{"id":764,"date":"2011-03-09T09:52:45","date_gmt":"2011-03-09T07:52:45","guid":{"rendered":"http:\/\/empreintesdigitales.wordpress.com\/?p=764"},"modified":"2020-02-26T20:56:44","modified_gmt":"2020-02-26T18:56:44","slug":"jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/jam-9-mars-2011-de-l-ontologie-a-lontique\/","title":{"rendered":"VI. De l\u2019ontologie \u00e0 l\u2019ontique \u2013 9 mars 2011"},"content":{"rendered":"<p>Bon. Aujourd\u2019hui, je vais solder <strong>un vieux compte que j\u2019ai avec Lacan depuis mes 20 ans<\/strong>. Quelque chose m\u2019avait produit un certain d\u00e9plaisir jadis, que je n\u2019avais eu l\u2019occasion d\u2019aborder avec lui. M\u2019enfin, c\u2019est rest\u00e9 et \u00e7a s\u2019inscrit bien dans ce que je trace cette ann\u00e9e. \u00c7a remonte \u00e0 un moment tr\u00e8s pr\u00e9cis qui est indiquable dans le <em>Livre&nbsp; XI <\/em>des S\u00e9minaires, les <em>Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse<\/em>.<\/p>\n<p>A la fin du chapitre II, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Lacan laissait s\u2019exprimer quelques auditeurs, vous verrez, par extraordinaire, que les questions et les r\u00e9ponses manquent. \u00c7a n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 transcrit&nbsp; (peut-\u00eatre que \u00e7a va r\u00e9appara\u00eetre maintenant). <strong>C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je m\u2019adressais \u00e0 Lacan<\/strong> (en public, je l\u2019avais vu une premi\u00e8re fois rue de Lille, non, c\u2019\u00e9tait apr\u00e8s, donc, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je m\u2019adressais \u00e0 lui).&nbsp; Et il a fait une r\u00e9ponse \u00e0 cette question que l\u2019on peut trouver au d\u00e9but du chapitre III, la semaine suivante, on peut apercevoir de quoi il s\u2019agissait. Il a \u00e9t\u00e9 fort gentil avec moi. Ensuite,&nbsp; il a m\u00eame fait un petit mot \u00e0 mon mentor, Althusser qui disait : \u00ab&nbsp;Plut\u00f4t bon, votre gars.&nbsp;\u00bb J\u2019\u00e9tais de ceux qui se d\u00e9nommaient Althusseriens.<\/p>\n<p>Lacan r\u00e9sume ma question dans ces termes (Jam lit) :<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align:center;\"><a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/img.jpg\"><br \/>\n<\/a><a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-3.jpg\"><\/a><a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-31.jpg\"><\/a><a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-31.jpg\"><\/a><a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-32.jpg\"><img class=\"aligncenter size-large wp-image-801\" title=\"semxichap2-3\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-32.jpg?w=1024\" alt=\"\" width=\"600\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-32.jpg 1836w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-32-300x228.jpg 300w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-32-1024x780.jpg 1024w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/semxichap2-32-393x300.jpg 393w\" sizes=\"(max-width: 1836px) 100vw, 1836px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"padding-left:30px;\"><em><br \/>\n<\/em>\u00ab\u00a0La semaine derni\u00e8re, mon introduction de l\u2019inconscient par la structure d\u2019une b\u00e9ance a fourni l\u2019occasion \u00e0 un de mes auditeurs, Jacques-Alain Miller, d\u2019un excellent trac\u00e9 de ce que, dans mes \u00e9crits pr\u00e9c\u00e9dents, il a reconnu comme la fonction structurante d\u2019un manque, et il l\u2019a rejoint par un arc audacieux \u00e0 ce que j\u2019ai pu d\u00e9signer, en parlant de la fonction du d\u00e9sir, comme manque-\u00e0-\u00eatre.<br \/>\nAyant r\u00e9alis\u00e9 cette synopsis qui n\u2019a s\u00fbrement pas \u00e9t\u00e9 inutile, au moins pour ceux qui avaient d\u00e9j\u00e0 quelques notions de mon enseignement, il m\u2019a interrog\u00e9 sur mon ontologie.<br \/>\nJe n\u2019ai pas pu lui r\u00e9pondre dans les limites qui sont imparties au dialogue par l\u2019horaire, et il aurait convenu que j\u2019obtins de lui tout d\u2019abord la pr\u00e9cision de ce en quoi il cerne le terme d\u2019ontologie. N\u00e9anmoins, qu\u2019il ne croie pas que j\u2019ai trouv\u00e9 du tout la question inappropri\u00e9e. Je dirai m\u00eame plus. Il tombait particuli\u00e8rement \u00e0 point, en ce sens que c\u2019est bien d\u2019une fonction ontologique qu\u2019il s\u2019agit dans cette b\u00e9ance, par quoi j\u2019ai cru devoir introduire, comme lui \u00e9tant la plus essentielle, la fonction de l\u2019inconscient.<br \/>\nLa b\u00e9ance de l\u2019inconscient, nous pourrions la dire <em>pr\u00e9-ontologique<\/em>. J\u2019ai insist\u00e9 sur ce caract\u00e8re trop oubli\u00e9 \u2014 oubli\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on qui n\u2019est pas sans signification \u2014 de la premi\u00e8re \u00e9mergence de l\u2019inconscient, qui est de pas pr\u00eater \u00e0 l\u2019ontologie&#8230;\u00a0\u00bb<br \/>\nJacques Lacan, Le S\u00e9minaire, Livre XI, <em>Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse<\/em><\/p>\n<p>Et Lacan aborde le cours de la semaine en soulignant que la \u00ab&nbsp;la b\u00e9ance de l\u2019inconscient m\u00e9rite d\u2019\u00eatre dite pr\u00e9-ontologique&nbsp;\u00bb [\u00eatre\/non-\u00eatre&#8230; non-r\u00e9alis\u00e9]<\/p>\n<p>Y a quelque chose, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque qui m\u2019a agac\u00e9, c\u2019est que <strong>\u00e7a n\u2019\u00e9tait <\/strong><strong>pas moi qui amenait le terme d\u2019ontologie<\/strong><em>.<\/em> J\u2019avais d\u00e9got\u00e9 le \u00ab&nbsp;manque-\u00e0-\u00eatre&nbsp;\u00bb,&nbsp; mais l\u2019expression sous sa plume de \u00ab&nbsp;manque ontologique\u00bb, on la trouve dans la \u00ab\u00a0Direction de la cure\u00a0\u00bb. C\u2019est parce que je trouvais ce terme d\u00e9plac\u00e9 que j\u2019avais interrog\u00e9 et poliment pris \u00e0 partie Lacan sur son usage d\u2019ontologie.<\/p>\n<p>Mais, on trouve une autre r\u00e9f\u00e9rence dans les<em> Autres \u00e9crits<\/em>, p. 426, dans \u00ab\u00a0Radiophonie\u00a0\u00bb :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>D&rsquo;o\u00f9 je fis retour au r\u00e9el de l&rsquo;ENS, soit de l&rsquo;\u00e9tant (ou de l&rsquo;\u00e9tang) de l&rsquo;Ecole normale sup\u00e9rieure o\u00f9 le premier jour que&nbsp; j&rsquo;y pris place je fus interpell\u00e9 sur l&rsquo;\u00eatre que j&rsquo;accordais \u00e0 tout \u00e7a <\/em>(par jacques-alain miller donc)<em>. D&rsquo;o\u00f9 je d\u00e9clinai \u00e0 soutenir ma vis\u00e9e d&rsquo;aucune ontologie.<br \/>\nC&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle fut, vis\u00e9e, d&rsquo;un auditoire \u00e0 rompre \u00e0 ma logie, de son onto je faisais l&rsquo;honteux.<br \/>\nToute onto bue maintenant, je r\u00e9pondrai, et pas par quatre chemins ni par for\u00eat \u00e0 cacher l&rsquo;arbre.<br \/>\nMon \u00e9preuve ne touche \u00e0 l&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;\u00e0 le faire na\u00eetre de la faille que produit l&rsquo;\u00e9tant de se dire.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p><\/blockquote>\n<p>[&#8230; on croirait que parce qu&rsquo;il se trouvait dans une \u00e9cole de philosophie&#8230; copinage excessif des normaliens reproch\u00e9 \u00e0 Lacan&#8230;.]<\/p>\n<p>&#8230; \u00ab\u00a0<em>D&rsquo;o\u00f9 je d\u00e9clinai \u00e0 soutenir ma vis\u00e9e d&rsquo;aucune ontologie\u00a0\u00bb&nbsp; &#8211; <\/em>alors que c&rsquo;\u00e9tait lui,&nbsp; l&rsquo;ontologue<\/p>\n<p>&#8230; de son ontologie,\u00a0\u00bb <em>je faisais l&rsquo;honteux<\/em>\u00ab\u00a0, dit-il &#8211; &nbsp; \u00ab\u00a0L&rsquo;honteux\u00a0\u00bb.&nbsp; Donc, il s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 quelque chose.<\/p>\n<p>&#8230; \u00ab\u00a0<em>je r\u00e9pondrai, et pas par quatre chemins<\/em>\u00a0\u00bb&nbsp; &#8211;&nbsp; Pas \u00ab\u00a0par quatre chemins\u00a0\u00bb ! Pour s\u00fbr, on \u00e9tait en en 1970 &#8211;&nbsp; quand je lui avais pos\u00e9 la question en 1964 !<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce que je voudrais mettre au programme aujourd&rsquo;hui. La difficult\u00e9 avec l&rsquo;ontologie, la doctrine de l&rsquo;\u00eatre &#8211; s&rsquo;il faut le pr\u00e9ciser -, &nbsp; Lacan a eu un probl\u00e8me avec l&rsquo;ontologie. Et ce n&rsquo;est pas un d\u00e9bat secondaire. C&rsquo;est une question centrale. Elle se r\u00e8gle dans le cours de son enseignement par un recours au terme qui lui est polairement oppos\u00e9 :<strong> l&rsquo;ontique<\/strong>. L&rsquo;ontique concerne l&rsquo;\u00e9tant, \u00e0 savoir &#8211; ce qui est.<\/p>\n<p>Donc, voil\u00e0, le chemin \u00e0 parcourir.<\/p>\n<p><strong>La cat\u00e9gorie dont nous faisons usage, la cat\u00e9gorie du r\u00e9el, ne se d\u00e9gage avec sa puissance conceptuelle qu&rsquo;\u00e0 la condition de cerner, limiter la fonction de l&rsquo;\u00eatre.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:center;\"><strong>*<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0, pour se remettre ce ce d\u00e9but, o\u00f9 je souligne ce qui a pu m&rsquo;agacer dans les \u00e9nonc\u00e9s de Lacan, je vais vous lire quelques lignes, non sans accents po\u00e9tiques, d&rsquo;un texte <strong>sur les affinit\u00e9s des math\u00e9matiques et du r\u00e9el<\/strong>, d&rsquo;un professeur pour lequel Lacan n&rsquo;a eu que des sarcasmes, sans doute trace d&rsquo;une dilection de jeunesse. Comme \u00e7a avait d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 le cas pour Paul Val\u00e9ry [ dont on sait par&#8230; (ex femme?) qu&rsquo;il n&rsquo;avait pour lui que des louanges dans sa jeunesse]. <em>Jam lit:<\/em><\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em><strong>Le math\u00e9maticien ne pense jamais sans objet. Je dis bien plus ; je dis que c&rsquo;est le seul homme qui pense un objet tout nu. <\/strong>D\u00e9fini, construit, que ce soit figure trac\u00e9e ou expression alg\u00e9brique. Il n&rsquo;en est pas moins vrai qu&rsquo;une fois cet objet propos\u00e9, il n&rsquo;y a aucune esp\u00e9rance de le vaincre, j&rsquo;entends le fondre, le dissoudre, le changer, s&rsquo;en rendre ma\u00eetre enfin, par un autre moyen que la droite et exacte connaissance et le maniement correct qui en r\u00e9sulte. Le d\u00e9sir, la pri\u00e8re, la folle esp\u00e9rance y peuvent encore moins que dans le travail sur les choses m\u00eames, o\u00f9 il se rencontre bien plus qu&rsquo;on ne sait, et enfin une heureuse chance qui peut faire succ\u00e8s de col\u00e8re. Un coup d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 peut rompre la pierre. L&rsquo;objet du math\u00e9maticien offre un autre genre de r\u00e9sistance, inflexible, mais par consentement et je dirais m\u00eame par serment. C&rsquo;est alors que se montre la n\u00e9cessit\u00e9 ext\u00e9rieure, qui offre prise. Le math\u00e9maticien est de tous les hommes celui qui sait le mieux ce qu&rsquo;il fait.<\/em>\u00a0\u00bb<br \/>\nAlain, <em>Esquisse de l&rsquo;homme<\/em>, 1927, <a title=\"Le&nbsp;math\u00e9maticien\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/le-mathematicien\/\">\u00ab\u00a0Le math\u00e9maticien\u00a0\u00bb,&nbsp; 24 juin 1924<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;auteur, c&rsquo;est ce personnage \u00e9minent de la III\u00b0 R\u00e9publique, qui fut le penseur de r\u00e9f\u00e9rence du parti radical alors \u00e0 son apog\u00e9e, enseignant de kh\u00e2gne \u00e0 Henri IV et&nbsp; qui se choisit comme pseudonyme tout simplement&nbsp; Alain.<\/p>\n<p>[ \u00c9crivit \u00ab\u00a0Mars ou la guerre jug\u00e9e\u00a0\u00bb , fut engag\u00e9&nbsp; volontaire durant la guerre 1914-18. On peut dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;un guerrier&nbsp; appliqu\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0&nbsp; Jean Paulhan &#8211; <em>Le guerrier appliqu\u00e9<\/em> ]<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab<strong> Le math\u00e9maticien est prol\u00e9taire <\/strong>par un c\u00f4t\u00e9. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un prol\u00e9taire ? C&rsquo;est un homme qui ne peut m\u00eame point essayer de la politesse, ni de la flatterie, ni du mensonge dans le genre de travail qu&rsquo;il fait. Les choses n&rsquo;ont point \u00e9gard et ne veulent point \u00e9gard. D&rsquo;o\u00f9 cet \u0153il qui cherche passage pour l&rsquo;outil. Toutefois il n&rsquo;existe point de prol\u00e9taire parfait; autant que le prol\u00e9taire doit persuader, il est bourgeois ; que cet autre esprit et cette autre ruse se d\u00e9veloppent dans les chefs, et par tous les genres de politique, cela est in\u00e9vitable et il ne faut point s&rsquo;en \u00e9tonner. Un chirurgien est prol\u00e9taire par l&rsquo;action, et bourgeois par la parole. Il se trouve entre deux, et le m\u00e9decin est \u00e0 sa droite. Le plus bourgeois des bourgeois est le pr\u00eatre, parce que son travail est de persuader, sans consid\u00e9rer jamais aucune chose. L&rsquo;avocat n&rsquo;est pas loin du pr\u00eatre, parce que ce sont les passions, et non point les choses, qui nourrissent les proc\u00e8s.\u00bb<br \/>\n<em>Ibid<\/em>., Alain<\/p><\/blockquote>\n<p>Il invente de d\u00e9finir le math\u00e9maticien comme un \u00ab\u00a0prol\u00e9taire\u00a0\u00bb. Dans le travail du math\u00e9maticien,&nbsp; il n&rsquo;y a en effet pas de place pour la politesse, la flatterie, les mensonges, on a affaires&nbsp; aux choses et non aux passions, on n&rsquo;a pas \u00e0 plaider. C&rsquo;est une philosophie qui oppose parole et action.<\/p>\n<p>[ chance&#8230;]<\/p>\n<p><strong>Quand on a affaire \u00e0 ce qu&rsquo;il appelle les passions, on les dirige par la rh\u00e9torique, <\/strong>on s&rsquo;y rapporte par l&rsquo;art du bien dire. Et d&rsquo;ailleurs quand on cherche \u00e0 recomposer la th\u00e9orie des passions d&rsquo;Aristote, on va d&rsquo;abord voir dans sa rh\u00e9torique, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;art d&rsquo;\u00e9mouvoir. L&rsquo;objet du math\u00e9maticien lui ne se laisse pas \u00e9mouvoir. Il est rebelle, r\u00e9tif \u00e0 toutes les aff\u00e9teries, les blandices de la parole.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">Opposition entre le rh\u00e9teur et le math\u00e9maticien.<\/p>\n<p>Le d\u00e9sir, la pri\u00e8re, la folle esp\u00e9rance ne peuvent rien sur l&rsquo;objet.<\/p>\n<p>Et quand Lacan dit \u00ab\u00a0Je suis un rh\u00e9teur\u00a0\u00bb, il ne s&rsquo;agit non pas l\u00e0 d&rsquo;une d\u00e9claration de son go\u00fbt, sinon que le psychanalyste \u00e0 affaire \u00e0 une chose qui se meut et se meut par la parole.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">La chose du psychanalyste est \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de l&rsquo;objet du math\u00e9maticien.<\/p>\n<p>L&rsquo;inconscient est mu par la parole.&nbsp; La formation du psychanalyste &#8211; quand il y a formation, apprentissage, c&rsquo;est avant tout une forme rh\u00e9torique. Quoi dire, et ne pas dire? On apprend comment agir par la parole sur les passions. c&rsquo;est-\u00e0-dire sur le d\u00e9sir qui les r\u00e9sume toutes.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">*<\/p>\n<p><strong>Quand Lacan s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la linguistique, c&rsquo;est&nbsp; en vue d&rsquo;une pratique rh\u00e9toricienne.<\/strong> Et au moment de la r\u00e9duction op\u00e9r\u00e9e sur la rh\u00e9torique par Jakobson \u00e0&nbsp; la polarit\u00e9&nbsp; m\u00e9taphore \/ m\u00e9tonymie, Lacan dit \u00ab\u00a0Eur\u00eaka! J&rsquo;ai trouv\u00e9 ce dont j&rsquo;avais besoin! \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La psychanalyste \u00e0 affaire \u00e0 une chose qui s&rsquo;\u00e9meut par la parole, que Lacan d\u00e9finit comme \u00ab\u00a0la chose freudienne\u00a0\u00bb, une chose qui prend la parole.<\/p>\n<p>Et dans son \u00e9crit qui porte ce titre, il l&rsquo;a fait parler d&rsquo;elle-m\u00eame :&nbsp; \u00ab\u00a0Moi, la v\u00e9rit\u00e9, je parle\u00a0\u00bb. Un objet math\u00e9matique ne dira jamais \u00e7a. C&rsquo;est <em>parce que<\/em> la chose freudienne parle qu&rsquo;on peut parler avec elle. L&rsquo;analyste est suppos\u00e9 savoir la faire parler et parler avec elle<\/p>\n<p>Il suffit de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience du r\u00eave.<\/p>\n<p>A&nbsp; la fa\u00e7on dont le r\u00eave est m\u00e9moris\u00e9,&nbsp; les veilles de reprise de l&rsquo;analyse,&nbsp; ou quand on a, en d\u00e9but d&rsquo;analyse,&nbsp; des&nbsp; r\u00eaves qui \u00e9mergent, on se dit que c&rsquo;est <em>le signe que la chose est \u00e9mue<\/em>.<\/p>\n<p>Ensuite, le style des r\u00eaves au cours de la cure se modifie. Ainsi une jeune fille, une jeune femme \u00e9tait-elle arriv\u00e9e chez moi avec des r\u00eaves tous aquatiques et glauques, faits de puits et de glissades dans des mers opaques. Puis, elle prenant go\u00fbt \u00e0 raconter ses r\u00eaves (et apr\u00e8s que j&rsquo;ai eu rep\u00e9r\u00e9 quelque chose), nous avons assist\u00e9 tous les deux \u00e0 la fa\u00e7on dont le r\u00eave changeait de style &#8211; s&rsquo;introduisait une personne, une autre, des objets, tout un petit monde&#8230; en m\u00eame temps qu&rsquo;elle se d\u00e9gageait de l&#8217;emprise d&rsquo;un d\u00e9sir qui inhibait chez elle, y compris son d\u00e9veloppement intellectuel.<\/p>\n<p>Il y a une ductilit\u00e9 du r\u00eave \u00e0 la situation avec l&rsquo;analyste, \u00e9laboration d&rsquo;un v\u00e9ritable dialogue qui peut s&rsquo;av\u00e9rer de tromperie (cf. Lacan, sa lecture de la jeune homosexuelle), mais on est avec les r\u00eaves dans le sentiment de toucher du doigt la chose qui parle.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">La chose freudienne, Lacan la d\u00e9finit comme v\u00e9rit\u00e9 .<\/p>\n<p>&#8211;&gt; \u00ab\u00a0\u00c7a parle!\u00a0\u00bb , il en fait&nbsp; le mot essentiel de la d\u00e9couverte de Freud.<\/p>\n<p>Le sympt\u00f4me est une parole qui est appartient \u00e0 l&rsquo;ordre du langage. L\u00e0 o\u00f9 \u00e7a souffre, \u00e7a parle, le sympt\u00f4me est structur\u00e9 comme un langage,  c&rsquo;est une parole qui appartient \u00e0 l&rsquo;ordre du langage, parole refus\u00e9e m\u00e9connue, appel \u00e0 l&rsquo;inconscient, qu&rsquo;il s&rsquo;agit de faire revenir.<\/p>\n<p>Le secret du \u00ab\u00a0\u00e7a parle\u00a0\u00bb&nbsp; se traduit en termes m\u00e9tapsychologiques, si je puis emprunter \u00e0 la deuxi\u00e8me topique de Freud :<strong> le \u00c7a n&rsquo;est pas autre chose que l&rsquo;Inconscient.<\/strong> Les deux se confondent. <strong>Et le premier enseignement de Lacan est \u00e9difi\u00e9 sur cette confusion.<\/strong> Ce qui est d\u00e9terminant pour le sujet, c&rsquo;est la parole en tant qu&rsquo;elle cr\u00e9e la v\u00e9rit\u00e9. La cr\u00e9ant, elle peut l&rsquo;entraver cette v\u00e9rit\u00e9 aussi bien. Le r\u00e9el est dehors et&nbsp; l&rsquo;imaginaire&#8230; \u00e7a n&rsquo;est que \u00ab\u00a0ombres et reflets\u00a0\u00bb (voir p. 11 de la \u00ab\u00a0Lettre vol\u00e9e\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Je simplifie sans doute, mais \u00e0 peine, en traduisant \u00e7a : <strong>avec la parole tout est possible<\/strong>.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;inconscient est symbolique &#8211; eh bien, tout est possible. C&rsquo;est-\u00e0-dire nous sommes, c&rsquo;est,&nbsp; disons &#8211; l&rsquo;atmosph\u00e8re d&rsquo;un monde sans r\u00e9el, d&rsquo;un monde conqu\u00e9rant.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le Lacan des d\u00e9buts. Je ne critique pas, il fallait sans doute \u00e7a \u00e0 cette \u00e9poque pour faire sauter le bouchon sur l&rsquo;analyse, il fallait sans doute <strong>cette \u00e9clipse du \u00c7a<\/strong>.<\/p>\n<p><del>d\u00e9sir d&rsquo;argumenter. <\/del>Les arguments on les trouve toujours. Ce qui compte c&rsquo;est de saisir la cause de ce que Lacan d\u00e9fend.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<strong>Ce jeu signifiant de la m\u00e9tonymie et de la m\u00e9taphore, <\/strong>jusque et y compris sa pointe active qui clavette mon d\u00e9sir sur un refus du signifiant ou sur un manque de l\u2019\u00eatre, et noue mon sort \u00e0 la question de mon destin, ce jeu se joue, jusqu\u2019\u00e0 ce que la partie soit lev\u00e9e, dans son inexorable finesse, l\u00e0 o\u00f9 je ne suis pas parce que je ne peux pas m\u2019y situer.\u00a0\u00bb<em><br \/>\nJacques Lacan, \u00ab\u00a0L&rsquo;instance de la lettre dans l&rsquo;inconscient ou la raison depuis Freud\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Qu&rsquo;il d\u00e9fend incessamment.&nbsp; Il argumente avec subtilit\u00e9, \u00ab\u00a0son inexorable finesse\u00a0\u00bb &#8211; peu ou prou : l&rsquo;inconscient est une parole. La pulsion est une demande. Certes, elle peut \u00eatre demande silencieuse mais cela ne&nbsp; d\u00e9range pas Lacan d&rsquo;attribuer le silence au champ du langage<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0<em>D&rsquo;o\u00f9 le concept de la pulsion o\u00f9 on le d\u00e9signe d&rsquo;un rep\u00e9rage organique,  oral, anal, etc. qui satisfait \u00e0 cette exigence d&rsquo;\u00eatre d&rsquo;autant plus  loin du parler que plus il parle<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Voir aussi, la page 816 des <em>\u00c9crits<\/em>, <a title=\"voir cours du 9 f\u00e9vrier&nbsp;201\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/02\/cours-de-jacques-alain-miller-du-9-fevrier-2011\/\">j&rsquo;y reviens<\/a>,&nbsp; : \u00ab\u00a0la pulsion&#8230; d&rsquo;autant plus loin du parler que + il parle\u00a0\u00bb &#8211;&gt; \u00e7a, c&rsquo;est imbattable.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/3-graphe-jouissance-castration1.gif\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-357\" title=\"3-graphe-jouissance-castration\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/3-graphe-jouissance-castration1.gif\" alt=\"\" width=\"309\" height=\"224\" srcset=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/3-graphe-jouissance-castration1.gif 309w, https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/3-graphe-jouissance-castration1-300x217.gif 300w\" sizes=\"(max-width: 309px) 100vw, 309px\" \/><\/a>Sbarr\u00e9 \u25ca grandD :<br \/>\nle sujet s&rsquo;\u00e9vanouit, la demande aussi, c&rsquo;est le couteau sans lame auquel on a coup\u00e9 le manche, reste la coupure &#8211;&gt; et nous rejoignons le&nbsp; champ du langage.<\/p>\n<p>Sur le graphe&nbsp; :<br \/>\non a la pulsion au-dessus,<br \/>\nla parole en-dessous (= le parler ) &#8211;&gt;&nbsp; c&rsquo;est con\u00e7u de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/p>\n<p>Lacan va jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9\u00e9crire Freud, v. p. 417 des <em>Ecrits, <\/em>\u00ab\u00a0La chose freudienne\u00a0\u00bb &#8211; pour lui <em>das Es<\/em>, c&rsquo;est le sujet de l&rsquo;inconscient, le nom du sujet de l&rsquo;inconscient.<\/p>\n<p><a title=\"\u00ab&nbsp;La chose freudienne&nbsp;\u00bb, Extrait \u2013 &nbsp;\u00bb Wo Es war\u2019 soll Ich&nbsp;werden.&nbsp;\u00bb\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/la-chose-freudienne-extrait-wo-es-war-soll-ich-werden\/\">\u00ab\u00a0<em>Wo es war, soll ich werden<\/em>\u00a0\u00bb &#8211; la lecture de Lacan repose sur la localisation du sujet de l&rsquo;inconscient au sein du \u00e7a.<\/a> \u00ab\u00a0<em>Es<\/em>\u00a0\u00bb ne comporte pas l&rsquo;article, dit-il, \u00e7a n&rsquo;est pas un objet, c&rsquo;est d&rsquo;un lieu qu&rsquo;il s&rsquo;agit &#8211;&gt; Sbarr\u00e9<\/p>\n<p>Ce qui chez Freud est la jungle des pulsions, devient chez Lacan la clairi\u00e8re de l&rsquo;\u00eatre, un lieu d&rsquo;\u00eatre, un lieu ontologique (oh qu&rsquo;est-ce que je dis).<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas le lieu de la jouissance. Le statut que Lacan accorde alors \u00e0 la jouissance est alors imaginaire, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;image, essentiellement l&rsquo;image de soi.<\/p>\n<p>De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, <strong>chez Alain, l&rsquo;objet est un objet qui r\u00e9siste, <\/strong>tout n&rsquo;est pas possible, c&rsquo;est un objet incorruptible, <strong>que la rh\u00e9torique des passions laisse intouch\u00e9, <\/strong>habit\u00e9 par la n\u00e9cessit\u00e9 (qu&rsquo;il dit ext\u00e9rieure mais il faut comprendre) objective. Il construit l&rsquo;objet m\u00eame qui lui r\u00e9siste. Il nous pr\u00e9sente une guise, un aspect du r\u00e9el nettoy\u00e9 de tout ce qui est affect, sentiment, sens. On ne le prend que par le calcul &#8211; il est sourd \u00e0 la parole.<\/p>\n<p>[Alors que la chose freudienne parle, \u00e9coute, s&rsquo;\u00e9meut,va au plus intime de l&rsquo;organisme lui-m\u00eame (du corps).<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">*<\/p>\n<p>Dans le deuxi\u00e8me mouvement de l&rsquo;enseignement de Lacan, on assiste \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence progressive de la chose qui ne parle pas. A la scission n\u00e9cessaire du \u00e7a et de l&rsquo;inconscient. \u00c7a aboutira dans le S\u00e9minaire XIV, la&nbsp; <em>Logique du fantasme<\/em> (1966-1967) o\u00f9,&nbsp;&nbsp; lui qui n&rsquo;aime pas souligner ses ruptures,&nbsp; il va raturer son \u00ab\u00a0\u00c7a parle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sinon, \u00e7a se fait progessivement, l&rsquo;\u00e9volution de sa pens\u00e9e, c&rsquo;est une \u00e9volution&nbsp; topologique, comme il aimait \u00e0 le croire, de son syst\u00e8me &#8211; \u00e7a se fait sans discontinuit\u00e9, sans coupure. Parfois quand m\u00eame, \u00e7a oscille :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Sur la magie, je pars de cette vue qui ne laisse pas de flou sur mon  ob\u00e9dience scientifique, mais qui se contente d&rsquo;une d\u00e9finition  structuraliste. Elle suppose le signifiant r\u00e9pondant comme tel au  signifiant. Le signifiant dans la nature est appel\u00e9 par le signifiant de  l&rsquo;incantation. Il est mobilis\u00e9 m\u00e9taphoriquement. La Chose en tant  qu&rsquo;elle parle, r\u00e9pond \u00e0 nos objurgations.<br \/>\nC&rsquo;est pourquoi cet ordre de classification naturelle que j&rsquo;ai invoqu\u00e9 des \u00e9tudes de Claude L\u00e9vi-Strauss, laisse dans sa d\u00e9finition structurale entrevoir le pont de correspondances par lequel l&rsquo;op\u00e9ration efficace est concevable, sous le m\u00eame mode o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue.\u00a0\u00bb<br \/>\n<a title=\"\u00ab&nbsp;La science et la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb, Ecrits, p.&nbsp;870-871\" href=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/2011\/03\/la-science-et-la-verite-ecrits-p-870-871\/\">Jacques Lacan, <em>\u00c9crits<\/em>, \u00ab\u00a0La science et la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb, p. 870<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Ainsi, \u00e0 la fin des <em>\u00c9crits, <\/em>\u00e0 la fin de&nbsp; \u00a0\u00bb La science et la v\u00e9rit\u00e9 \u00ab\u00a0,&nbsp; page 870 :<\/p>\n<ul>\n<li> Comment m\u00e9conna\u00eetre que l\u00e0 il \u00e9voque bien la \u00ab\u00a0Chose qui parle\u00a0\u00bb, mais cette fois c&rsquo;est pour la r\u00e9cuser.<\/li>\n<li>Il parle de \u00ab\u00a0magie\u00a0\u00bb,<\/li>\n<li>de l&rsquo;efficacit\u00e9 du chamanisme (cf. Levis-Strauss \u00ab\u00a0L&rsquo;efficacit\u00e9 symbolique\u00a0\u00bb dont il a extrait le ternaire R, S, I).<\/li>\n<li>Et quand il dit \u00ab\u00a0la Chose en tant qu&rsquo;elle parle, r\u00e9pond \u00e0 nos objurgations\u00a0\u00bb, dans \u00ab\u00a0objurgations\u00a0\u00bb, il faut bien entendre que c&rsquo;est de nos \u00ab\u00a0interpr\u00e9tations\u00a0\u00bb qu&rsquo;il s&rsquo;agit.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il y a bien eu un d\u00e9placement quelque part pour que <strong>la \u00ab\u00a0Chose en tant qu&rsquo;elle parle\u00a0\u00bb devienne l&rsquo;objet de la magie. <\/strong>Et dans son tout dernier enseignement, Lacan se demande en quoi la psychanalyse n&rsquo;est pas une magie.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Chacun sait que la mise en \u00e9tat du sujet, du sujet chamanisant, y est  essentielle. Observons que le chaman, disons en chair et en os, fait  partie de la nature, et que le sujet corr\u00e9latif de l&rsquo;op\u00e9ration a \u00e0 se  recouper dans ce support corporel. C&rsquo;est ce mode de recoupement qui est  exclu du sujet de la science. Seuls ses corr\u00e9latifs structuraux dans  l&rsquo;op\u00e9ration lui sont rep\u00e9rables, mais exactement.\u00a0\u00bb<br \/>\n<a title=\"\u00ab&nbsp;La science et la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb, Ecrits, p.&nbsp;870-871\" href=\"..\/2011\/03\/11\/la-science-et-la-verite-ecrits-p-870-871\/\"><em>Ibid<\/em>, p.&nbsp; 871<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>La causalit\u00e9 dans la magie, Lacan la con\u00e7oit comme la \u00ab\u00a0chose efficiente\u00a0\u00bb . Que le chaman mette en jeu son corps et offre un rep\u00e9rage sur corps \u00e0 lui, \u00e7a, \u00e7a&nbsp; n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la psychanalyse, dit il, parce que le recoupement corporel y est exclu. Il dit \u00e7a, c&rsquo;est pour lib\u00e9rer le sujet sans corps, le sujet de la science.<\/p>\n<p>La psychanalyse, le moyen par lequel elle est efficace, quelle est la cause mat\u00e9rielle, par quoi la psychanalyse a-t-elle son efficace?<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas moyen d&rsquo;isoler ce qu&rsquo;on pourrait appeler le <em>Kern<\/em>, le tournant chez Lacan, \u00e7a se fait \u00e0 petits pas.<\/p>\n<p><strong>Ce qu&rsquo;il nous dit c&rsquo;est que la psychanalyse trouve son efficace par le signifiant.<\/strong><\/p>\n<p>Mais attention, <strong>le signifiant auquel il attribue l&rsquo;efficacit\u00e9 de la psychanalyse est tout \u00e0 fait nouveau<\/strong> &#8211; qui n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec celui de \u00ab\u00a0l&rsquo;Instance de la lettre\u00a0\u00bb (pens\u00e9 \u00e0 partir de m\u00e9taphore\/m\u00e9tonymie).<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\"><strong>C&rsquo;est le signifiant en tant qu&rsquo;il agit s\u00e9par\u00e9 de sa signification.<\/strong><\/p>\n<p>\u00c7a ruine \u00e0 la base ce qui est d\u00e9velopp\u00e9 dans\u00a0\u00bb l&rsquo;Instance de la lettre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Petit rappel :<\/p>\n<ul>\n<li>ou bien la signification arrive \u00e0 \u00e9merger, \u00e7a s&rsquo;\u00e9crit S(+), c&rsquo;est la m\u00e9taphore;<\/li>\n<li>ou bien la signification se d\u00e9place sous le signifiant sans \u00e9merger, on \u00e9crit \u00e7a S(-), on est dans la m\u00e9tonymie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mais dans tous les cas, le signifiant est conjoint \u00e0 la signification.<\/p>\n<ul>\n<li>la m\u00e9taphore &#8211;&gt; le sympt\u00f4me<br \/>\nsympt\u00f4me est m\u00e9taphore dont la signification est fix\u00e9e dans l&rsquo;\u00e2me, ou dans le corps, et reste inaccessible au sujet<\/li>\n<li>la m\u00e9tonymie &#8211;&gt; le d\u00e9sir &#8212; &gt; la signification en tant qu&rsquo;elle court toujours en qu\u00eate d&rsquo;autre chose.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Donc, retrouver dans le sympt\u00f4me la signification cach\u00e9e et&nbsp; rendre le sujet \u00e0 cette course du d\u00e9sir, c&rsquo;est ce dont il s&rsquo;agit alors.<\/p>\n<p>Mais, dire que l&rsquo;analyse agit par le signifiant s\u00e9par\u00e9 de sa signification, c&rsquo;est tout \u00e0 fait autre chose. Et on pourrait aussi bien parler des amphibologies du signifiants (cf, cours 3, \u00ab\u00a0les amphibologies du r\u00e9el\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Corr\u00e9lativement \u00e0 ce nouveau statut du signifiant, on voit se conjoindre le signifiant <strong>\u00e0 un autre signifiant<\/strong> :<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">S1 &#8211;&gt; S2<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">Essentiellement, le signifiant est articul\u00e9 \u00e0 un autre signifiant.<\/p>\n<p>Comprenez bien ce que je suis oblig\u00e9 de d\u00e9chirer dans Lacan.<\/p>\n<p>\u00c7a comporte un nouveau statut de la jouissance. Petit \u00e0 petit, Lacan admet l&rsquo;insuffisance du statut de la jouissance imaginaire, \u00e9labor\u00e9e \u00e0 partir du narcissisme, de la th\u00e9orie freudienne de la jouissance narcissique de l&rsquo;image.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">*<\/p>\n<p>Le statut imaginaire de la jouissance d\u00e9faille quand Lacan prend au s\u00e9rieux <em>Imaginaire, sympt\u00f4me, angoisse<\/em>.&nbsp; D\u00e8s lors, il lui faut restituer au moins <strong>un \u00e9cart entre l&rsquo;inconscient et le \u00e7a.<\/strong> La question devient :<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">ics \u25ca \u00e7a<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\"><strong>Comment \u00e0 partir du champ du langage on peut agir sur la jouissance?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Je vais faire usage ici pour vous le montrer, simplement [grossi\u00e8rement?] des cercles d&rsquo;Euler:<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-869\" style=\"border:0 none;\" title=\"euler-ics-a-j\" src=\"https:\/\/disparates.org\/lun\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/euler-ics-a-j.jpg\" alt=\"\" width=\"184\" height=\"126\"><\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Lacan invente pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question que entre l&rsquo;inconscient et la jouissance, il y a l&rsquo;objet petit <em>a<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">L&rsquo;objet petit <em>a<\/em> vient \u00e0 la place de l&rsquo;effet de sens, de l&rsquo;effet de sens de la m\u00e9taphore.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">La signification a des effets de jouissance, pas seulement de sens.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">On aura alors un nouveau statut du corps.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">D&rsquo;abord \u00e7a a \u00e9t\u00e9 le corps du stade du miroir\/corps imaginaire, avec le nouveau statut qui s&rsquo;\u00e9labore, c&rsquo;est <strong>le corps qui devient le support de la jouissance<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Quel est le rapport de petit <em>a<\/em> au langage? \u00e0 la jouissance?<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Petit <em>a<\/em> devient ce qui de la jouissance est d\u00e9termin\u00e9, cern\u00e9, \u00e9mu par le signifiant.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">A&nbsp; partir de l\u00e0 on ne voit plus du tout figurer la fonction imaginaire du phallus (autrefois phallus&nbsp; = 1 signification). D&rsquo;ailleurs il fera un tour complet pour en arriver \u00e0 dire que la signification est une jouissance.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">La jouissance n&rsquo;est pas une signification, le sympt\u00f4me n&rsquo;est pas un effet de sens.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\"><strong>Le sympt\u00f4me est un \u00e9v\u00e9nement de corps.<\/strong> \u00c7a, \u00e7a suppose une autonomisation de la jouissance.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Comment attraper ce dont il s&rsquo;agit avec le signifiant.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">(bien s\u00fbr, usage, du cri, dans l&rsquo;analyse, hm, \u00e7a s&rsquo;est vu;&#8230; mais)<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">En tout cas, on ne pas pas l&rsquo;attraper avec le signifiant rh\u00e9torique. On ne peut l&rsquo;attraper que par le signifiant math\u00e9matique, avec la logique &#8211; soit un certain usage du signifiant math\u00e9matique mis en \u0153uvre sur le langage lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Le moment logicien de Lacan, \u00e7a se d\u00e9veloppe dans<\/p>\n<ul>\n<li>La logique du fantasme<\/li>\n<li>les 4 discours<\/li>\n<li>les formules de la sexuation (symboles de quantification, n\u00e9gation, fonction,&#8230;)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Et \u00e7a trouve son point d&rsquo;arr\u00eat dans <em>Encore<\/em>, chapitre VIII &#8211; quand Lacan baisse les bras s&rsquo;agissant de l&rsquo;objet <em>a. <\/em><\/p>\n<p><em> <\/em>L&rsquo;objet<em> a<\/em> ne peut pas se soutenir dans l&rsquo;abord du r\u00e9el,&nbsp; c&rsquo;est un objet sensible, ce n&rsquo;est pas un objet qui r\u00e9siste.<\/p>\n<p>Il a essay\u00e9 de dire que <em>a<\/em> \u00e9tait r\u00e9el &#8211; et l\u00e0, nous avons le m\u00eame type de rature que celle dont il \u00e9tait question avec (le signifiant).<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Autre chose encore nous ligote quant \u00e0 ce qu&rsquo;il en est de la v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est que la jouissance est une limite. Cela tient \u00e0 la structure m\u00eame qu&rsquo;\u00e9voquaient au temps o\u00f9 je les ai construits pour vous mes quadripodes &#8211; la jouissance ne s&rsquo;interpelle, ne s&rsquo;\u00e9voque, ne se traque, ne s&rsquo;\u00e9labore qu&rsquo;\u00e0 partir d&rsquo;un semblant.<br \/>\nL&rsquo;amour lui-m\u00eame, ai-je soulign\u00e9 la derni\u00e8re fois, s&rsquo;adresse au semblant. Et, s&rsquo;il est vrai que l&rsquo;Autre ne s&rsquo;atteint qu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;accoler, comme je l&rsquo;ai dit la derni\u00e8re fois, au <em>a<\/em>, cause du d\u00e9sir, c&rsquo;est aussi bien au semblant d&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;il s&rsquo;adresse. Cet \u00eatre-l\u00e0 n&rsquo;est pas rien. Il est suppos\u00e9 \u00e0 c&rsquo;est objet qu&rsquo;est le <em>a<\/em>.<br \/>\nNe devons-nous pas retrouver ici cette trace, qu&rsquo;en tant que tel il r\u00e9pond \u00e0 quelque imaginaire? Cet imaginaire, je l&rsquo;ai d\u00e9sign\u00e9 express\u00e9ment de l\u00a0\u00bb<em>I<\/em>, ici isol\u00e9 du terme <em>imaginaire<\/em>. Ce n&rsquo;est que de l&rsquo;habillement de l&rsquo;image de soi qui vient envelopper l&rsquo;objet cause du d\u00e9sir, que se soutint le plus souvent &#8211; c&rsquo;est l&rsquo;articulation m\u00eame de l&rsquo;analyse &#8211; le rapport objectal.<br \/>\nL&rsquo;affinit\u00e9 du <em>a<\/em> \u00e0 son enveloppe est un de ces joints majeurs \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9 par la psychanalyse. C&rsquo;est pour nous le point de suspicion qu&rsquo;elle introduit essentiellement.<br \/>\nC&rsquo;est l\u00e0 que le r\u00e9el se distingue. Le r\u00e9el ne saurait s&rsquo;inscrire que d&rsquo;une impasse de la formalisation. C&rsquo;est en quoi j&rsquo;ai cru pouvoir en dessiner le mod\u00e8le \u00e0 partir de la formalisation math\u00e9matique en tant qu&rsquo;elle est l&rsquo;\u00e9laboration la plus pouss\u00e9e qu&rsquo;il nous ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 de produire de la signifiance. Cette formalisation math\u00e9matique de la signifiance se fait au contraire du sens, j&rsquo;allais presque dire \u00e0 <em>contre-sens<\/em>. Le <em>\u00e7a ne veut rien dire <\/em>concernant les math\u00e9matiques, c&rsquo;est ce que disent, de notre temps, les philosophes des math\u00e9matiques, fussent-ils math\u00e9maticiens eux-m\u00eames, comme Russell.<br \/>\nEt pourtant, au regard d&rsquo;une philosophie dont la pointe est le discours de Hegel &#8211; pl\u00e9nitude des contrastes dialectis\u00e9s dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une progression historique dont il faut dire que rien ne nous atteste la substance &#8211; la formalisation de la logique math\u00e9matique, si bien faite \u00e0 ne se supporter que de l&rsquo;\u00e9crit, ne peut-elle nous servir dans le proc\u00e8s analytique, en ceci que s&rsquo;y d\u00e9signe \u00e7a qui retient les corps invisiblement?\u00a0\u00bb<br \/>\nJacques Lacan, <em>Encore<\/em>, p. 85.<\/p><\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est un objet qui vit\/vient de l&rsquo;imaginaire, de l&rsquo;image de soi, i(a). Alors que le r\u00e9el, son mod\u00e8le c&rsquo;est la formalisation math\u00e9matique &#8211;&gt; <em>\u00e7a ne veut rien dire<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">*<\/p>\n<p>Quand Lacan dit : l&rsquo;objet n&rsquo;est qu&rsquo;un semblant d&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est ce qui semble donner son essence \u00e0 l&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est&nbsp; le moment o\u00f9 Lacan nous donne le secret de l&rsquo;ontologie : l&rsquo;\u00eatre n&rsquo;est qu&rsquo;un semblant; <strong>\u00eatre, \u00e7a n&rsquo;est pas la m\u00eame chose qu&rsquo;exister<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">\u00eatre \u2260 exister<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Scission manifest\u00e9e lorsqu&rsquo;il a interrog\u00e9 le S1, dans le s\u00e9minaire XIX : \u00ab\u00a0<strong>Y a d&rsquo;l&rsquo;un<\/strong>\u00a0\u00bb &#8211; qu&rsquo;il a cri\u00e9 plusieurs fois.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">\u00c7a s&rsquo;inscrivait dans une tout autre tradition que celle de l&rsquo;ontologie, \u00e7a s&rsquo;inscrivait dans la tradition de l&rsquo;h\u00e9nologie, la doctrine de l&rsquo;Un, Un au-del\u00e0 de l&rsquo;\u00eatre et de l&rsquo;essence (Parm\u00e9nide, n\u00e9o-platoniciens).<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">C&rsquo;est le Un, le signifiant comme tel.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Celui dont on peut <em>dire <\/em>: il existe un x tel que fct de (x)<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">[Mais d\u00e9finir par propri\u00e9t\u00e9 et attributs ne suffit pas \u00e0 assurer le statut d&rsquo;existence.]<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Mais y a-t-il l&rsquo;\u00eatre? Comme je l&rsquo;ai fait remarquer la derni\u00e8re fois, ce que je dis, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas. L&rsquo;\u00eatre est, comme on dit, et le non-\u00eatre n&rsquo;est pas. Il y a, ou il n&rsquo;y a pas. Cet \u00eatre, on ne fait que le supposer \u00e0 certains mots &#8211; individu par exemple, ou substance. Pour moi, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un fait de dit.\u00a0\u00bb<br \/>\nJacques Lacan, Le S\u00e9minaire, Livre XX, <em>Encore<\/em>, chapitre X, \u00a0\u00bb Ronds de ficelle\u00a0\u00bb, p. 107.<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align:left;\">D\u00e8s qu&rsquo;on parle, on fait <em>\u00eatre <\/em>le cercle carr\u00e9 ou la licorne. Distinguer ce qui a du sens (de l&rsquo;\u00eatre), tel le cercle carr\u00e9, et ce qui existe.    S&rsquo;il suffit de dire pour que \u00e7a soit, il ne suffit pas de dire pour que \u00e7a existe (cf la logique telle qu&rsquo;elle s&rsquo;est \u00e9labor\u00e9e au XX\u00e8me si\u00e8cle).<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\"><strong>Qu&rsquo;est-ce qui existe?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Le chapitre&nbsp; VIII du S\u00e9minaire XX&nbsp; (\u00ab\u00a0Le Savoir et la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb) &#8211; c&rsquo;est le moment o\u00f9 il devient patent que Lacan renonce \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00eatre pour privil\u00e9gier le registre du r\u00e9el &#8211; usage qu&rsquo;il commence \u00e0 donner au n\u0153ud borrom\u00e9en, d\u00e9veloppement de son \u00ab\u00a0Y a d&rsquo;l&rsquo;un\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align:left;\">\u00ab\u00a0[&#8230;] C&rsquo;est en quoi le n\u0153ud borrom\u00e9en est la meilleure m\u00e9taphore de ceci, que nous ne proc\u00e9dons que de l&rsquo;Un.\u00a0\u00bb<br \/>\n<em>Ibid<\/em>., p. 116<em>.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align:left;\">Renoncement \u00e0 l&rsquo;ontologie et \u00e0 ses pompes pour d\u00e9velopper une ontique, la seule qui soit permise aux psychanalystes&nbsp; &#8211; partir de ce qu&rsquo;il y a.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">La seule ontique valable pour Lacan, c&rsquo;est une ontique de la jouissance.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Parce qu&rsquo;on peut dire \u00ab\u00a0il y a\u00a0\u00bb jouissance mais pour ce qui est du sens, eh bien, il court encore.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bon. Aujourd\u2019hui, je vais solder un vieux compte que j\u2019ai avec Lacan depuis mes 20 ans. Quelque chose m\u2019avait produit un certain d\u00e9plaisir jadis, que je n\u2019avais eu l\u2019occasion d\u2019aborder avec lui. 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