{"id":471,"date":"2011-02-24T12:32:57","date_gmt":"2011-02-24T11:32:57","guid":{"rendered":"http:\/\/empreintesdigitales.wordpress.com\/?p=471"},"modified":"2012-01-13T13:46:16","modified_gmt":"2012-01-13T11:46:16","slug":"sensibilite-kant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/sensibilite-kant\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9tude des structures de notre sensibilit\u00e9 permet \u00e0 Kant de donner un fondement \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie et \u00e0 l&rsquo;arithm\u00e9tique. L&rsquo;\u00e9tude des stuctures de l&rsquo;entendement coop\u00e9rant avec la sensibilit\u00e9 lui permet de donner un fondement \u00e0 la physique."},"content":{"rendered":"<p>[ Compl\u00e9ment de lecture du\u00a0<a title=\"cours de jacques-alain miller du 2 f\u00e9vrier\u00a02011\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/cours-de-jacques-alain-miller-du-2-fevrier-2011\/\"> cours de jacques-alain miller du 2 f\u00e9vrier 2011]<br \/>\n<\/a><\/p>\n<p>Comme j&rsquo;\u00e9prouvais quelque difficult\u00e9 avec cette phrase issue d&rsquo;une transcription trouv\u00e9e sur le net du S\u00e9minaire VII de Lacan : \u00ab\u00a0<a title=\"Lacan, S\u00e9minaire IX, 28.2.1962, extrait 1 \u2013 de Kant \u00e0 la cyclo\u00efde de\u00a0Pascal\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/lacan-seminaire-ix-sem-28-2-1962-extrait-de-kant-a-la-cycloide-de-pascal\/\">C&rsquo;est en cela que cette intuition qui s&rsquo;ordonne en cat\u00e9gories de l&rsquo;espace et du temps, se trouve d\u00e9sign\u00e9e par Kant comme [exclue??]\u00a0 de ce qu&rsquo;on peut appeler l&rsquo;originalit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience sensible, de la <em>Sinnlichkeit (sensorialit\u00e9) <\/em>, d&rsquo;o\u00f9 seulement peut sortir, peut surgir quelque affirmation que ce soit de r\u00e9alit\u00e9 palpable, ces affirmations de r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;en restant pas moins dans leur articulation soumises aux cat\u00e9gories de la dite Raison Pure, sans lesquelles elles ne sauraient, non pas seulement \u00eatre \u00e9nonc\u00e9es, mais m\u00eame pas \u00eatre aper\u00e7ues.<\/a>\u00ab\u00a0, j&rsquo;ai fait, sur le net encore, des recherches sur les termes \u00ab\u00a0kant sinnlichkeit sensorialit\u00e9 intuition pure\u00a0\u00bb et suis tomb\u00e9e sur cette publication,\u00a0 <a href=\"http:\/\/books.google.fr\/books?id=F9D4Dq5Eq4kC&amp;lpg=PA184&amp;ots=1XnRMnhaQN&amp;dq=kant%20sinnlichkeit%20sensorialit%C3%A9%20intuition%20pure&amp;pg=PA188#v=onepage&amp;q&amp;f=false\" target=\"_blank\">M\u00e9tamorphoses de la philosophie: Platon, Descartes, Kant, Nietzsche<\/a> par Pierre Fougeyrollas, dont je donne ici quelques extraits, qui m&rsquo;a paru \u00e9clairer de fa\u00e7on int\u00e9ressante les propos de Lacan, ainsi qu&rsquo;il donne quelques indices possible\u00a0 sur ce que Lacan d\u00e9nonce du rapport de Kant au corps :<\/p>\n<p><!--more-->\u00ab\u00a0De sa mort, en l804, jusqu\u2019\u00e0 nos jours, Emmanuel Kant a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la r\u00e9putation d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 le plus grand de tous les philosophes. Sans pr\u00e9tendre confirmer ou infirmer ce jugement de valeur qui exprime une pr\u00e9f\u00e9rence subjective plut\u00f4t qu\u2019une v\u00e9rit\u00e9 objective, nous dirons qu\u2019il s&rsquo;explique par le changement radical que Kant a fait accomplir \u00e0 la philosophie, au point que dans l&rsquo;histoire de cette discipline il y a incontestablement un<em> avant: Kant<\/em> et un <em>apr\u00e8s Kant<\/em>. Ajoutons que l&rsquo;\u0153uvre de Kant est contemporaine de ce grand bouleversement de l&rsquo;histoire europ\u00e9enne et, jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, de l&rsquo;histoire mondiale que fut la R\u00e9volution fran\u00e7aise de telle sorte que cette derni\u00e8re et la r\u00e9volution philosophique kantienne s&rsquo;\u00e9clairent r\u00e9ciproquement.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la lecture des ouvrages de Kant a la r\u00e9putation d&rsquo;\u00eatre particuli\u00e8rement difficile bien que les sp\u00e9cialistes reconnaissent que leur auteur ait fait preuve d&rsquo;immenses talents p\u00e9dagogiques. Disons simplement que ces ouvrages n`ont pas les qualit\u00e9s litt\u00e9raires des <em>Dialogues <\/em>de Platon et qu&rsquo;ils ne comportent pas la dramatisation que Descartes a su conf\u00e9rer \u00e0 ses \u00e9crits. Dans la <em>Pr\u00e9face <\/em>\u00e0 la deuxi\u00e8me \u00e9dition de la <em>Critique de la raison pure<\/em> (1787), Kant compare la situation florissante de la science et la situation \u00e0 bien des \u00e9gards mis\u00e9rable de la m\u00e9taphysique. Parmi les disciplines scientifiques, il cite la logique, la math\u00e9matique et la physique qui sont entr\u00e9es, \u00e0 diverses \u00e9poques, dans ce qu&rsquo;il appelle la \u00ab<em>voie r0yale<\/em>\u203a\u203a, c&rsquo;est-\u00e0-dire une progression dans l&rsquo;acquisition de nouveaux savoirs ne comportant aucun recul, aucun retour en arri\u00e8re.<\/p>\n<p>Il estime que la logique est entr\u00e9e dans cette voie royale depuis Aristote et qu&rsquo;elle n&rsquo;a r\u00e9alis\u00e9 depuis son fondateur aucun pas en arri\u00e8re ni non plus, \u00e0 vrai dire, aucun pas important en avant. Plus significatifs lui paraissent les exemples de la [&#8230;]<\/p>\n<p>Ce texte nous rappelle que, pour Aristote et ses successeurs, la philosophie premi\u00e8re, science de l`\u00eatre en tant qu&rsquo;\u00eatre, domine les diverses sciences composant la philosophie seconde (math\u00e9matique, physique, etc.) et que, pour Descartes, la philosophie premi\u00e8re ou m\u00e9taphysique constitue les racines de l`arbre de la connaissance scientifique. Au XVIII\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;enthousiasme pour les sciences positives a \u00e9t\u00e9 tel que la m\u00e9taphysique est devenue un objet de m\u00e9pris ou pour le moins d`indiff\u00e9rence. Le m\u00e9pris en question a pouss\u00e9 Kant \u00e0 s`interroger d`une mani\u00e8re <em>critique <\/em>sur le statut qu&rsquo;il convenait d&rsquo;accorder \u00e0 la m\u00e9taphysique, et l&rsquo;indiff\u00e9rence du public \u00e9clair\u00e9 vis-\u00e0-vis d`elle lui est apparue comme un signe de maturit\u00e9 d&rsquo;o\u00f9 il fallait partir pour soumettre le cas de la m\u00e9taphysique \u00e0 un examen <em>critique<\/em>.<\/p>\n<p>Durant de longues ann\u00e9es, Kant, plus occup\u00e9 \u00e0 des travaux scientifiques qu&rsquo;\u00e0 des sp\u00e9culations m\u00e9taphysiques, avait donn\u00e9 son adh\u00e9sion \u00e0 la philosophie de Leibniz ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e5 son interpr\u00e9tation par l&rsquo; \u00ab\u00a0<em>illustre Wolff<\/em>\u00ab\u00a0, ce qui veut dire qu&rsquo;il avait accept\u00e9 le dogmatisme m\u00e9taphysique issu de Descartes ; le terme <em>dogmatisme <\/em>signifiant ici une doctrine dont les propositions fondamentales ne sont pas d\u00e9montr\u00e9es ou prouv\u00e9es ou, pour le moins, insuffisamment d\u00e9montr\u00e9es ou prouv\u00e9es. A l&rsquo;approche de ses soixante ans, la lecture de David Hume, le philosophe britannique de l&#8217;empirisme radical et du scepticisme, le bouleverse. Il a \u00e9crit que \u00ab<em>Hume l &lsquo;avait \u00e9veill\u00e9 de son sommeil dogmatiqu<\/em>e\u00bb D\u00e8s lors, Kant va tenter de d\u00e9passer l&rsquo;opposition qui a marqu\u00e9 la fin du XVII\u00e8me et le d\u00e9but du XVIII\u00e8me si\u00e8cle entre le rationalisme dogmatique et l&#8217;empirisme sceptique afin d&rsquo;arracher la m\u00e9taphysique aux combats sans \ufb01n qui lui enl\u00e8vent toute cr\u00e9dibilit\u00e9 scientifique.<\/p>\n<p>Comme nous l&rsquo;avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, Descartes et les autres grands rationalistes du XVII\u00e8me si\u00e8cle distinguaient deux degr\u00e9s de la connaissance humaine : la<em> connaissance sensible<\/em> ou connaissance par les sensations qui sont des saisies imm\u00e9diates de couleurs, de formes, de sons, d&rsquo;odeurs, de go\u00fbts et de qualit\u00e9s tactiles (rugueux\/lisse, chaud\/ froid), et la<em> connaissance intellectuelle<\/em> ou connaissance par les <em>concepts <\/em>qui sont non des saisies imm\u00e9diates de qualit\u00e9s, mais des saisies discursives, c&rsquo;est-\u00e0-dire m\u00e9diatis\u00e9es par le raisonnement, d&rsquo;objets abstraits. Contrairement \u00e0 la couleur rouge ou \u00e0 la couleur verte qui est imm\u00e9diatement saisie par notre vue en sorte que la sensation peut \u00eatre aussi appel\u00e9e <em>intuition sensible<\/em>, les figures de la g\u00e9om\u00e9trie sont des objets abstraits, c&rsquo;est-\u00e0-dire id\u00e9aux, qui r\u00e9sultent du raisonnement g\u00e9om\u00e9trique et qui, par cons\u00e9quent, ne sont pas saisis imm\u00e9diatement. A l&rsquo;exception de Spinoza qui admet l&rsquo;existence d&rsquo;un troisi\u00e8me genre de connaissance ou <em>amour intellectuel de Dieu<\/em>, les autres grands rationalistes opposent la connaissance sensible qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme \u00ab<em>obscure et confuse<\/em>\u00bb et la connaissance intellectuelle qu&rsquo;ils estiment \u00ab<em>claire et distincte<\/em>\u203a\u203a. Cette dualit\u00e9, on pourrait dire cette dichotomie, remonte au fond \u00e0 Platon. Kant a refus\u00e9 cette mani\u00e8re de penser la connaissance humaine et l`a remplac\u00e9e par une conception tripartite. ll distingue, en effet, la <strong><em>sensibilit\u00e9 <\/em><\/strong>(<strong><em>Sinnlichkeit<\/em><\/strong>, litt\u00e9ralement sensorialit\u00e9) ou facult\u00e9 des sensations, l&rsquo;<strong><em>entendement<\/em><\/strong> ou facult\u00e9 des concepts et la <strong><em>raison <\/em><\/strong>ou facult\u00e9 des id\u00e9es. Les concepts et les id\u00e9es sont des repr\u00e9sentations abstraites. Leur diff\u00e9rence vient de ce que <strong>les concepts coop\u00e8rent avec les sensations <\/strong>qu&rsquo;ils <strong>unifient <\/strong>sous eux, alors que <strong>les id\u00e9es sont, pour ainsi dire, des concepts cherchant \u00e0 atteindre l&rsquo;absolu et ne disposant pour ce faire de la coop\u00e9ration d&rsquo;aucune sensation.<\/strong><\/p>\n<p>L`\u00e9tude des structures de notre <strong>sensibilit\u00e9 <\/strong>permet \u00e0 Kant de donner un fondement \u00e0 la <strong>g\u00e9om\u00e9trie <\/strong>et \u00e0 l\u2019<strong>arithm\u00e9tique<\/strong>. L\u2019\u00e9tude des <strong>structures de l&rsquo;entendement coop\u00e9rant avec la sensibilit\u00e9 <\/strong>lui permet. de donner un fondement \u00e0 la <strong>physique<\/strong>. Ainsi la <em>Critique de la raison pure<\/em> comporte une <strong>th\u00e9orie de la connaissance<\/strong> au centre de laquelle se trouve une th\u00e9orie de la science. Enfin, la partie de la Critique qui \u00e9tudie les <strong>id\u00e9es de la raison<\/strong> montre qu&rsquo;il ne peut pas y avoir de fondement th\u00e9orique pour la m\u00e9taphysique telle qu&rsquo;elle est comprise traditionnellement.<\/p>\n<p>Revenons maintenant au fondement de la g\u00e9om\u00e9trie et de l&rsquo;arithm\u00e9tique. Selon les rationalistes dogmatiques, ce fondement serait en Dieu et n`aurait nul besoin de l&rsquo;exp\u00e9rience, autrement dit des sensations pour que ces deux disciplines soient des sciences rigoureuses. Pour les empiristes, au contraire, les sensations sont la source unique de toutes les connaissances humaines. En cons\u00e9quence, ils sont incapables de donner un fondement \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie et \u00e0 l&rsquo;arithm\u00e9tique et d`expliquer comment et pourquoi leurs propositions et leurs d\u00e9monstrations ne sont pas affect\u00e9es par les incertitudes de l&rsquo;exp\u00e9rience. D\u00e9passant ces deux points de vue, <strong>Kant consid\u00e8re que la g\u00e9om\u00e9trie et l&rsquo;arithm\u00e9tique ont pour fondements les structures m\u00eames de la connaissance sensible.<\/strong><\/p>\n<p>Il constate que nous avons des <strong>sensations externes <\/strong>qui ont pour cadre l&rsquo;<strong>espace<\/strong>. Il d\u00e9finit cet espace comme la forme <em>a priori<\/em> de notre sensibilit\u00e9 ext\u00e9rieure. <em>A priori <\/em>signifie que toute sensation externe s&rsquo;inscrit dans ce cadre-l\u00e0, dans cette structure de notre sensibilit\u00e9 externe <strong>qui est un espace \u00e0 trois dimensions<\/strong>. Ne peut-on pas imaginer, en effet, d`autres \u00eatres vivants qui percevraient le monde ext\u00e9rieur selon un espace \u00e0 quatre, \u00e0 cinq ou \u00e0 deux dimensions ? Ceci veut dire que le f<strong>ondement de la g\u00e9om\u00e9trie euclidienne<\/strong> est non pas en Dieu parce que c&rsquo;est ind\u00e9montrable, non pas dans l&rsquo;exp\u00e9rience parce qu&rsquo;elle est par nature incertaine, mais qu&rsquo;il est <strong>en nous<\/strong>, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la forme <em>a priori<\/em> de notre sensibilit\u00e9 externe qui est effectivement le cadre de toutes nos sensations ext\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Quelques d\u00e9cennies avant la publication de la <em>Critique de la raison pure<\/em>, le math\u00e9maticien d`Alembert avait d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab<em>les postulats sont le scandale de la g\u00e9om\u00e9trie<\/em>\u203a\u203a. Les postulats, comme leur nom l&rsquo;indique, sont ces cinq propositions qu&rsquo;Euclide et ses disciples demandaient \u00e0 leurs lecteurs de leur accorder pour vraies afin qu&rsquo;\u00e0 partir d&rsquo;elles ils puissent d\u00e9montrer toutes les autres propositions nomm\u00e9es th\u00e9or\u00e8mes.<\/p>\n<p>Les math\u00e9maticiens actuels savent que la g\u00e9om\u00e9trie (celle d&rsquo;Euclide ou une g\u00e9om\u00e9trie non-euclidienne quelconque) est un <em>syst\u00e8me hypothetico-d\u00e9ductif <\/em>compos\u00e9 d&rsquo;un grand nombre de th\u00e9or\u00e8mes d\u00e9montr\u00e9s et donc d\u00e9duits \u00e0 partir d&rsquo;un tr\u00e8s petit nombre de postulats qui, dans un syst\u00e8me d\u00e9termin\u00e9 ne pourront pas \u00eatre d\u00e9duits pr\u00e9cis\u00e9ment parce que c`est \u00e0 partir d`eux, jouant le r\u00f4le d`hypoth\u00e8ses, que l&rsquo;on pourra d\u00e9duire tous les autres.<\/p>\n<p>Avant l&rsquo;invention, au XIX\u00e8me si\u00e8cle, des g\u00e9om\u00e9tries non-euclidiennes, Kant r\u00e9sout \u00e0 sa mani\u00e8re le probl\u00e8me de d&rsquo;Alembert. En effet, <strong>le postulat le plus c\u00e9l\u00e8bre de la g\u00e9om\u00e9trie d&rsquo;Euclide<\/strong>, c&rsquo;est <strong>celui des parall\u00e8les <\/strong>qui dit que par un point hors d &lsquo;une droite ne peut passer qu&rsquo;une seule parall\u00e8le \u00e0 cette droite. Or, Kant en donnant pour fondement \u00e0 cette g\u00e9om\u00e9trie l`espace \u00e0 trois dimensions entra\u00eene comme cons\u00e9quence n\u00e9cessaire la v\u00e9rit\u00e9 du postulat que nous venons de citer. Car c&rsquo;est en adoptant pour hypoth\u00e8ses des espaces autres qu&rsquo;un espace \u00e0 trois dimensions qu&rsquo;on aboutit \u00e0 plusieurs parall\u00e8les ou \u00e0 aucune parall\u00e8le \u00e0 une droite passant par un point hors de cette droite.<\/p>\n<p>Kant savait en outre que nous \u00e9prouvons des <strong>sensations internes <\/strong>qui se pr\u00e9sentent comme une succession de ce que qu&rsquo;on appellera plus tard des \u00ab<em>\u00e9tats de conscience<\/em>\u203a\u203a. La structure de cette sensibilit\u00e9 interne, c`est le <strong>temps <\/strong>que la <em>Critique <\/em>d\u00e9signe comme la forme <em>a priori <\/em>de ladite sensibilit\u00e9. Cette forme <em>a priori<\/em> constitue le <strong>fondement de l&rsquo;arithm\u00e9tique<\/strong>. Que sont, en effet, les nombres si ce n&rsquo;est une succession de termes r\u00e9sultant d&rsquo;un terme originaire, l&rsquo;<strong>unit\u00e9<\/strong>, s&rsquo;ajoutant \u00e0 lui-m\u00eame, et cela \u00e0 l infini ? De m\u00eame que les figures id\u00e9ales de la g\u00e9om\u00e9trie classique supposent le cadre constituant qu&rsquo;est l&rsquo;espace \u00e0 trois dimensions, de m\u00eame les nombres id\u00e9aux de l&rsquo;arithm\u00e9tique supposent le cadre constituant qu&rsquo;est le temps comme forme <em>a priori<\/em> de nos sensations internes. Ce cadre ou plut\u00f4t cette structure, c&rsquo;est l&rsquo;irr\u00e9versibilit\u00e9 dans la succession des \u00ab<em>\u00e9tats de conscience<\/em>\u00bb.\u00a0 Kant voyait aussi dans le temps, comme forme <em>a priori<\/em> de la sensibilit\u00e9 interne, le fondement d&rsquo;une<strong> science du mouvement pur<\/strong>, c&rsquo;est-\u00e0-dire du <strong>mouvement consid\u00e9r\u00e9 en faisant abstraction de tout corps se mouvant <\/strong>ou pouvant se mouvoir. Il l&rsquo;a appel\u00e9e la <em>phoronom\u00ede<\/em>, mais c`est finalement le terme de <em>m\u00e9canique <\/em>qui a \u00e9t\u00e9 retenu pour d\u00e9signer, \u00e0 la fois, la science de l&rsquo;\u00e9quilibre, la <em>statique<\/em>, et la science du mouvement, la <em>dynamique<\/em>. Quoi qu&rsquo;il en soit, le temps est bien le cadre dans lequel s&rsquo;inscrivent la science de la Pure succession qui est celle des nombres, l&rsquo;arithm\u00e9tique, et la science du pur mouvement, qu&rsquo;on la nomme phoronomie ou m\u00e9canique.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9tude des structures de notre sensibilit\u00e9 permet \u00e0 Kant de donner un fondement \u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie et \u00e0 l&rsquo;arithm\u00e9tique. 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