie, c\u2019est cette mise \u00e0 distance du sens s\u2019agissant du sinthome. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et au fond, autant la psychanalyse que Lacan implique comme orthodoxe fournit du sens, <strong>autant cette psychanalyse h\u00e9r\u00e9tique s\u00e8vre le patient de sens.<\/strong> Et si l\u2019on veut, c\u2019est au moins une pratique qui correspond au temps <strong>de l\u2019outre-passe, o\u00f9 l\u2019analyste \u00e0 affaire aux restes symptomatiques quand le sujet ne s\u2019en est pas satisfait<\/strong>. Et \u00e0 ce moment-l\u00e0, l\u2019analyse devient un <strong>sevrage de sens.<\/strong> Et Lacan \u00e9tait tellement convaincu que le sens alors <strong>pouvait \u00eatre peu indiqu\u00e9 ou dangereux<\/strong>, qu\u2019il lui est arriv\u00e9 d\u2019\u00e9voquer la n\u00e9cessit\u00e9 <strong>d\u2019une contre-psychanalyse apr\u00e8s avoir fait un analyse<\/strong> &#8211; \u00e9tant entendu qu\u2019elle aurait vis\u00e9 justement \u00e0 ce nettoyage du sens que j\u2019\u00e9voque.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors il parle<strong> d\u2019usage logique du sinthome<\/strong>, et il s\u2019agit en effet d\u2019une pratique orient\u00e9e par le mode logique. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il ne faut pas s\u2019imaginer que le hors sens, c\u2019est la nuit noire<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand Lacan situe le sinthome comme du r\u00e9el hors sens, c\u2019est au sens o\u00f9 la logique proc\u00e8de hors-sens, qu\u2019elle formalise, qu\u2019elle pose ses axiomes et qu\u2019elle d\u00e9duit hors-sens, c\u2019est-\u00e0-dire en op\u00e9rant dans <strong>un champ du langage nettoy\u00e9 de la signification. <\/strong>Vous trouvez \u00e7a d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019\u00e9crit de Lacan qui s\u2019appelle \u00ab l\u2019Etourdit \u00bb, <strong>la connexion de la logique et du r\u00e9el<\/strong>, quand Lacan \u00e9crit :<strong> la logique est la science du r\u00e9el.<\/strong> Ces affinit\u00e9s de la logique et du r\u00e9el sont \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des affinit\u00e9s de la philosophie et de l\u2019\u00eatre. Le<strong> hors sens qu\u2019il \u00e9voque, c\u2019est le hors-sens qui est le r\u00e9sultat du nettoyage du champ dont on exclut la signification pour manier la lettre. <\/strong>Et ce n\u2019est pas simplement, on se cogne partout, on ne voit rien, on ne peut rien en dire, mais : il y a possibilit\u00e9 d\u2019une articulation &#8211; que Lacan dans son tout tout dernier enseignement se soit mis \u00e0 douter de cette articulation elle-m\u00eame, c\u2019est un autre chapitre. Ici, je m\u2019en tiens \u00e0 ce que \u00e7a me sugg\u00e8re de la <strong>d\u00e9-ontologisation de la pratique analytique<\/strong> qui suppose [ l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie \u00e7a n\u2019est \u2026] pas de quitter le champ du langage c\u2019est demeurer, mais en se r\u00e9glant sur sa partie mat\u00e9rielle, c\u2019est-\u00e0-dire sur la lettre au lieu de l\u2019\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est arriv\u00e9 \u00e0 Lacan de jouer au contraire sur les affinit\u00e9s de la lettre et de l\u2019\u00eatre &#8211; les assonances, dans son article qui s\u2019appelle \u00ab L\u2019instance de la lettre \u00bb, il en joue. Mais tout au contraire dans la p\u00e9riode de sa r\u00e9flexion que j\u2019\u00e9voque, il passe par le mot <em>Lituraterre<\/em> &#8211; litt\u00e9rature transform\u00e9 en <em>lituraterre<\/em> &#8211; pour faire valoir la lettre comme <em>litura<\/em>, comme d\u00e9chet, et donc pour l\u2019arracher \u00e0 ses affinit\u00e9s avec l\u2019\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors,<strong> le r\u00e9el du sinthome <\/strong>que Lacan nous propose dans cette phrase d\u2019atteindre, disons que <strong>c\u2019est la pure percussion du corps par le signifiant, par la parole<\/strong>. C\u2019est ainsi d\u2019ailleurs, que Lacan d\u00e9finit \u00e0 cette occasion les pulsions, comme l\u2019\u00e9cho dans le corps qu\u2019il y a un dire. Ce th\u00e8me de la r\u00e9sonance est familier \u00e0 Lacan, puisque d\u00e8s son premier texte, \u00abFonction et champ de la parole et du langage \u00bb, il l\u2019introduit, et d\u2019ailleurs comme le titre de sa troisi\u00e8me et derni\u00e8re partie, p. 289 des <em>Ecrits<\/em>, \u00ab Les r\u00e9sonances de l\u2019interpr\u00e9tation \u00bb &#8211; et donc la notion de r\u00e9sonance est l\u00e0 d\u2019embl\u00e9e, mais au d\u00e9but de l\u2019enseignement de Lacan, elle est prise dans une po\u00e9tique du langage, alors qu\u2019ici il s\u2019agit d\u2019un usage logique. La percussion, elle n\u00e9cessite, pour retrouver la percussion initiale, un usage logique <strong>qui serait capable de tarir le sens et de couper le souffle<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Lacan l\u2019\u00e9voque \u00e0 propos de Joyce, il dit qu\u2019il coupe le souffle du r\u00eave, qu\u2019il<strong> coupe le souffle du r\u00eave de la litt\u00e9rature<\/strong> &#8211; avec son<em> Finnegan\u2019s wake<\/em> qui est \u00e9crit dans une langue personnelle, qui joue de toutes les assonances. Et il dit que c\u2019est \u00e0 cette occasion que Joyce a mis au jour le sens du sympt\u00f4me litt\u00e9raire. Autrement dit la litt\u00e9rature r\u00eave et Joyce avec son roman d\u2019assonances montre de quoi elle est faite mat\u00e9riellement, et en nous montrant de quoi elle est faite mat\u00e9riellement, il la r\u00e9v\u00e8le. Il la r\u00e9v\u00e8le pour qu\u2019elle finisse, pense Lacan &#8211; La litt\u00e9rature ne pouvait se soutenir que de son r\u00eave, que de ne pas savoir de quoi il \u00e9tait question.<\/p>\n\n\n\n<h2>\u00ab entre logique et libido \u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Eh bien, ce qui est \u00e0 l\u2019horizon que dessine Lacan, j\u2019irais jusque l\u00e0 &#8211; moi, je me situe dans l\u2019espace de l\u2019outre-passe -, c\u2019est de <strong>mettre au jour le sens du sympt\u00f4me psychanalytique<\/strong> : de quoi est fait une psychanalyse, c\u2019est \u00e7a qui vient au premier plan dans une outre-passe, <strong>de quoi est fait votre attachement \u00e0 la psychanalyse, \u00e0 la jouissance de la psychanalyse<\/strong>. L\u00e0 aussi il y a un r\u00eave qui appelle un r\u00e9veil qui ne se fait pas sur le mod\u00e8le de l\u2019effet de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cela il faut suivre Lacan dans ce qu\u2019il nous indique. C\u2019est l\u00e0-dessus que j\u2019ai montr\u00e9 \u00e0 Montpellier<a title=\"\" href=\"#_edn2\">[ii]<\/a>\u00a0 que convergeait le s\u00e9minaire du <em>Sinthome<\/em> :\u00a0 <strong>que la pratique que Lacan nous indique<\/strong> &#8211; ou qu\u2019il peut nous permettre d\u2019inventer, ou qu\u2019il peut nous permettre de th\u00e9oriser &#8211;<strong>\u00a0 passe par une d\u00e9sublimation qui n\u2019\u00e9pargne pas la th\u00e9orie psychanalytique<\/strong> et qui d\u00e9cape la pratique de son orientation vers la v\u00e9rit\u00e9 et m\u00eame de son adoration de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une pratique qui vise au <strong>serrage du r\u00e9el du sinthome<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond, nous en avons eu l\u2019exemple d\u2019embl\u00e9e \u00e0 Montpellier, \u00e0 propos d\u2019une phrase clinique de Lacan&nbsp; : \u00ab <strong>arracher l\u2019obsessionnel \u00e0 l\u2019emprise du regard<\/strong> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Et \u00e7a ne va pas de soi qu\u2019on puisse dire que ce soit l\u00e0 l\u2019essentiel. On dirait, dans la psychanalyse, qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019id\u00e9al du moi, l\u2019instance qui surveille et qui juge, on \u00e9voquerait l\u2019homme aux rats qui \u00e0 un moment sp\u00e9cial de sa jouissance s\u2019en va ouvrir la porte pour voir si son p\u00e8re n\u2019est pas l\u00e0. Ce que Lacan indique, au contraire, c\u2019est que le p\u00e8re, le grand I de l\u2019Id\u00e9al-de-moi, ce sont des fictions, <strong>ce sont des fictions qui permettent de m\u00e9conna\u00eetre ce qu\u2019il y a \u00e0 la racine, qui est la pr\u00e9sence du regard. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00e9el du sympt\u00f4me obsessionnel<\/strong> &#8211; c\u2019est pas le p\u00e8re, c\u2019est pas l\u2019id\u00e9al-du-moi -, le r\u00e9el du sympt\u00f4me obsessionnel que Lacan nous invite \u00e0 atteindre <strong>c\u2019est le regard<\/strong> &#8211; l\u2019id\u00e9al et le p\u00e8re sont d\u00e9riv\u00e9s du regard.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce sens que Lacan peut dire que la v\u00e9rit\u00e9 est s\u0153ur de la jouissance, s\u0153ur<em> cadette<\/em> \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle vient apr\u00e8s. <strong>Mais, il y a d\u2019abord la jouissance. <\/strong>Ce qui vraiment inverse l\u2019ordre sublimatoire dans lequel l\u2019orthodoxie psychanalytique \u2013 y compris la lacanienne \u2013 nous a appris \u00e0 penser.&nbsp; Au fond, la th\u00e9orie analytique, c\u2019est une sublimation de sens et c\u2019est pourquoi Lacan faisait appel \u00e0 une pratique sans v\u00e9rit\u00e9. On a rencontr\u00e9 \u00e7a dans son tout dernier enseignement, je vois mieux maintenant ce que \u00e7a veut dire. <strong>Une pratique sans v\u00e9rit\u00e9<\/strong>, c\u2019est une pratique sans la fiction de la v\u00e9rit\u00e9, sans la fiction des universaux &#8211; c\u2019est une <strong>pratique d\u00e9sublim\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et alors, quand on proposait \u00e0 la fin d\u2019analyse la sublimation comme id\u00e9al, voire devenir \u00e9crivain, devenir artiste, <strong>c\u2019\u00e9tait aussi au nom d\u2019une id\u00e9e de l\u2019art que Lacan conteste<\/strong> dans son s\u00e9minaire du <em>Sinthome<\/em> &#8211; <strong>en montrant que l\u2019art, \u00e0 travers l\u2019exemple de Joyce, \u00e0 sa racine, dans son r\u00e9el, est lui-m\u00eame de l\u2019ordre du sinthome<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 l\u2019id\u00e9e que Lacan avait de <em>Finnegans Wake<\/em>, <strong>que Joyce l\u2019avait \u00e9crit pour lui-m\u00eame<\/strong> et que le fait qu\u2019il l\u2019ait publi\u00e9 n\u2019allait pas de soi, que c\u2019est parce qu\u2019il avait de mauvaises intentions, que c\u2019est parce qu\u2019il avait l\u2019intention de couper le sifflet aux autres \u00e9crivains et d\u2019en finir avec la litt\u00e9rature. Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire \u00e7a ? C\u2019est que Lacan nous invite ici \u00e0 traiter <strong>l\u2019\u0153uvre d\u2019art elle-m\u00eame \u00e0 partir de la pulsion<\/strong>, \u00e0 partir de la pulsion scriptuaire,<strong> l\u2019\u0153uvre d\u2019art est \u00e0 entendre dans l\u2019auto-\u00e9rotisme du parl\u00eatre<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on, c\u2019est dans ce s\u00e9minaire que Lacan r\u00e9duit, d\u00e9sublimise le p\u00e8re en disant que<strong> le p\u00e8re n\u2019est qu\u2019un sympt\u00f4me<\/strong>. Et c\u2019est pourquoi, il parle de <strong>p\u00e8re-version<\/strong> \u2013 il y a une ironie bien s\u00fbr puisque le p\u00e8re est suppos\u00e9 dans la psychanalyse orthodoxe \u00eatre le support du normal, et que Lacan fait entendre ce qu\u2019il comporte de pathologique. Mais, c\u2019est aussi dire que du p\u00e8re, il n\u2019y a que des versions, que l\u2019essence qu\u2019on appelle le p\u00e8re, et pr\u00e9cis\u00e9ment le Nom-du-P\u00e8re, qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par un certain orthodoxe qui s\u2019appelait Lacan Jacques, eh bien que pr\u00e9cis\u00e9ment le P\u00e8re n\u2019existe pas dans la pratique de l\u2019analyse, il n\u2019existe que des p\u00e8res, singuliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Et au fond, la d\u00e9sublimation, la chute des id\u00e9aux et universaux, elle a commenc\u00e9 pour Lacan \u00e0 partir de la sexualit\u00e9 f\u00e9minine, lorsqu\u2019il a pu dire \u00ab La femme n\u2019existe pas, il y a des femmes \u00bb &#8211; eh bien, de proche en proche, il l\u2019a \u00e9tendu \u00e0 toutes les cat\u00e9gories, et en particulier \u00e0 celle du p\u00e8re, et c\u2019est dans le m\u00eame esprit qu\u2019il peut dire que le vrai \u2013 c\u2019est aussi une phrase que j\u2019avais propos\u00e9 \u00e0 Montpellier \u2013 que \u00ab le vrai, \u00e7a fait plaisir \u00bb, ce qui bien s\u00fbr fait <strong>d\u00e9choir le vrai de sa qualit\u00e9 d\u2019effet de v\u00e9rit\u00e9<\/strong>, pour montrer <strong>en quoi il est une affaire de libido<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et au fond, c\u2019est l\u00e0 la torsion majeure de notre pratique, entre logique et libido.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, dans les derni\u00e8res phrases que j\u2019avais fait commenter, il y a celle-ci de Lacan, et qui s&rsquo;entend mieux sur le fond de diff\u00e9rence entre la psychanalyse orthodoxe et l\u2019h\u00e9r\u00e9tique : \u00ab l\u2019analyse, dit-il, est une r\u00e9ponse tout sp\u00e9cialement conne \u00e0 une \u00e9nigme \u00bb &#8211; et bien entendu c\u2019est la psychanalyse comme orthodoxe qu\u2019il vise. Et, \u00ab tout sp\u00e9cialement conne \u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn3\">[iii]<\/a> dans son esprit, \u00e7a veut dire que <strong>l\u2019analyse orthodoxe essaie de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019\u00e9nigme sexuelle par un effet de v\u00e9rit\u00e9<\/strong>, par un \u00ab que la lumi\u00e8re soit \u00bb, par une \u00e9lucidation &#8211; alors qu\u2019il s\u2019agit au contraire <strong>d\u2019atteindre ce que la jouissance comporte d\u2019opacit\u00e9 irr\u00e9ductible<\/strong>. Et c\u2019est l\u00e0 ce que vise l\u2019h\u00e9r\u00e9sie lacanienne.<\/p>\n\n\n\n<p> On a pu croire que l\u2019Autre, c\u2019\u00e9tait l\u2019Autre de la parole, l\u2019Autre du d\u00e9sir, et Lacan a construit son graphe sur cet Autre, et il a m\u00eame pu situer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses formations de l\u2019inconscient, le fantasme de la travers\u00e9e. \u00c9videmment, on entre dans un tout autre cadre quand on admet que<strong> l\u2019Autre c\u2019est le corps<\/strong>, qui n\u2019est pas ordonn\u00e9 au d\u00e9sir mais qui est <strong>ordonn\u00e9 \u00e0 sa propre jouissance<\/strong>. Que ce r\u00e9el, Lacan ait voulu lui donner la forme borrom\u00e9enne, on peut en prendre acte \u2013 il n\u2019emp\u00eache que <strong>au c\u0153ur, l\u00e0 o\u00f9 se coincent les ronds borrom\u00e9ens,<\/strong> <strong>il y a toujours \u00e0 placer un pr\u00e9l\u00e8vement corporel<\/strong>, et je vous en ai donn\u00e9 un exemple avec ce regard \u2013 dont j\u2019ai montr\u00e9 \u00e0 Montpellier comment on pouvait le retrouver dans les diff\u00e9rentes structures cliniques, \u00e7a sera publi\u00e9, Montpellier, les travaux de mes coll\u00e8gues, les discussions, et donc je ne vous en dirai pas davantage aujourd\u2019hui, en vous donnant rendez-vous \u00e0 la semaine prochaine.<\/p>\n\n\n\n<div><hr width=\"33%\" size=\"1\" align=\"left\">\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref1\">[i]<\/a> L&rsquo;enregistrement que j&rsquo;ai fait \u00e9t\u00e9 cette fois-ci tr\u00e8s mauvais, j&rsquo;\u00e9tais distraite et j&rsquo;ai mal plac\u00e9 le micro. Je mets entre crochets ce qui est incertain. Si quelqu\u2019un a mieux entendu, enregistr\u00e9 ou not\u00e9 que moi, peut-\u00eatre voudra-t-il bien m\u2019\u00e9clairer.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref2\">[ii]<\/a> Dans une atmosph\u00e8re de rigolade, qui n\u2019est pas la n\u00f4tre ici\u2026<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref3\">[iii]<\/a> Je dois dire que l\u00e0-bas \u00e7a a fait rire tout le monde, ici personne\u2026<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas ici que mon cours de cette ann\u00e9e a atteint, je crois son but, (\u00ab On n\u2019entend pas, on n\u2019entend pas, on n\u2019entend rien \u00bb) sa cible, son sommet ( &#8211; voil\u00e0, je vous donne 3 mots comme &hellip; <a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/05\/14-cours-de-jacques-alain-miller-25-mai-2\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1993,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/template-cover.php","format":"standard","meta":{"spay_email":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false},"categories":[4],"tags":[263,265,116,264,262,268,269,155,261,180],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/06\/export.jpg","jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2zPSJ-tK","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":1138,"url":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/jacques-alain-miller-la-suture-elements-de-logique-du-signifiant\/","url_meta":{"origin":1844,"position":0},"title":"Jacques-Alain Miller - La suture (El\u00e9ments de logique du signifiant)","date":"23 mars 2011","format":"aside","excerpt":"JACQUES-ALAIN MILLER L A \u00a0\u00a0 S U T U R E (\u00c9L\u00c9MENTS DE LA LOGIQUE DU SIGNIFIANT) Cahiers pour l'analyse 1\/2 - La v\u00e9rit\u00e9 - 1972 Repris d'un expos\u00e9 prononc\u00e9 le 24 f\u00e9vrier 1965 au\u00a0 s\u00e9minaire du docteur J. 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